L’Institut statistique européen (Eurostat) a publié, avec des données extraites en février 2026, un état des lieux comparatif des ressources naturelles et de la transformation énergétique dans neuf pays du Sud méditerranéen (Maroc, Israël, Tunisie, Algérie, Égypte, Jordanie, Liban, Libye et Palestine) – mis en regard des tendances observées dans l’Union européenne. Ce panorama, qui s’inscrit dans le cadre du programme de coopération statistique «Medstat» et du récent Pacte pour la Méditerranée «One Sea, One Pact, One Future» entériné par l’Union européenne (UE) et ses partenaires du Sud en novembre 2025, permet de situer précisément la trajectoire énergétique et hydrique du Maroc parmi celles de ses voisins.
La Tunisie présentait un mix plus diversifié, combinant pétrole brut et produits pétroliers (41,3%), gaz naturel (40,4%) et renouvelables (16,4%). Il convient toutefois de replacer ce chiffre de 84,7% dans son contexte méthodologique : la «production d’énergie primaire» telle que définie par Eurostat désigne les quantités d’énergie extraites ou captées directement à partir des ressources naturelles – combustibles solides, pétrole brut, gaz naturel, chaleur nucléaire, hydroélectricité et renouvelables – à l’exclusion de l’énergie issue de processus de transformation, comme l’électricité produite dans les centrales thermiques. Le Maroc, pays structurellement pauvre en hydrocarbures, produit donc naturellement une part réduite d’énergie primaire fossile, ce qui accentue le poids relatif des renouvelables dans cette production nationale, sans préjuger de la part des renouvelables dans la consommation totale d’énergie du pays.
À l’inverse, l’Algérie est demeurée le seul exportateur net d’énergie de la région parmi les pays disposant de données, avec des exportations nettes de 91 millions de tonnes équivalent pétrole en 2024, tandis qu’Israël a spectaculairement réduit sa dépendance aux importations, celles-ci chutant de 15.682 milliers de tep en 2014 à 1.083 milliers de tep en 2024 – une évolution qu’Eurostat attribue à la montée en puissance de la production gazière domestique israélienne.
Dans la part des énergies renouvelables au sein de la consommation finale brute d’énergie – un indicateur distinct de celui de la production primaire, car il englobe l’ensemble des usages finaux, tous vecteurs confondus – le Maroc affiche une trajectoire globalement stable sur la période 2014-2024, oscillant autour de 10 à 11%. Après un léger repli entre 2015 et 2017, la part est repartie à la hausse pour atteindre 11,8% en 2024, le niveau le plus élevé enregistré sur la période. Ce résultat place le Maroc, aux côtés d’Israël (dont la part est passée de 3% en 2014 à 8,3% en 2023), parmi les pays de la région affichant une dynamique de progression continue, tandis que l’Algérie reste quasiment absente de ce segment, avec une part comprise entre 0,1% et 0,2% sur toute la période, et que la Tunisie a connu un net recul, retombant à 5,3% en 2024 en raison d’une baisse de la consommation d’énergies renouvelables dans les ménages. À l’échelle de l’Union européenne, cette même part est passée de 17,4% en 2014 à 25,2% en 2024, portée par la trajectoire des objectifs européens de neutralité climatique – un niveau qui demeure ainsi plus de deux fois supérieur à celui observé au Maroc.
Cette trajectoire contraste fortement avec celle de l’Algérie, dont les prélèvements ont plus que doublé entre 2014 et 2020 (de 4,8 à 10,5 milliards de m³) avant de se stabiliser autour de 10,4 milliards de m³ en 2024 – devenant ainsi, et de loin, le pays de la région affichant les prélèvements les plus élevés. Les autres pays pour lesquels des données existent – Israël, Jordanie et Palestine – affichent des niveaux nettement inférieurs (entre 0,3 et 1,5 milliard de m³) et des trajectoires globalement stables ou modérément croissantes. Eurostat souligne à ce titre que «les données mettent en évidence des évolutions contrastées entre les pays du Sud méditerranéen, avec de fortes hausses en Algérie, un recul marqué au Maroc, et des tendances plus stables ou modérément croissantes en Israël, en Jordanie et en Palestine».
Une production d’énergie primaire déjà largement verte
C’est la donnée la plus frappante du document : en 2024, la production d’énergie primaire du Maroc reposait à 84,7% sur les sources renouvelables, contre 11,7% pour les autres sources. Eurostat y voit la confirmation de la «position de leader» du Royaume dans la transition énergétique verte parmi les pays du Sud méditerranéen couverts par l’étude. Un constat repris dans les points saillants du rapport. Cette structure de production tranche radicalement avec celle de ses voisins. En Algérie, par exemple, la production d’énergie primaire en 2024 reposait presque intégralement sur le gaz naturel (58,3%) et le pétrole brut et produits pétroliers (41,7%). En Israël, le gaz naturel représentait 90,3% de la production totale, les énergies renouvelables ne contribuant qu’à hauteur de 6,3%. En Égypte (données 2023), le gaz naturel pesait pour 59,5% et le pétrole brut pour 32,6%, les renouvelables ne représentant que 4,2%.La Tunisie présentait un mix plus diversifié, combinant pétrole brut et produits pétroliers (41,3%), gaz naturel (40,4%) et renouvelables (16,4%). Il convient toutefois de replacer ce chiffre de 84,7% dans son contexte méthodologique : la «production d’énergie primaire» telle que définie par Eurostat désigne les quantités d’énergie extraites ou captées directement à partir des ressources naturelles – combustibles solides, pétrole brut, gaz naturel, chaleur nucléaire, hydroélectricité et renouvelables – à l’exclusion de l’énergie issue de processus de transformation, comme l’électricité produite dans les centrales thermiques. Le Maroc, pays structurellement pauvre en hydrocarbures, produit donc naturellement une part réduite d’énergie primaire fossile, ce qui accentue le poids relatif des renouvelables dans cette production nationale, sans préjuger de la part des renouvelables dans la consommation totale d’énergie du pays.
Une dépendance aux importations qui continue de se creuser
Cette avance sur le terrain de la production primaire ne doit pas masquer une réalité plus contrastée : le Royaume reste l’un des pays les plus dépendants de la région aux importations nettes d’énergie. Selon Eurostat, ces importations sont passées de 19.457 milliers de tonnes équivalent pétrole (tep) en 2014 à 21.900 milliers de tep en 2024, soit une hausse de 12,6% malgré certaines fluctuations. Le document y voit le signe d’un «recours continu à l’énergie importée pour répondre à une demande intérieure croissante». Le Maroc n’est pas isolé dans cette dynamique : la Tunisie a connu une progression comparable de ses importations nettes, passées de 4.146 milliers de tep en 2014 à 6.815 milliers de tep en 2024 (+64,4%).À l’inverse, l’Algérie est demeurée le seul exportateur net d’énergie de la région parmi les pays disposant de données, avec des exportations nettes de 91 millions de tonnes équivalent pétrole en 2024, tandis qu’Israël a spectaculairement réduit sa dépendance aux importations, celles-ci chutant de 15.682 milliers de tep en 2014 à 1.083 milliers de tep en 2024 – une évolution qu’Eurostat attribue à la montée en puissance de la production gazière domestique israélienne.
Une consommation d’énergie par habitant en hausse continue, mais toujours modeste
La consommation intérieure brute d’énergie par habitant a suivi une tendance haussière au Maroc entre 2014 et 2023 (les données 2024 n’étant pas disponibles), passant de 589 à 643 kilogrammes équivalent pétrole par habitant. Ce niveau demeure toutefois très inférieur à celui observé dans l’Union européenne, où la consommation par habitant s’élevait à 2.888 kilogrammes équivalent pétrole (kgoe) en 2024 après un pic à 3.354 kgoe en 2017, ou même à celui de l’Algérie, qui a oscillé entre 1.448 et 1.594 kgoe/habitant sur la période 2014-2019 – dernière année pour laquelle des données sont disponibles.Dans la part des énergies renouvelables au sein de la consommation finale brute d’énergie – un indicateur distinct de celui de la production primaire, car il englobe l’ensemble des usages finaux, tous vecteurs confondus – le Maroc affiche une trajectoire globalement stable sur la période 2014-2024, oscillant autour de 10 à 11%. Après un léger repli entre 2015 et 2017, la part est repartie à la hausse pour atteindre 11,8% en 2024, le niveau le plus élevé enregistré sur la période. Ce résultat place le Maroc, aux côtés d’Israël (dont la part est passée de 3% en 2014 à 8,3% en 2023), parmi les pays de la région affichant une dynamique de progression continue, tandis que l’Algérie reste quasiment absente de ce segment, avec une part comprise entre 0,1% et 0,2% sur toute la période, et que la Tunisie a connu un net recul, retombant à 5,3% en 2024 en raison d’une baisse de la consommation d’énergies renouvelables dans les ménages. À l’échelle de l’Union européenne, cette même part est passée de 17,4% en 2014 à 25,2% en 2024, portée par la trajectoire des objectifs européens de neutralité climatique – un niveau qui demeure ainsi plus de deux fois supérieur à celui observé au Maroc.
Un contexte de coopération renforcée avec l’Union européenne
Notons que cette publication statistique d’Eurostat s’inscrit dans un contexte plus large de rapprochement entre l’Union européenne et ses partenaires du Sud méditerranéen. Le Pacte pour la Méditerranée «One Sea, One Pact, One Future», qui vise à construire un espace méditerranéen commun connecté, prospère, résilient et sûr, a été entériné par l’UE et les pays partenaires en novembre 2025, à l’occasion du trentième anniversaire du processus de Barcelone, avant d’être salué par le Conseil européen dans ses conclusions du 20 novembre 2025. Ce pacte repose sur trois piliers thématiques, dont l’accélération d’une transition verte et juste par l’alignement de l’action climatique, de la coopération sur les énergies renouvelables et de la sécurité hydrique – des priorités que les données publiées par Eurostat viennent directement documenter pour le cas marocain. Le document précise par ailleurs que ces travaux statistiques sont appuyés par le programme régional «Medstat», à travers lequel l’Union européenne fournit depuis plusieurs années une assistance technique aux autorités statistiques nationales de la région, afin de renforcer leur capacité à produire des données conformes aux standards européens et internationaux.Les prélèvements d’eau douce, un recul marqué depuis 2015
Sur le terrain de la ressource en eau, la trajectoire marocaine se distingue nettement de celle de la plupart de ses voisins régionaux. Selon Eurostat, les prélèvements annuels d’eau douce au Maroc ont fluctué mais suivi une tendance globalement baissière entre 2014 et 2021 – dernière année pour laquelle des données sont disponibles. Après un pic de 10,2 milliards de m³ en 2015, les prélèvements sont retombés à 6,7 milliards de m³ en 2021, soit un recul de 34,4%. La baisse la plus marquée est intervenue en 2020, avec un repli de 20,4% par rapport à 2019.Cette trajectoire contraste fortement avec celle de l’Algérie, dont les prélèvements ont plus que doublé entre 2014 et 2020 (de 4,8 à 10,5 milliards de m³) avant de se stabiliser autour de 10,4 milliards de m³ en 2024 – devenant ainsi, et de loin, le pays de la région affichant les prélèvements les plus élevés. Les autres pays pour lesquels des données existent – Israël, Jordanie et Palestine – affichent des niveaux nettement inférieurs (entre 0,3 et 1,5 milliard de m³) et des trajectoires globalement stables ou modérément croissantes. Eurostat souligne à ce titre que «les données mettent en évidence des évolutions contrastées entre les pays du Sud méditerranéen, avec de fortes hausses en Algérie, un recul marqué au Maroc, et des tendances plus stables ou modérément croissantes en Israël, en Jordanie et en Palestine».
