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Huile d’olive : le Maroc amorce un rebond significatif de la production

Après plusieurs années de contraction marquées par la sécheresse, la hausse des coûts de production et l’érosion des rendements, la filière marocaine de l’huile d’olive semble entrer dans une phase de redressement significatif. Les projections du Conseil oléicole international (COI) pour la campagne 2025-2026 annoncent un rebond spectaculaire de la production nationale, appelée à atteindre 160.000 tonnes, soit une progression de 78% par rapport à la campagne précédente. Ce redressement, parmi les plus marqués du bassin méditerranéen sud, intervient toutefois dans un contexte de forte volatilité régionale et mondiale, où les dynamiques de rattrapage côtoient des reculs sévères dans plusieurs pays producteurs.

Les chiffres du COI traduisent une filière marocaine de l’huile d’olive en transition, sortie progressivement d’un cycle de stress, mais encore exposée aux aléas climatiques et hydriques.
Les chiffres du COI traduisent une filière marocaine de l’huile d’olive en transition, sortie progressivement d’un cycle de stress, mais encore exposée aux aléas climatiques et hydriques.
Après plusieurs campagnes difficiles marquées par des sécheresses successives, l’inflation des intrants agricoles et la baisse des rendements, la filière marocaine de l’huile d’olive semble sortir la tête de l’eau. Selon les estimations du Conseil oléicole international (COI), la production nationale d’huile d’olive pourrait culminer, lors de l’actuelle campagne, à 160.000 tonnes, contre 90.000 tonnes en 2024/2025, soit une hausse conséquente de 78%. La data du COI sur la filière marocaine met en évidence un cycle de contraction prolongé de la production ces dernières campagnes.



Concrètement, après un niveau de 107.000 tonnes en 2022-2023 puis 106.000 tonnes en 2023-2024, la campagne 2024-2025 avait marqué un point bas avec seulement 90.000 tonnes. Un niveau bien en deçà de la moyenne pluriannuelle estimée à 131.000 tonnes. Si la filière s’est installée dans cette sinistrose, c’est que le changement climatique est passé par là plongeant ce segment agricole dans un cycle radical de baisse des rendements. Mais la campagne 2025-2026 marque une reprise parmi les plus fortes du bassin méditerranéen Sud. La projection de 2025-2026 place ainsi le Maroc parmi les pays affichant les plus fortes progressions relatives de production au sein du groupe des producteurs non européens membres du COI. Avec +78%, la hausse marocaine dépasse donc largement celles observées en Égypte (+11%) et contraste fortement avec les baisses prévues en Algérie (-11%), en Argentine (-30%) ou en Jordanie (-35%).

Dans ce tableau, seule la Tunisie, avec 450.000 tonnes prévues, demeure très nettement au-dessus du Maroc en termes de volume. Toutefois, la dynamique marocaine se distingue par son caractère de rattrapage rapide, dans un contexte régional marqué par une forte volatilité. En volume, le Royaume se situerait en deuxième position parmi les producteurs non européens du groupe, derrière la Tunisie mais devant l’Algérie, l’Égypte, l’Argentine et la Jordanie. La Türkiye, bien qu’annonçant une production plus élevée (290.000 tonnes), connaît une baisse sévère de 43%, ce qui relativise son avance conjoncturelle.

Ce positionnement confirme le rôle du Maroc comme acteur intermédiaire mais structurant du marché méditerranéen sud de l’huile d’olive, avec un potentiel de montée en puissance à moyen terme. Mais si la reprise attendue est significative, elle reste conditionnée à plusieurs facteurs déterminants notamment la gestion durable de l’eau d’irrigation, la stabilisation des rendements face au changement climatique, l’amélioration continue des pratiques culturales et de la valorisation du produit et la capacité à arbitrer entre la satisfaction du marché intérieur et les opportunités à l’export. Dans un contexte mondial où la production d’huile d’olive devrait atteindre 3,57 millions de tonnes en 2024-2025, en hausse de 38%, le Maroc apparaît moins comme un moteur immédiat de l’offre mondiale que comme un pays en phase de reconstitution de son potentiel productif, avec des signaux clairement orientés à la hausse. Les chiffres du COI traduisent ainsi une filière marocaine de l’huile d’olive en transition, sortie progressive d’un cycle de stress, mais encore exposée aux aléas climatiques et hydriques. Le rebond attendu en 2025-2026 pourrait constituer du coup une opportunité en or afin de consolider les acquis, renforcer la résilience du secteur et repositionner le Maroc sur le marché régional et international.

Olives : une production en stagnation

Les données du Conseil oléicole international sur la production d’olives mettent en évidence une stabilité contrainte de la production marocaine, dans un contexte mondial et régional marqué par de fortes disparités entre pays producteurs. Pour la campagne 2025-2026, la production d’olives au Maroc est estimée à 120.000 tonnes, un niveau strictement identique à celui des campagnes 2022-2023, 2023-2024 et 2024-2025. La variation affichée est de 0%, confirmant une phase de stagnation prolongée. Au sein du groupe des pays non européens membres du COI, le Maroc occupe une position intermédiaire, loin derrière les grands producteurs comme l’Égypte (650.000 tonnes), la Turquie (450.000 tonnes, malgré une forte baisse), ou encore l’Algérie (274.000 tonnes). Avec ses 120.000 tonnes, le Royaume se situe à un niveau comparable à celui de l’Argentine (70.000 tonnes) ou de l’Iran (62.000 tonnes), mais reste nettement en deçà des grands bassins oléicoles émergents du sud et de l’est de la Méditerranée. Les données du COI font apparaître le Maroc comme un pays ni en expansion, ni en effondrement, mais plutôt engagé dans une phase de plateau, probablement liée à la contrainte hydrique, à la maturité de certains vergers et aux arbitrages opérés entre olives de table et olives à huile.
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