Les rémunérations dans la fonction publique marocaine ont connu une progression notable au cours de la dernière décennie. Selon le rapport sur les ressources humaines accompagnant le Projet de loi de finances (PLF) 2027, le salaire mensuel net moyen des fonctionnaires civils de l’État est passé de 7.700 DH en 2016 à 10.732 DH en 2026, soit une augmentation de 3.032 DH, équivalant à 39,4%. Cette évolution s’inscrit dans un contexte marqué par les revalorisations salariales issues du dialogue social, les avancements de grade et d’échelon ainsi que les différentes mesures prises en faveur du pouvoir d’achat des agents publics.
Parallèlement, les dépenses de personnel de l’État ont enregistré une croissance encore plus soutenue, atteignant 195,3 milliards de dirhams en 2026, contre 118,7 milliards dix ans auparavant. Une progression qui contraste avec l’évolution des effectifs civils budgétaires, en légère diminution sur la même période.
Le rapport révèle également que 36,86% des fonctionnaires civils de l’État perçoivent un salaire mensuel net inférieur ou égal à 8.000 DH. À l’autre extrémité de la grille des rémunérations, 5,09% touchent plus de 20.000 DH par mois.
Ces données montrent que la progression du salaire moyen ne se traduit pas par des niveaux de rémunération homogènes au sein de l’administration. Les écarts restent significatifs entre les différentes catégories, en fonction notamment du grade et du statut.
Le salaire minimum dans la fonction publique a, pour sa part, été porté à 4.500 DH nets par mois en 2026, à la faveur des revalorisations intervenues ces dernières années.
En 2026, les dépenses de personnel représentent 10,7% du Produit intérieur brut (PIB) et environ 33% des dépenses du budget général, confirmant leur poids dans les finances publiques.
Le rapport souligne également l’ampleur de l’effort financier associé aux accords conclus dans le cadre du dialogue social entre 2022 et 2025. Leur mise en œuvre devrait représenter un effort budgétaire annuel supplémentaire de 50,027 milliards de dirhams en 2027, puis de 50,685 milliards en 2028. Ces montants correspondent au coût annuel supplémentaire des mesures issues des accords sociaux, et non à de nouvelles augmentations salariales programmées pour ces deux exercices.
Le rapport l’explique principalement par le recrutement des enseignants au niveau des Académies régionales d’éducation et de formation (AREF), à partir de 2016, ainsi que par les départs à la retraite, notamment dans l’Éducation nationale.
Le transfert de professionnels de santé vers les Groupements sanitaires territoriaux (GST) constitue également un facteur susceptible d’influencer l’évolution du périmètre des effectifs budgétaires de l’État.
Dans le même temps, la population marocaine a continué d’augmenter. Le ratio des fonctionnaires civils de l’État rapporté à la population totale est ainsi passé de 1,69% en 2016 à 1,54% en 2026. Cette évolution ne signifie donc pas nécessairement une réduction équivalente de l’ensemble des agents assurant des missions de service public, une partie des recrutements relevant désormais d’autres structures administratives.
L’amélioration du pouvoir d’achat a également été recherchée à travers la réforme de l’impôt sur le revenu entrée en vigueur en 2025. Celle-ci a notamment relevé le seuil annuel de revenu exonéré de 30.000 à 40.000 DH et abaissé le taux marginal d’imposition de 38% à 37%. Le relèvement de la déduction pour charges de famille et les mesures fiscales en faveur des pensions de retraite ont complété ce dispositif. Ces différentes mesures participent à l’évolution des revenus nets des agents publics, parallèlement aux augmentations de rémunération et aux mécanismes de progression de carrière.
Au-delà de la hausse des salaires, les données du rapport sur les ressources humaines mettent ainsi en évidence un double enjeu pour les finances publiques : poursuivre l’amélioration du pouvoir d’achat des fonctionnaires tout en maîtrisant l’évolution des dépenses de personnel. Dans un contexte de modernisation de l’administration et de renouvellement des effectifs, cette équation devra également intégrer les besoins de recrutement et l’amélioration de la qualité des services publics.
Parallèlement, les dépenses de personnel de l’État ont enregistré une croissance encore plus soutenue, atteignant 195,3 milliards de dirhams en 2026, contre 118,7 milliards dix ans auparavant. Une progression qui contraste avec l’évolution des effectifs civils budgétaires, en légère diminution sur la même période.
Des écarts de rémunération importants entre les fonctionnaires
Si le salaire moyen a franchi le seuil des 10.000 DH, cette donnée masque des différences importantes selon les catégories de fonctionnaires. En 2026, le salaire mensuel net moyen des agents classés à l’échelle 6 et assimilés s’établit à 5.994 DH, contre 7.343 DH pour les fonctionnaires relevant des échelles 7 à 9. Les cadres classés à l’échelle 10 et au-delà perçoivent, quant à eux, un salaire net moyen de 12.725 DH.Le rapport révèle également que 36,86% des fonctionnaires civils de l’État perçoivent un salaire mensuel net inférieur ou égal à 8.000 DH. À l’autre extrémité de la grille des rémunérations, 5,09% touchent plus de 20.000 DH par mois.
Ces données montrent que la progression du salaire moyen ne se traduit pas par des niveaux de rémunération homogènes au sein de l’administration. Les écarts restent significatifs entre les différentes catégories, en fonction notamment du grade et du statut.
Le salaire minimum dans la fonction publique a, pour sa part, été porté à 4.500 DH nets par mois en 2026, à la faveur des revalorisations intervenues ces dernières années.
Une masse salariale en hausse de 64,5% depuis 2016
L’augmentation des rémunérations s’accompagne d’une progression importante des dépenses de personnel supportées par le budget de l’État. Selon le rapport, ces dépenses sont passées de 118,7 milliards de dirhams en 2016 à 195,3 milliards en 2026, soit une hausse de 76,6 milliards de dirhams en dix ans, équivalant à 64,5%. Cette évolution reflète notamment l’impact des mesures salariales adoptées dans le cadre du dialogue social, des recrutements et des mécanismes d’avancement au sein de la fonction publique.En 2026, les dépenses de personnel représentent 10,7% du Produit intérieur brut (PIB) et environ 33% des dépenses du budget général, confirmant leur poids dans les finances publiques.
Le rapport souligne également l’ampleur de l’effort financier associé aux accords conclus dans le cadre du dialogue social entre 2022 et 2025. Leur mise en œuvre devrait représenter un effort budgétaire annuel supplémentaire de 50,027 milliards de dirhams en 2027, puis de 50,685 milliards en 2028. Ces montants correspondent au coût annuel supplémentaire des mesures issues des accords sociaux, et non à de nouvelles augmentations salariales programmées pour ces deux exercices.
L'Éducation nationale absorbe près de 38% des dépenses de personnel civil
La répartition des dépenses de personnel par département révèle une forte concentration des crédits dans les secteurs sociaux et régaliens. En 2026, le ministère de l'Éducation nationale arrive largement en tête avec 52,3 milliards de dirhams, soit 37,77% des dépenses de personnel civil de l'État, devant le ministère de l'Intérieur (30,3 milliards de DH, soit 21,90%) et celui de la Santé et de la Protection sociale (16,4 milliards de DH, soit 11,86%). Ces trois départements concentrent à eux seuls plus de 71% des dépenses de personnel civil, une situation que le rapport explique par l'importance de leurs effectifs et la nature des missions de service public qui leur sont confiées.Des effectifs civils budgétaires en légère baisse
L’un des enseignements du rapport réside dans le contraste entre l’augmentation des dépenses de personnel et l’évolution du nombre de fonctionnaires civils de l’État. Alors que la masse salariale a progressé de près de 65% en dix ans, les effectifs civils budgétaires sont passés de 583.267 agents en 2016 à 574.026 en 2026, soit une diminution de 9.241 postes, équivalant à 1,6%. Cette baisse doit toutefois être interprétée à la lumière des transformations institutionnelles intervenues au cours de la période.Le rapport l’explique principalement par le recrutement des enseignants au niveau des Académies régionales d’éducation et de formation (AREF), à partir de 2016, ainsi que par les départs à la retraite, notamment dans l’Éducation nationale.
Le transfert de professionnels de santé vers les Groupements sanitaires territoriaux (GST) constitue également un facteur susceptible d’influencer l’évolution du périmètre des effectifs budgétaires de l’État.
Dans le même temps, la population marocaine a continué d’augmenter. Le ratio des fonctionnaires civils de l’État rapporté à la population totale est ainsi passé de 1,69% en 2016 à 1,54% en 2026. Cette évolution ne signifie donc pas nécessairement une réduction équivalente de l’ensemble des agents assurant des missions de service public, une partie des recrutements relevant désormais d’autres structures administratives.
Dialogue social : un effort financier appelé à se poursuivre
Le rapport rattache une partie de l’évolution des rémunérations aux accords conclus entre le gouvernement et les partenaires sociaux au cours des dernières années. Ces accords ont notamment donné lieu à des mesures de revalorisation bénéficiant aux fonctionnaires, avec des dispositions spécifiques dans plusieurs secteurs, dont l’Éducation nationale, l’Enseignement supérieur et la Santé.L’amélioration du pouvoir d’achat a également été recherchée à travers la réforme de l’impôt sur le revenu entrée en vigueur en 2025. Celle-ci a notamment relevé le seuil annuel de revenu exonéré de 30.000 à 40.000 DH et abaissé le taux marginal d’imposition de 38% à 37%. Le relèvement de la déduction pour charges de famille et les mesures fiscales en faveur des pensions de retraite ont complété ce dispositif. Ces différentes mesures participent à l’évolution des revenus nets des agents publics, parallèlement aux augmentations de rémunération et aux mécanismes de progression de carrière.
Au-delà de la hausse des salaires, les données du rapport sur les ressources humaines mettent ainsi en évidence un double enjeu pour les finances publiques : poursuivre l’amélioration du pouvoir d’achat des fonctionnaires tout en maîtrisant l’évolution des dépenses de personnel. Dans un contexte de modernisation de l’administration et de renouvellement des effectifs, cette équation devra également intégrer les besoins de recrutement et l’amélioration de la qualité des services publics.
