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Banque mondiale : le séisme aura un impact macro-économique modéré sur le Maroc

Dans un nouveau rapport, la Banque mondiale table sur l’accélération de la croissance au Maroc à 2,8% cette année 2023, contre 1,3% en 2022. Au moment de la rédaction de ces prévisions, l’institution de Bretton Woods n’avait pas encore réalisé une évaluation complète de l’impact du séisme. Toutefois, les économistes de la Banque prévoient que le séisme aura un impact macro-économique modéré : les premières informations semblent indiquer que les perturbations potentielles seront temporaires et de courte durée.

Selon la Banque mondiale, les coûts d’emprunt du Maroc ont enregistré une plus faible augmentation entre 2022 et 2023, par rapport à d’autres pays de la région MENA.
Selon la Banque mondiale, les coûts d’emprunt du Maroc ont enregistré une plus faible augmentation entre 2022 et 2023, par rapport à d’autres pays de la région MENA.
La Banque mondiale vient de publier son Bulletin d’information économique de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) en 2023. Elle table sur l’accélération de la croissance au Maroc à 2,8% cette année 2023, contre 1,3% en 2022. Le Royaume fera ainsi mieux que la moyenne de la région MENA dont la croissance devrait dégringoler à 1,9% en 2023, contre 6% en 2022, en raison des réductions de la production pétrolière dans un contexte d’atonie des prix du pétrole, du durcissement des conditions de financement à l’échelle mondiale et de l’inflation galopante.



«Le Maroc a été moins touché par les chocs macro-économiques mondiaux que d’autres pays importateurs de pétrole de la région, car ses termes de l’échange se sont beaucoup plus améliorés à la faveur de la baisse des prix du pétrole en 2023 par rapport à 2022, tandis ses coûts d’emprunt ont enregistré une plus faible augmentation», estiment les experts de l’Institution de Bretton Woods. À noter que les termes de l’échange désignent le rapport entre les prix à l’exportation et ceux à l’importation.

Au moment de la rédaction de ce nouveau rapport, la Banque mondiale n’avait pas encore réalisé une évaluation complète de l’impact du séisme qui a frappé le Maroc le 8 septembre 2023.«Les économistes de la Banque prévoient que le séisme aura un impact macro-économique modéré, car les premières informations semblent indiquer que les perturbations potentielles, du tourisme par exemple, seront temporaires», est-il souligné.

Toutefois, précise la Banque mondiale, les données empiriques sur les effets des catastrophes dans les pays en développement laissent penser à un ralentissement de la croissance au début et à une augmentation de l’endettement à moyen terme pour financer la reconstruction. La croissance du PIB a tendance à rebondir rapidement après un événement.

Selon une étude sur les pays en développement où les dommages ont dépassé 1% du PIB, au cours de l’année de la catastrophe, la croissance du PIB dans les économies touchées est inférieure d’environ 1,3 point de pourcentage à celle des économies non touchées. La croissance du PIB a toutefois tendance à rebondir dans les trois années suivant l’événement, avec une hausse de 0,9 point de pourcentage la première année, de 0,8 point de pourcentage la deuxième année et d’environ 0,5 point de pourcentage la troisième année. Cependant, la dette publique a tendance à s’accumuler après une catastrophe, vraisemblablement pour financer la reconstruction. «Ces résultats pourraient donner une idée des conséquences macro-économiques potentielles du tremblement de terre au Maroc et des inondations en Libye, même si les régularités empiriques compilées par Fan et al. (2023) s’appliquent aux catastrophes ayant causé des dommages importants (supérieurs à 1% du PIB) et l’évaluation de l’impact au Maroc et en Libye n’était pas terminée au moment de la rédaction du présent rapport», précise la Banque mondiale.

En attendant, l’Institution de Bretton Woods prévoit une croissance de 3,1% pour le Maroc en 2024. L’inflation dans le pays devra, elle, atteindre 6,2% cette année avant de chuter à 3,8% l’année prochaine.
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