Selon le dernier Rapport de la Banque mondiale, le Maroc figure parmi les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) où l’augmentation des volumes de déchets constitue un défi majeur. Le Royaume produit actuellement 7,6 millions de tonnes (MT) de déchets solides municipaux par an. Ce chiffre pourrait atteindre 17,6 millions de tonnes d’ici 2050 si aucune politique de réduction n’est mise en place, soit une hausse de 131% sur la période 2022-2050. Cette progression est beaucoup plus rapide que la moyenne mondiale (70%) et celle de la région MENA (90%), portée par la croissance démographique, l’urbanisation rapide, l’élévation des revenus et l’évolution des modes de consommation.
Le Rapport classe ainsi le Maroc dans les premiers stades de développement de systèmes intégrés de gestion des déchets solides (GDS), nécessitant une transition vers des dispositifs plus structurés pour atteindre les objectifs de développement durable.
Pour faire face aux contraintes financières et techniques des municipalités, le Maroc, à l’instar de la Tunisie et de l’Égypte, a créé une agence gouvernementale centrale chargée d’accompagner les collectivités locales et d’assurer la coordination institutionnelle du secteur. Ce modèle vise à améliorer la planification, la supervision et la cohérence des interventions, tout en maintenant la responsabilité de la collecte et de l’élimination aux niveaux
municipaux.
Le secteur privé joue déjà un rôle important, notamment dans la collecte, mais reste limité dans le traitement, le recyclage et la valorisation. La Banque mondiale identifie un fort potentiel pour les partenariats public-privé afin de mobiliser davantage d’investissements et d’expertise technique dans ces domaines.
En 2016, le PIB de la région représentait seulement 22% de celui de l’Union européenne, mais sa production de déchets équivalait à 69% de celle de l’UE, entraînant chaque année 7,2 milliards de dollars de dommages environnementaux. Les principaux producteurs régionaux sont l’Égypte (27,2 MT), l’Arabie saoudite (20,8 MT) et l’Irak (19,6 MT).
Si les taux de collecte sont relativement élevés (près de 80% en moyenne), le recyclage et le traitement restent largement insuffisants : moins de 10% des déchets sont recyclés et plus des deux tiers sont mal gérés, menaçant la santé publique, l’environnement et le tourisme côtier. Le Rapport souligne que la pollution des plages peut réduire la fréquentation touristique de 26 à 50% sur les sites fortement pollués.
La région consacre 7,7 milliards de dollars par an à la gestion des déchets, dont 3,5 milliards pour la collecte et 4,2 milliards pour le traitement et l’élimination. Le Rapport note que les dépenses de traitement sont inefficaces et que le même niveau de service pourrait être atteint avec 1,2 milliard de dollars de moins.
Pour répondre à l’augmentation future des volumes et améliorer les performances, les dépenses annuelles devront tripler pour atteindre plus de 22 milliards de dollars d’ici 2050, un niveau jugé soutenable par rapport à la croissance du PIB régional.
Pour Mesky Brhane, directrice régionale dans la division Planète de la Banque mondiale, réduire de 1% la production de déchets pourrait permettre d’économiser jusqu’à 150 millions de dollars par an.
S’appuyant sur de nouvelles données provenant de 19 pays et 26 villes, le Rapport propose des actions différenciées selon le niveau de revenu : les pays à revenu élevé peuvent réduire massivement la mise en décharge et adopter des solutions circulaires en amont, tandis que les économies à revenu intermédiaire comme le Maroc peuvent viser une collecte universelle et améliorer le traitement et la valorisation. Les États fragiles ou en conflit peuvent privilégier des solutions simples et peu coûteuses, en mobilisant les communautés locales.
Selon le Rapport, 83% des déchets collectés dans la région MENA pourraient être réutilisés, recyclés ou valorisés pour produire de l’énergie. La transition vers une économie circulaire pourrait également créer des emplois de meilleure qualité, notamment dans le recyclage et la gestion des déchets, transformant ainsi la crise actuelle en un levier de croissance durable.
Collecte relativement élevée, mais élimination encore fragile
Au Maroc, seulement 5% des déchets échappent à la collecte, un résultat solide comparé à d’autres pays de la région MENA à revenu intermédiaire, où le taux de collecte avoisine généralement 80%, conforme à la moyenne mondiale. Toutefois, le pays n’a pas encore atteint la couverture universelle de la collecte, ni le contrôle complet des processus de récupération, de traitement, de recyclage ou d’élimination. Environ 90% des déchets sont encore stockés dans des décharges peu contrôlées ou non contrôlées, et le recyclage reste marginal, à moins de 5% des déchets collectés. Cette situation expose le Maroc à des risques environnementaux et sanitaires significatifs.Le Rapport classe ainsi le Maroc dans les premiers stades de développement de systèmes intégrés de gestion des déchets solides (GDS), nécessitant une transition vers des dispositifs plus structurés pour atteindre les objectifs de développement durable.
Pour faire face aux contraintes financières et techniques des municipalités, le Maroc, à l’instar de la Tunisie et de l’Égypte, a créé une agence gouvernementale centrale chargée d’accompagner les collectivités locales et d’assurer la coordination institutionnelle du secteur. Ce modèle vise à améliorer la planification, la supervision et la cohérence des interventions, tout en maintenant la responsabilité de la collecte et de l’élimination aux niveaux
municipaux.
Le secteur privé joue déjà un rôle important, notamment dans la collecte, mais reste limité dans le traitement, le recyclage et la valorisation. La Banque mondiale identifie un fort potentiel pour les partenariats public-privé afin de mobiliser davantage d’investissements et d’expertise technique dans ces domaines.
La région MENA génère plus de déchets par personne que la moyenne mondiale
La région MENA produit actuellement plus de 155 millions de tonnes de déchets par an, un volume appelé à doubler d’ici 2050 si aucune mesure corrective n’est prise. Avec 0,9 kg de déchets par personne et par jour, elle dépasse l’Asie de l’Est et le Pacifique, l’Asie du Sud ou l’Afrique subsaharienne.En 2016, le PIB de la région représentait seulement 22% de celui de l’Union européenne, mais sa production de déchets équivalait à 69% de celle de l’UE, entraînant chaque année 7,2 milliards de dollars de dommages environnementaux. Les principaux producteurs régionaux sont l’Égypte (27,2 MT), l’Arabie saoudite (20,8 MT) et l’Irak (19,6 MT).
Si les taux de collecte sont relativement élevés (près de 80% en moyenne), le recyclage et le traitement restent largement insuffisants : moins de 10% des déchets sont recyclés et plus des deux tiers sont mal gérés, menaçant la santé publique, l’environnement et le tourisme côtier. Le Rapport souligne que la pollution des plages peut réduire la fréquentation touristique de 26 à 50% sur les sites fortement pollués.
La région consacre 7,7 milliards de dollars par an à la gestion des déchets, dont 3,5 milliards pour la collecte et 4,2 milliards pour le traitement et l’élimination. Le Rapport note que les dépenses de traitement sont inefficaces et que le même niveau de service pourrait être atteint avec 1,2 milliard de dollars de moins.
Pour répondre à l’augmentation future des volumes et améliorer les performances, les dépenses annuelles devront tripler pour atteindre plus de 22 milliards de dollars d’ici 2050, un niveau jugé soutenable par rapport à la croissance du PIB régional.
Pour Mesky Brhane, directrice régionale dans la division Planète de la Banque mondiale, réduire de 1% la production de déchets pourrait permettre d’économiser jusqu’à 150 millions de dollars par an.
S’appuyant sur de nouvelles données provenant de 19 pays et 26 villes, le Rapport propose des actions différenciées selon le niveau de revenu : les pays à revenu élevé peuvent réduire massivement la mise en décharge et adopter des solutions circulaires en amont, tandis que les économies à revenu intermédiaire comme le Maroc peuvent viser une collecte universelle et améliorer le traitement et la valorisation. Les États fragiles ou en conflit peuvent privilégier des solutions simples et peu coûteuses, en mobilisant les communautés locales.
Selon le Rapport, 83% des déchets collectés dans la région MENA pourraient être réutilisés, recyclés ou valorisés pour produire de l’énergie. La transition vers une économie circulaire pourrait également créer des emplois de meilleure qualité, notamment dans le recyclage et la gestion des déchets, transformant ainsi la crise actuelle en un levier de croissance durable.
