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Lundi 15 Juin 2026
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Les moteurs de la croissance marocaine en 2026, selon Fitch Solutions

Investissement, consommation des ménages et rebond agricole : tels sont les principaux ressorts de la croissance marocaine en 2026, selon une note de BMI, filiale de Fitch Solutions. La firme maintient sa prévision de 4,1% pour 2026 et 2027, au-dessus de la moyenne décennale de 2,6%, malgré les retombées du conflit au Moyen-Orient.

BMI estime que l'amélioration des conditions météorologiques et la hausse attendue de l'emploi agricole, particulièrement dans les zones rurales, devraient soutenir les revenus des ménages et la consommation.
BMI estime que l'amélioration des conditions météorologiques et la hausse attendue de l'emploi agricole, particulièrement dans les zones rurales, devraient soutenir les revenus des ménages et la consommation.
BMI, filiale de Fitch Solutions, maintient ses prévisions de croissance pour l’économie marocaine à 4,1% en 2026 et 2027, malgré les retombées négatives du conflit au Moyen-Orient. Ce rythme marquerait un ralentissement modéré par rapport aux 4,6% enregistrés en 2025, mais resterait nettement supérieur à la moyenne des dix dernières années, établie à 2,6%. Selon l’institut, la croissance sera principalement portée par l’investissement et la consommation des ménages, tandis que les exportations nettes devraient exercer un effet modérément négatif. La progression de l’investissement devrait ralentir après les performances exceptionnellement élevées de 2024 et 2025, mais demeurer autour de 7%, soit un niveau largement supérieur à sa moyenne décennale de 6,2%.

Cette dynamique continuera d’être soutenue par les dépenses consacrées aux infrastructures de transport et de logistique dans la perspective de la Coupe du monde 2030, ainsi que par les importants investissements des entreprises publiques dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures. BMI précise notamment que l’OCP prévoit d’investir entre 25 et 30 milliards de dirhams par an jusqu’en 2027 afin d’accroître ses capacités de production d’engrais et de développer ses projets dans les énergies renouvelables. Les entreprises privées devraient aussi jouer un rôle accru dans la dynamique d’investissement au cours des prochaines années.

BMI relève, par ailleurs, une nette accélération du crédit bancaire accordé aux entreprises privées non financières. En avril 2026, celui-ci a enregistré sa progression la plus rapide depuis plus de cinq ans en termes réels, bénéficiant notamment du recul des taux d’intérêt par rapport aux sommets atteints début 2024.



La valeur ajoutée agricole – qui représentait 8,1% du produit intérieur brut (PIB) en 2025 – constitue un troisième moteur de croissance pour 2026. Des conditions météorologiques favorables ont permis une progression de plus de 120% en glissement annuel de la production de blé et d’orge, les céréales représentant habituellement 40 à 55% du tonnage agricole total. Ce rebond devrait, selon BMI, partiellement compenser les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les tensions sur les coûts générées par le conflit au Moyen-Orient dans d’autres secteurs de l’économie.

Du côté de la demande intérieure, la consommation des ménages devrait progresser d’environ 3,4% en 2026. Bien que les tensions géopolitiques et les pressions inflationnistes pèsent sur le pouvoir d’achat, ce rythme resterait sensiblement supérieur à la moyenne de long terme de 2,3%.

BMI estime aussi que l’amélioration des conditions météorologiques et la hausse attendue de l’emploi agricole, particulièrement dans les zones rurales, devraient soutenir les revenus des ménages et la consommation. D’autres indicateurs témoignent de la résilience de la demande intérieure : les ventes du principal distributeur multiformat du Royaume ont progressé de 4,2% en termes réels au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de l’année précédente, après une croissance quasi nulle un an auparavant. Les ventes de voitures particulières, considérées comme un indicateur pertinent de la consommation privée, ont pour leur part bondi de 22,9% en glissement annuel à fin avril 2026, prolongeant la dynamique observée en 2025.

L’industrie continue aussi d’afficher des niveaux d’activité soutenus. Le taux moyen d’utilisation des capacités de production a atteint 77,7% au premier trimestre 2026, un niveau proche du pic d’environ 80% observé fin 2025. Selon BMI, des niveaux d’utilisation comparables ont historiquement coïncidé avec des rythmes de croissance économique soutenus.

Principaux risques pour la croissance

L’institut souligne également que les risques demeurent orientés à la baisse pour les perspectives économiques du Maroc. Une inflation plus forte qu’anticipé pourrait davantage éroder le pouvoir d’achat des ménages et freiner la consommation. Un ralentissement ou un report des investissements publics, une baisse marquée des flux d’investissements directs étrangers (IDE) liée à l’incertitude macroéconomique, ou encore un retour de Bank Al-Maghrib à une politique de relèvement des taux d’intérêt constitueraient aussi des facteurs défavorables à la croissance.

Par ailleurs, une demande moins dynamique que prévu dans les principaux marchés européens pèserait davantage sur les exportations marocaines. Enfin, le soutien apporté à la croissance par l’amélioration de la production céréalière pourrait être atténué si d’autres cultures majeures enregistraient des performances moins favorables. Un retour à des conditions de sécheresse sévère en 2027 réduirait de nouveau les récoltes céréalières et affecterait la valeur ajoutée agricole.
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