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Avocat : Les importations marocaines devraient enregistrer un nouveau record en 2023

Au cours des neuf premiers mois de cette année, les importations marocaines d’avocats ont atteint 13.500 tonnes, dont 78% du Pérou. Il s’agit de la plus importante quantité importée au cours des huit dernières années. Le Royaume est par ailleurs le 9e exportateur mondial de ce fruit à fin 2022, avec plus de 55.000 tonnes vendues à l’international.

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Les importations marocaines d'avocats devraient atteindre un niveau record cette année. Selon EastFruit, malgré une production locale bien développée (à fin 2022, le Maroc était le 9e exportateur mondial d’avocats), le Royaume a importé, au cours des neuf premiers mois de cette année seulement, 13.500 tonnes de ce fruit, la plus grande quantité importée au cours des huit dernières années. C’est également plus que le triple des importations marocaines d’il y a sept ans. En valeur, les neufs premiers mois de l’année en cours constituent également un record : 8,5 millions de dollars.



Quels sont les facteurs derrière cette hausse ? «L’importation d’avocats au Maroc s’étend de mars à septembre, lorsqu’il n’y a pratiquement pas d’offre locale sur le marché. Par ailleurs, l’importation d’avocats au Maroc dépend également de la performance de l’industrie touristique du pays. Par exemple, en 2023, le pays accueillera un nombre record de touristes, ce qui a déjà eu un impact positif sur l'importation de nombreux produits, dont les avocats», explique Yevhen Kuzin, analyste du marché des fruits et légumes chez EastFruit.

Le principal fournisseur du Maroc en avocats est le Pérou, 2e exportateur mondial de ce fruit après le Mexique. Le Pérou a toujours joué un rôle clé dans l’approvisionnement du Royaume et représente, chaque année, au moins les deux tiers des importations totales d'avocats au Maroc. Au cours des 9 premiers mois de 2023, les produits péruviens représentaient 78% du volume total importé par le Royaume. Les avocats en provenance d'Espagne (4e exportateur mondial) sont également importés sur les marchés marocains, mais ce pays a perdu une partie de ses parts de marché. Par exemple, en 2019, les avocats espagnols représentaient plus de 30% des importations marocaines, mais cette année, leur part n'est que de 12% à fin septembre. De plus petites quantités d'avocats arrivent sur les marchés locaux en provenance d'Afrique du Sud, du Brésil et du Kenya. Au total, huit pays fournissent le Maroc cette année.

Concernant les exportations marocaines de ce fruit, elles sont également en croissance malgré les difficultés rencontrées par les producteurs, souligne EastFruit. Le pays était le 12e exportateur mondial d’avocats en 2017. Les ventes sur les marchés étrangers ont plus que quadruplé depuis, plaçant le Royaume au 9e rang des exportateurs mondiaux d’avocats l’année dernière, avec plus de 55.000 tonnes. En prenant en compte les performances de ce fruit au cours des neufs premiers mois de l’année en cours, ce segment ressort comme celui dont les exportations enregistrent la croissance la plus rapide, malgré un défi de taille auquel font face les producteurs : la pénurie de ressources en eau. En effet, la production de ce fruit nécessite beaucoup de ressources hydriques, ce qui est assez difficile à assurer dans les conditions actuelles : changement climatique, sécheresse...

«Le défi de l’utilisation efficace de l’eau continuera d’être un enjeu clé pour la production d’avocats au Maroc dans les prochaines années. Des appels sérieux sont déjà lancés dans le pays pour limiter la consommation d'eau des producteurs d'avocats, ce qui pourrait menacer l'avenir des exportations de ce fruit. Cependant, en moyenne, le Maroc utilise au moins deux fois moins d’eau que le Pérou, le Chili, Israël ou l’Afrique du Sud pour produire 1 kg d’avocats. Cela signifie que par rapport à ses concurrents, le Maroc est déjà plus respectueux de l’environnement dans la culture des avocats. À l’avenir, les technologies modernes réduisant la consommation d’eau, telles que l’irrigation souterraine au goutte-à-goutte, les technologies de recyclage de l’eau, etc., joueront également un rôle important à cet égard. Cela permettra au Maroc de conserver ses ressources naturelles et de conserver un revenu stable en exportant un produit populaire dans le monde», estime Yevhen Kuzin.
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