Le Matin : Quelles étaient les attentes d’Airbus de sa participation au Marrakech Air Show 2026, notamment en matière de partenariats et de développement de son empreinte au Maroc ?
Airbus est présent au Maroc depuis plusieurs années. Qu’est-ce qui a le plus changé, selon vous, dans l’écosystème aéronautique marocain ?
Quand vous regardez les cinq prochaines années, quelle place imaginez-vous pour le Maroc dans l’écosystème mondial d’Airbus ?
Mickaël Bertrand. Ph. Saouri
Mickaël Bertrand
Airbus est présent au Maroc depuis plusieurs années. Qu’est-ce qui a le plus changé, selon vous, dans l’écosystème aéronautique marocain ?
C’est sans doute le degré d’intégration de l’écosystème aéronautique marocain qui a le plus évolué. La région de Casablanca, en particulier, constitue un modèle de développement, notamment autour de la zone industrielle de Midparc, où l’on retrouve les principaux acteurs de l’écosystème. Cette évolution se traduit également par une montée en gamme des activités et de la valeur ajoutée. Après la conception de pièces et l’assemblage, la maintenance occupe désormais une place dans cet écosystème, tandis que l’ingénierie prend une importance croissante. À cet égard, le projet Africa Center of Manufacturing Excellence (ACME), témoigne de l’attention portée au développement de nouvelles capacités industrielles au Maroc.
Où se situent aujourd’hui, selon vous, les principales marges de progression de l’écosystème aéronautique marocain ?
Où se situent aujourd’hui, selon vous, les principales marges de progression de l’écosystème aéronautique marocain ?
Je pense que l’écosystème connaîtra naturellement une croissance importante. Le Maroc a vocation à jouer un rôle essentiel dans le développement de notre chaîne d’approvisionnement. Aujourd’hui, chaque avion Airbus intègre au moins une pièce fabriquée au Maroc. Certaines pièces sont même produites exclusivement dans le Royaume. Cette dynamique devrait soutenir la croissance et nécessiter de nouveaux développements au sein des entités déjà implantées. Nous observons également une dynamique autour de l’industrie de la défense. Le modèle qui a permis le développement de l’aéronautique civile et du spatial peut contribuer à impulser une dynamique comparable dans les industries de défense et, plus largement, dans le domaine aérospatial.
Quelles activités ou quelles technologies pourraient prendre davantage de place au Maroc dans les prochaines années ?
Il reste toujours difficile de se projeter dans un secteur aussi évolutif. Je pense néanmoins que les créneaux liés à l’aéronautique durable offriront des perspectives importantes. Les démarches environnementales, ainsi que les activités de recherche et développement dans le domaine énergétique, devraient prendre davantage de place. Les activités liées à l’ingénierie et aux drones constituent également des pistes de développement à considérer.
Avec l’accélération technologique du secteur, comment les métiers et les compétences recherchés par Airbus vont-ils évoluer ?
Nous allons d’abord capitaliser sur l’écosystème existant, qui présente des caractéristiques particulièrement intéressantes au Maroc dans l’aéronautique civile. Nous entendons nous appuyer sur ce modèle et l’étendre à de nouvelles plateformes, notamment dans le domaine des hélicoptères. L’objectif est de développer, pour les hélicoptères, une approche comparable à celle que nous avons mise en place pour les avions. Nous souhaitons également développer les activités de recherche et développement en nous appuyant sur les talents marocains, notamment sur les compétences disponibles parmi les ingénieurs.
Quand vous regardez les cinq prochaines années, quelle place imaginez-vous pour le Maroc dans l’écosystème mondial d’Airbus ?
Nous devons avant tout consolider notre partenariat. Pour un équipementier de premier plan, deux exigences sont essentielles : la capacité à livrer dans les délais et à suivre la montée en cadence de la production, tout en maintenant un niveau élevé de qualité et de sécurité. Dans le secteur aéronautique, la sécurité est fondamentale. Le maintien de ces exigences de qualité et de sécurité constituera un gage de croissance et de continuité pour notre partenariat.
Quelles seront, selon vous, les grandes tendances du marché africain du transport aérien dans les prochaines années, et quelle stratégie Airbus entend-il déployer pour accompagner cette croissance ?
Nous sommes extrêmement attentifs à l’évolution du marché africain. Nous observons une forte dynamique démographique, accompagnée d’un besoin croissant de mobilité. Les différentes activités aéronautiques, qu’il s’agisse des hélicoptères ou de l’aviation civile, sont donc appelées à se développer. Les projections sont particulièrement significatives, notamment en ce qui concerne les besoins en compétences et en capital humain. Sur les vingt prochaines années, les besoins pourraient atteindre 30.000 techniciens et 20.000 pilotes. Derrière ces chiffres, il y a des femmes et des hommes qu’il faudra former pour accompagner le développement du secteur. Le Maroc dispose aujourd’hui de nombreux atouts pour prendre part à cette dynamique. Le développement du capital humain sera déterminant pour accompagner la croissance du secteur aéronautique africain.
