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Mardi 07 Avril 2026
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Chakib Achour : GITEX Africa passe du networking à la mise en œuvre de projets structurants

À l’occasion de la 4e édition de GITEX Africa Morocco, Chakib Achour revient sur l’évolution de l’événement, désormais orienté vers la concrétisation de projets à l’échelle continentale, et sur les enjeux liés à l’intelligence artificielle, à la souveraineté numérique et à la cybersécurité en Afrique

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Le Matin : GITEX Africa Morocco entame sa 4e édition. Quel bilan tirez-vous des éditions précédentes en termes d’impact concret sur les écosystèmes numériques africains ?

Chakib Achour :
Alors que GITEX Africa Morocco entre dans sa quatrième édition, l’ampleur et la diversité de la participation cette année reflètent directement l’impact tangible et la crédibilité croissante établis par les éditions précédentes, qui ont contribué à positionner l’événement comme une plateforme mondiale de référence façonnant les écosystèmes numériques africains.



La présence de 1.450 exposants issus de plus de 60 pays, de plus de 400 investisseurs provenant de plus de 40 pays gérant plus de 350 milliards de dollars d’actifs, ainsi que de délégations gouvernementales de plus de 130 nations, témoigne d’une confiance internationale renforcée dans la trajectoire numérique de l’Afrique. Cette dynamique se reflète également dans une hausse continue de la participation des startups (+30 % en glissement annuel) et dans l’implication record des fonds souverains, fonds de pension et institutions de financement du développement en 2026.

Ces résultats illustrent non seulement la profondeur des capitaux publics, privés et institutionnels engagés en Afrique, mais démontrent également comment GITEX Africa fédère les écosystèmes et catalyse activement les investissements, les partenariats et la transformation numérique durable à l’échelle du continent.

Comment l’édition 2026 marque-t-elle un passage du networking à l’exécution de projets structurants à l’échelle continentale ?

Avec GITEX Africa désormais solidement établi comme un pôle central de coopération numérique, l’édition 2026 consolide son rôle en tant que force structurante pour faire progresser une Afrique numérique ambitieuse, innovante et souveraine, où les projets prennent véritablement de l’ampleur. Alors que le continent entre dans une ère marquée par l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques et les technologies de pointe, cette édition marque un tournant décisif, passant du networking à la mise en œuvre concrète. Axée sur une IA responsable, elle crée un environnement structuré où politiques publiques, investissements et innovation convergent pour produire des résultats concrets favorisant la résilience économique et le progrès sociétal. Un exemple clé est le AI & The Future Economy Summit, qui analysera comment une infrastructure d’IA responsable, une régulation anticipative et une innovation adaptée localement peuvent se traduire en solutions concrètes et évolutives. Cette volonté de passage à l’échelle se reflète également dans les piliers de l’édition 2026 : IA responsable & gouvernance numérique, infrastructures numériques & connectivité, fintech & inclusion financière, écosystème startup & investissement, mobilité du futur & villes intelligentes, cybersécurité & confiance numérique.



À travers ces axes, l’événement dépasse le simple dialogue pour permettre le déploiement de projets structurants à fort impact à l’échelle du continent.

L’IA est au cœur de cette édition. Selon vous, quels secteurs prioritaires en Afrique peuvent en bénéficier le plus rapidement ?

L’intelligence artificielle pourrait ajouter 1.500 milliards de dollars à l’économie africaine d’ici 2030, tandis que le marché africain de l’IA devrait atteindre 18,33 milliards de dollars, soit une croissance de 113% par rapport à 2025. Parmi les secteurs les plus prometteurs, l’agriculture, qui emploie plus de 60 % de la population active, avec des applications immédiates de l’IA, et la finance, où l’IA transforme le commerce numérique et renforce un écosystème de paiements digitaux de 1 500 milliards de dollars. L’édition 2026 met également en avant de nouveaux pôles stratégiques : infrastructures intelligentes de data centers, fintech et futur de la finance, Future Mobility Park (transport électrique, autonome et connecté), sports tech. Par ailleurs, en collaboration avec l’APEBI, le SME x AI Growth Summit vise à accompagner les PME technologiques dans l’adoption de l’IA. Ces PME représentent 95% des entreprises et environ 50% du PIB en Afrique subsaharienne, jouant ainsi un rôle clé dans la croissance numérique inclusive.

Avec le lancement du STAR Summit, quelle stratégie souhaitez-vous mettre en place pour renforcer la cyber-résilience des économies africaines ?

L’économie de la cybercriminalité en Afrique est en forte croissance, avec des pertes atteignant 5 milliards de dollars en 2025. La cybersécurité est désormais une priorité stratégique nationale. En collaboration avec la DGSSI, le STAR Summit vise à renforcer la préparation opérationnelle face aux menaces numériques : protection des infrastructures critiques, lutte contre les cyberattaques alimentées par l’IA, renforcement de la résilience institutionnelle. L’objectif est de permettre aux économies africaines de sécuriser leur avenir numérique face à un environnement de menaces de plus en plus complexe.

Comment GITEX Africa Morocco parvient-il à aligner politiques publiques, investissements et innovation pour générer un impact durable et mesurable ?

GITEX Africa Morocco repose sur une ambition claire : faire de la transformation numérique un moteur structurant du co-développement en Afrique. L’événement agit comme une plateforme stratégique reliant : décideurs publics, leaders technologiques, investisseurs internationaux, écosystèmes numériques. Cette convergence permet d’aligner priorités politiques, flux de capitaux et innovations concrètes, favorisant ainsi la mise en œuvre de projets structurants et mesurables.

Dans un contexte de domination des grandes puissances technologiques en IA, comment GITEX Africa peut-il renforcer la souveraineté numérique africaine ?

GITEX Africa adopte une approche fondée sur le co-développement afin de renforcer la souveraineté numérique africaine. Avec une contribution potentielle de l’IA estimée à 1.200 milliards de dollars d’ici 2030, l’objectif est de positionner l’Afrique comme acteur et non simple consommateur de technologies. Cela passe par : la collaboration panafricaine, le transfert de connaissances, le renforcement des capacités locales, le développement d’innovations adaptées aux réalités africaines. En soutenant des projets à fort impact et en développant les compétences locales, GITEX Africa contribue à construire un avenir numérique plus autonome, compétitif et résilient pour le continent.
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