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Guerre au Moyen-Orient : Nadia Fettah assure que le Maroc « a le plan d’action qu’il faut »

Face à l’escalade militaire au Moyen-Orient et aux risques de tensions sur les marchés de l’énergie, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, affirme que le Maroc dispose des instruments nécessaires pour amortir un éventuel choc économique. Intervenant sur BFM TV, elle souligne la solidité des fondamentaux du Royaume et sa capacité à faire face à une conjoncture internationale incertaine.

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Au lendemain d’un week-end marqué par une montée brutale des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, le Maroc suit de près l’évolution de la situation et ses éventuelles répercussions économiques. Invitée sur la chaîne BFM TV, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a confirmé que les autorités marocaines restent vigilantes face aux conséquences potentielles du conflit, tout en se voulant rassurante sur la capacité du pays à absorber un choc externe.



Sur le plan économique, la ministre reconnaît que l’économie marocaine, intégrée dans les chaînes mondiales, n’est pas totalement à l’abri des effets indirects d’un conflit régional. « Nous importons nos hydrocarbures, donc nous sommes prêts à d’éventuels impacts sur notre économie. Le Maroc a le plan d’action qu'il faut », a-t-elle expliqué.

Toutefois, la ministre estime que le Royaume dispose aujourd’hui de plusieurs amortisseurs capables d’atténuer les effets d’une crise énergétique prolongée. Elle rappelle que les autorités ont déjà expérimenté ces mécanismes au cours des dernières années, notamment dans le contexte des chocs inflationnistes mondiaux. Le Maroc a été amené à activer et à tester ses mécanismes de protection en faveur des populations les plus vulnérables, ainsi que ses dispositifs de soutien à l’économie. Le Royaume dispose de réserves de change solides, d’un mix énergétique de plus en plus vert et d’une économie qui a démontré sa résilience.

L’une des principales préoccupations concerne naturellement l’évolution des prix de l’énergie. Dans la loi de finances, le prix du pétrole avait été budgété à 65 dollars le baril, alors qu’il évolue déjà autour de 85 dollars. Pour la ministre, une hausse prolongée représenterait un défi, mais un défi maîtrisable. Concernant le gaz, elle estime que l’impact resterait limité, en raison d’une consommation principalement domestique.

Au-delà de l’énergie, la question de l’attractivité économique du Maroc dans un contexte international instable a également été abordée. Pour Nadia Fettah, les tensions géopolitiques ne remettent pas en cause l’intérêt des investisseurs étrangers pour le Royaume. « Le Maroc a un actif considérable qui est sa stabilité dans la durée, sa stabilité politique, sa stabilité économique », a-t-elle souligné. Selon elle, cette stabilité constitue un avantage stratégique dans un environnement international marqué par l’incertitude. « Le Maroc est une vraie base d’investissement dans un monde turbulent. L’opportunité est là, même dans un moment douloureux comme celui-ci. »

La ministre insiste également sur la cohérence de la stratégie économique du Royaume, qui combine attraction des investissements étrangers et développement d’un tissu industriel local. Cette approche vise à attirer les savoir-faire internationaux tout en favorisant l’émergence d’écosystèmes industriels locaux capables de créer de la valeur et de l’emploi.

Les annonces récentes du groupe Safran illustrent cette dynamique. Le groupe français a annoncé l’ouverture d’une chaîne d’assemblage de moteurs LEAP pour Airbus ainsi qu’une nouvelle usine dédiée à la fabrication de trains d’atterrissage. Ces projets représentent environ 500 millions d’euros d’investissement et près de 800 emplois. Pour Nadia Fettah, ces décisions témoignent d’une confiance durable dans la trajectoire industrielle du Maroc.

La stratégie industrielle vise désormais à reproduire les succès enregistrés dans l’automobile et l’aéronautique dans d’autres secteurs. Les taux d’intégration atteints dans certains secteurs illustrent cette progression; plus de 60% dans l’automobile et 42% dans l’aéronautique.

La ministre a souligné que la diversification des partenariats internationaux constitue un autre facteur de résilience pour l’économie marocaine. Le Royaume entretient des relations économiques étroites avec l’Europe, les États du Golfe, les États-Unis ou encore la Chine. Cette ouverture s’inscrit dans une stratégie de long terme. « Nous sommes un pays ouvert qui dialogue avec l’ensemble. Nous sommes crédibles et fiables (...) nous sommes restés fidèles à nos partenaires d’hier et nos partenaires d’aujourd’hui et de demain », a-t-elle conclu.
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