C’est à Rabat, loin des plages et des remparts d’Essaouira, que le MOGA Festival, rendez-vous de musiques électroniques et de cultures contemporaines enraciné à Mogador depuis 2016, a choisi de prendre la parole, ce mercredi 28 janvier. Non pour annoncer une programmation ou dévoiler des têtes d’affiche, mais pour soumettre à l’examen public une enquête d’impact socio-économique consacrée à son édition 2025. Une démarche encore rare dans le paysage culturel marocain, où les festivals sont le plus souvent appréciés à travers leur affluence et impact médiatique plutôt que par l’évaluation de leurs effets concrets.
Conduite par le cabinet K&Co entre septembre 2025 et janvier 2026, l’enquête vise à documenter ce que le MOGA génère concrètement pour la ville qui l’accueille. Elle distingue deux périmètres relevant de logiques et de publics complémentaires. Le MOGA IN correspond au cœur événementiel du festival, concentré sur le site principal de l’Hôtel du Golf, où se tiennent les concerts et les performances accessibles par billetterie. En 2025, 10.800 participants y ont été recensés. Au total, 13.737 billets ont été scannés, achetés par 5.056 personnes différentes, certaines ayant participé à plusieurs journées. Les recettes de billetterie ont atteint 5,36 millions de dirhams, représentant 43% des recettes totales du festival. Par rapport à l’édition précédente, le nombre d’acheteurs progresse de 31 %.
L’enquête élargit toutefois l’analyse au-delà du seul site principal. À l’écart des scènes, le MOGA OFF se déploie dans l’espace urbain à travers une programmation gratuite et ouverte, pensée comme une extension du festival dans la ville. Cafés, lieux culturels et espaces publics accueillent des propositions artistiques et culturelles accessibles à un public plus large que celui des détenteurs de pass.
Selon les données recueillies, environ 4.200 personnes ont participé aux activités organisées dans 37 lieux d’Essaouira lors des deux premières journées de l’édition 2025. Près de 40% des répondants à l’enquête déclarent avoir pris part à au moins un événement du OFF, un indicateur qui, selon les auteurs de l’étude, reflète l’attractivité de ce format et sa capacité à toucher des publics diversifiés. Toujours d’après l’enquête, le MOGA OFF a mobilisé 38 activités mêlant musiques électroniques, patrimoine, sport, bien-être et initiatives locales, avec pour objectif de faire circuler les publics dans la ville et d’en diffuser les retombées. Les estimations avancent une dépense quotidienne moyenne d’environ 1.500 dirhams pendant la période OFF, la majorité des participants situant leur budget journalier entre 1.000 et 3.000 dirhams. Pris ensemble, les formats IN et OFF auraient ainsi réuni près de 15.000 participants lors de l’édition 2025.
Au-delà des flux financiers, l’enquête met également en lumière l’effet du festival sur l’emploi, un indicateur rarement documenté dans le débat culturel. Pour l’édition 2025, 1.404 emplois directs ont été mobilisés, couvrant les métiers artistiques, techniques, logistiques et de services. À cela s’ajoutent 5.338 nuitées générées par les festivaliers et par l’organisation, représentant près de 18 millions de dirhams de retombées pour le secteur touristique. Plus d’un tiers des participants déclarent par ailleurs avoir prolongé leur séjour au-delà des dates du festival, avec une moyenne de 2,6 jours supplémentaires.
Ces données prennent un relief particulier lorsqu’elles sont rapprochées du profil du public. Majoritairement marocain, celui-ci compte néanmoins une part significative de visiteurs étrangers, principalement venus de France, des États-Unis et du Royaume-Uni. L’âge moyen, autour de 30 ans, correspond à une génération mobile, habituée aux séjours courts et aux expériences culturelles hybrides. Sur le plan de la visibilité, l’enquête fait état de 28,6 millions de vues médiatiques, un indicateur qui contribue à projeter Essaouira bien au-delà du temps du festival.
C’est précisément cet ensemble de données que les organisateurs ont choisi de mettre en discussion lors de la présentation à Rabat. Le cofondateur du festival, Matthieu Corosine, a expliqué que la démarche répondait à une évolution profonde des attentes institutionnelles. « Aujourd’hui, on ne peut plus défendre un projet culturel uniquement par son image ou son ambiance », a-t-il souligné. « Les institutions attendent des données chiffrées, comparables et vérifiables. » Il a rappelé que cette première enquête, menée auprès de 615 répondants, constituait, selon lui, une base de travail appelée à être renforcée. « L’idée est de répéter l’exercice chaque année et d’affiner progressivement l’analyse, sur une période plus longue », a-t-il précisé.
Sur le MOGA OFF, Matthieu Corosine a insisté sur son rôle central dans la vision du festival. Il a décrit ce format, gratuit et déployé dans l’espace urbain, comme un levier essentiel d’ancrage local, appelé à être davantage structuré lors des prochaines éditions afin de produire un impact culturel et social durable, au-delà du seul temps de l’événement. Il est également revenu sur la dimension internationale du projet, déjà décliné au Portugal et en Espagne, tout en rappelant qu’Essaouira demeure, à ses yeux, « la base, l’ADN et la maison mère » du MOGA.
Cette lecture est partagée par André Azoulay, président de l’Association Essaouira-Mogador, qui a salué une enquête qu’il juge « crédible parce qu’elle repose sur des réalités précises, rationnelles et chiffrées ». Il a rappelé que le MOGA s’inscrit dans un écosystème culturel façonné de longue date à Essaouira, fondé sur l’ouverture et la pluralité. « MOGA est arrivé dans un paysage qui existait déjà », a-t-il observé, voyant dans cette coexistence « un puzzle cohérent » où chaque expression trouve sa place. Pour lui, la capacité du festival à dialoguer avec d’autres scènes et d’autres pays confirme que « la culture n’est pas un supplément d’âme, mais un levier stratégique de rayonnement ».
La Fondation HIBA, partenaire du festival, défend une approche comparable. Son directeur, Marwane Fachane, rappelle que « la culture n’est pas seulement un acte artistique, mais un secteur économique à part entière ». Il insiste sur la nécessité de produire des données susceptibles d’éclairer l’action publique. « Ce type d’enquête permet de dialoguer avec les ministères du Tourisme, de l’Économie ou de l’Emploi, pas uniquement avec celui de la Culture », explique-t-il. Selon lui, le modèle développé par le MOGA, notamment à travers son OFF et son ancrage urbain, constitue un cas d’école, à même d’inspirer d’autres festivals au Maroc et d’alimenter une réflexion plus large sur l’exportation des industries culturelles marocaines.
Conduite par le cabinet K&Co entre septembre 2025 et janvier 2026, l’enquête vise à documenter ce que le MOGA génère concrètement pour la ville qui l’accueille. Elle distingue deux périmètres relevant de logiques et de publics complémentaires. Le MOGA IN correspond au cœur événementiel du festival, concentré sur le site principal de l’Hôtel du Golf, où se tiennent les concerts et les performances accessibles par billetterie. En 2025, 10.800 participants y ont été recensés. Au total, 13.737 billets ont été scannés, achetés par 5.056 personnes différentes, certaines ayant participé à plusieurs journées. Les recettes de billetterie ont atteint 5,36 millions de dirhams, représentant 43% des recettes totales du festival. Par rapport à l’édition précédente, le nombre d’acheteurs progresse de 31 %.
L’enquête élargit toutefois l’analyse au-delà du seul site principal. À l’écart des scènes, le MOGA OFF se déploie dans l’espace urbain à travers une programmation gratuite et ouverte, pensée comme une extension du festival dans la ville. Cafés, lieux culturels et espaces publics accueillent des propositions artistiques et culturelles accessibles à un public plus large que celui des détenteurs de pass.
Selon les données recueillies, environ 4.200 personnes ont participé aux activités organisées dans 37 lieux d’Essaouira lors des deux premières journées de l’édition 2025. Près de 40% des répondants à l’enquête déclarent avoir pris part à au moins un événement du OFF, un indicateur qui, selon les auteurs de l’étude, reflète l’attractivité de ce format et sa capacité à toucher des publics diversifiés. Toujours d’après l’enquête, le MOGA OFF a mobilisé 38 activités mêlant musiques électroniques, patrimoine, sport, bien-être et initiatives locales, avec pour objectif de faire circuler les publics dans la ville et d’en diffuser les retombées. Les estimations avancent une dépense quotidienne moyenne d’environ 1.500 dirhams pendant la période OFF, la majorité des participants situant leur budget journalier entre 1.000 et 3.000 dirhams. Pris ensemble, les formats IN et OFF auraient ainsi réuni près de 15.000 participants lors de l’édition 2025.
51,5 millions de dirhams en 2025, le MOGA sous l’angle économique !
Les chiffres mis en avant donnent une lecture précise de l’ampleur économique du rendez-vous. En 2025, chaque participant aurait dépensé en moyenne 10.187 dirhams sur l’ensemble de son séjour, incluant l’hébergement, la restauration, les transports et les achats locaux. Multipliées par le volume de fréquentation, ces dépenses se traduisent par 51,5 millions de dirhams générés directement par le festival, dont environ 60% injectés dans l’économie locale. L’hébergement constitue le principal poste de dépense, devant le transport, puis la consommation sur site.Au-delà des flux financiers, l’enquête met également en lumière l’effet du festival sur l’emploi, un indicateur rarement documenté dans le débat culturel. Pour l’édition 2025, 1.404 emplois directs ont été mobilisés, couvrant les métiers artistiques, techniques, logistiques et de services. À cela s’ajoutent 5.338 nuitées générées par les festivaliers et par l’organisation, représentant près de 18 millions de dirhams de retombées pour le secteur touristique. Plus d’un tiers des participants déclarent par ailleurs avoir prolongé leur séjour au-delà des dates du festival, avec une moyenne de 2,6 jours supplémentaires.
Ces données prennent un relief particulier lorsqu’elles sont rapprochées du profil du public. Majoritairement marocain, celui-ci compte néanmoins une part significative de visiteurs étrangers, principalement venus de France, des États-Unis et du Royaume-Uni. L’âge moyen, autour de 30 ans, correspond à une génération mobile, habituée aux séjours courts et aux expériences culturelles hybrides. Sur le plan de la visibilité, l’enquête fait état de 28,6 millions de vues médiatiques, un indicateur qui contribue à projeter Essaouira bien au-delà du temps du festival.
C’est précisément cet ensemble de données que les organisateurs ont choisi de mettre en discussion lors de la présentation à Rabat. Le cofondateur du festival, Matthieu Corosine, a expliqué que la démarche répondait à une évolution profonde des attentes institutionnelles. « Aujourd’hui, on ne peut plus défendre un projet culturel uniquement par son image ou son ambiance », a-t-il souligné. « Les institutions attendent des données chiffrées, comparables et vérifiables. » Il a rappelé que cette première enquête, menée auprès de 615 répondants, constituait, selon lui, une base de travail appelée à être renforcée. « L’idée est de répéter l’exercice chaque année et d’affiner progressivement l’analyse, sur une période plus longue », a-t-il précisé.
Sur le MOGA OFF, Matthieu Corosine a insisté sur son rôle central dans la vision du festival. Il a décrit ce format, gratuit et déployé dans l’espace urbain, comme un levier essentiel d’ancrage local, appelé à être davantage structuré lors des prochaines éditions afin de produire un impact culturel et social durable, au-delà du seul temps de l’événement. Il est également revenu sur la dimension internationale du projet, déjà décliné au Portugal et en Espagne, tout en rappelant qu’Essaouira demeure, à ses yeux, « la base, l’ADN et la maison mère » du MOGA.
Cette lecture est partagée par André Azoulay, président de l’Association Essaouira-Mogador, qui a salué une enquête qu’il juge « crédible parce qu’elle repose sur des réalités précises, rationnelles et chiffrées ». Il a rappelé que le MOGA s’inscrit dans un écosystème culturel façonné de longue date à Essaouira, fondé sur l’ouverture et la pluralité. « MOGA est arrivé dans un paysage qui existait déjà », a-t-il observé, voyant dans cette coexistence « un puzzle cohérent » où chaque expression trouve sa place. Pour lui, la capacité du festival à dialoguer avec d’autres scènes et d’autres pays confirme que « la culture n’est pas un supplément d’âme, mais un levier stratégique de rayonnement ».
La Fondation HIBA, partenaire du festival, défend une approche comparable. Son directeur, Marwane Fachane, rappelle que « la culture n’est pas seulement un acte artistique, mais un secteur économique à part entière ». Il insiste sur la nécessité de produire des données susceptibles d’éclairer l’action publique. « Ce type d’enquête permet de dialoguer avec les ministères du Tourisme, de l’Économie ou de l’Emploi, pas uniquement avec celui de la Culture », explique-t-il. Selon lui, le modèle développé par le MOGA, notamment à travers son OFF et son ancrage urbain, constitue un cas d’école, à même d’inspirer d’autres festivals au Maroc et d’alimenter une réflexion plus large sur l’exportation des industries culturelles marocaines.
