Le siège régional de la FIFA trône au cœur du Complexe Mohammed VI, à Salé. C'est dans cette enceinte, symbole de l'ancrage du Maroc dans le football mondial, que les représentants du patronat marocain, espagnol et portugais se sont retrouvés lundi pour transformer une ambition sportive en projet économique continental. Le timing n'est pas anodin : la Coupe d'Afrique des nations, qui s'est achevée il y a trois semaines, a démontré aux yeux du monde la maturité organisationnelle du Royaume. Place désormais à l'étape suivante.
Un centenaire historique entre deux continents
«Cette Coupe du monde sera, à bien des égards, exceptionnelle», a lancé d'emblée Fouzi Lekjaâ, ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération Royale marocaine de football. Exceptionnelle par sa portée historique d'abord : elle marquera le centenaire de la première édition, organisée en Uruguay en 1930. Exceptionnelle par sa géographie ensuite : pour la première fois, deux continents – l'Afrique et l'Europe – s'associent pour accueillir la compétition planétaire.
Le ministre a tenu à inscrire ce rendez-vous dans la continuité de la Vision Royale. «Le sport, et en particulier le football, constitue l'un des éléments essentiels de ce puzzle complexe, générateur de valeur et de rayonnement international pour le Maroc», a-t-il souligné, rappelant que le complexe qui les accueillait œuvrait «quotidiennement au service du football mondial et de la jeunesse». Cent un matchs devront être organisés sur une période resserrée, avec une contrainte inédite : la mobilité totale des équipes entre les trois pays. Une sélection pourra disputer un match à Madrid, le suivant à Marrakech, puis un troisième à Lisbonne. Cette réalité, selon M. Lekjaâ, «impose une homogénéité parfaite en matière d'organisation, de transport, d'infrastructures et de services».
Le ministre a tenu à inscrire ce rendez-vous dans la continuité de la Vision Royale. «Le sport, et en particulier le football, constitue l'un des éléments essentiels de ce puzzle complexe, générateur de valeur et de rayonnement international pour le Maroc», a-t-il souligné, rappelant que le complexe qui les accueillait œuvrait «quotidiennement au service du football mondial et de la jeunesse». Cent un matchs devront être organisés sur une période resserrée, avec une contrainte inédite : la mobilité totale des équipes entre les trois pays. Une sélection pourra disputer un match à Madrid, le suivant à Marrakech, puis un troisième à Lisbonne. Cette réalité, selon M. Lekjaâ, «impose une homogénéité parfaite en matière d'organisation, de transport, d'infrastructures et de services».
La CAN 2025, répétition générale réussie
Chakib Alj, président de la CGEM, a pris le relais pour dresser le bilan de ce qui restera, selon lui, comme «la meilleure CAN de l'histoire». Les chiffres parlent d'eux-mêmes : plus de 2 milliards d'euros de retombées économiques directes, près d'un milliard investi dans les infrastructures sportives, 60.000 emplois créés et plus de 3.000 entreprises marocaines mobilisées. «En deux ans, nous avons réalisé ce qui aurait pris une décennie en temps normal», a martelé le patron des patrons marocains. Au-delà des statistiques, c'est l'effet d'accélération qu'il a tenu à souligner : des dizaines de milliers de jeunes formés aux métiers de l'événementiel, de l'ingénierie à la technologie, renforçant durablement leur employabilité. Pour Chakib Alj, la leçon est éclatante : «Lorsque l'ambition est claire, la coordination efficace et l'exécution collective, les grands événements sportifs peuvent devenir de puissants catalyseurs de développement économique et social». La CAN n'était qu'une étape. Le Mondial 2030, lui, promet de démultiplier ces effets.
Cinq milliards d'euros par pays : l'enjeu économique
Antonio Garamendi, président de la Confédération espagnole des organisations entrepreneuriales (CEOE), a replacé le débat sur le terrain de l'investissement. «Nous ne devons pas considérer la Coupe du monde 2030 uniquement comme un grand événement sportif international, mais comme une véritable plateforme d'investissement et de croissance, inscrite dans le long terme», a-t-il affirmé. Le chef du patronat espagnol s'est appuyé sur les estimations de la FIFA, confirmées par le gouvernement de Madrid : plus de 5 milliards d'euros de revenus directs par économie nationale. Mais au-delà de ce chiffre, c'est la capacité à canaliser les investissements vers des secteurs stratégiques qui retient son attention : infrastructures, mobilité, tourisme, innovation, culture et emploi.
L'Espagne, rappelle M. Garamendi, sait de quoi elle parle. La Coupe du monde 1982 et les Jeux olympiques de Barcelone en 1992 ont transformé le pays. «Ces grands rendez-vous ont été des déclencheurs : modernisation des infrastructures, repositionnement international, montée en gamme de l'économie», a renchéri Chakib Alj, citant l'exemple ibérique comme source d'inspiration.
L'Espagne, rappelle M. Garamendi, sait de quoi elle parle. La Coupe du monde 1982 et les Jeux olympiques de Barcelone en 1992 ont transformé le pays. «Ces grands rendez-vous ont été des déclencheurs : modernisation des infrastructures, repositionnement international, montée en gamme de l'économie», a renchéri Chakib Alj, citant l'exemple ibérique comme source d'inspiration.
Des chantiers colossaux en perspective
Le Maroc, justement, a déjà enclenché sa mue. Chakib Alj a énuméré les projets structurants qui verront le jour d'ici 2030 : doublement de la capacité de six aéroports majeurs, extension du réseau autoroutier de près de 30%, mise en service de la ligne à grande vitesse reliant Kénitra à Marrakech, déploiement de réseaux express régionaux dans les grandes métropoles. Sans oublier les ports stratégiques de Nador West Med et Dakhla Atlantique, qui consolideront la puissance logistique du Royaume.
Pièce maîtresse de ce dispositif : le Grand Stade Hassan II de Casablanca, appelé à devenir le deuxième plus grand stade du monde. Antonio Garamendi y voit une opportunité de co-investissement majeure dans l'ingénierie, la construction, l'énergie et la technologie. À une condition, toutefois : que ces infrastructures soient conçues comme des «plateformes multifonctionnelles, actives toute l'année, combinant usages sportifs, culturels, corporatifs et citoyens». «Il ne s'agit pas seulement de construire, mais de laisser un héritage durable», a-t-il insisté, appelant à dépasser le «football-centrisme».
Pièce maîtresse de ce dispositif : le Grand Stade Hassan II de Casablanca, appelé à devenir le deuxième plus grand stade du monde. Antonio Garamendi y voit une opportunité de co-investissement majeure dans l'ingénierie, la construction, l'énergie et la technologie. À une condition, toutefois : que ces infrastructures soient conçues comme des «plateformes multifonctionnelles, actives toute l'année, combinant usages sportifs, culturels, corporatifs et citoyens». «Il ne s'agit pas seulement de construire, mais de laisser un héritage durable», a-t-il insisté, appelant à dépasser le «football-centrisme».
Les TPME au cœur du dispositif
Chakib Alj a tenu à élargir la focale. «L'avenir économique d'un pays ne se construit pas uniquement par le haut. Il se bâtit à la base : dans l'écosystème entrepreneurial, au cœur même de l'économie réelle». De la grande entreprise chargée d'ériger les stades à la petite structure intervenant dans la billetterie ou la sécurité, toutes sont appelées à s'impliquer. Cette inclusion des très petites, petites et moyennes entreprises constitue, selon le président de la CGEM, un enjeu central. Le Maroc a engagé ces dernières années des efforts substantiels pour renforcer leurs capacités, faciliter leur accès aux marchés et les intégrer aux exigences de durabilité. Le Mondial 2030 doit amplifier cette dynamique.
Le Portugal, partenaire naturel
Le représentant de la Confédération entrepreneuriale du Portugal, chef de mission adjoint de l'ambassade à Rabat depuis quatre ans, a livré un témoignage empreint de sincérité. «J'ai vécu la Coupe d'Afrique des nations presque à domicile, dans la rue, dans les tribunes, au cœur de l'enthousiasme populaire», a-t-il confié, saluant «l'excellence du travail accompli par le Maroc». Sur le plan économique, les relations luso-marocaines se sont intensifiées de manière spectaculaire : les exportations portugaises vers le Royaume progressent en moyenne de 10% par an, faisant du Maroc le dixième marché de destination du Portugal, avec un volume dépassant désormais le milliard d'euros. Le diplomate a insisté sur les compétences portugaises en matière de gestion des grands événements, citant l'Euro 2004 comme référence. «Ce processus représente une opportunité majeure pour l'internationalisation des entreprises portugaises, leur permettant de gagner en taille et de s'intégrer dans des chaînes de valeur internationales».
Un message géopolitique fort
Dans un contexte mondial marqué par l'incertitude et les tentations protectionnistes, ce forum tripartite envoie un signal clair. «Nous croyons à la coopération économique, à l'ouverture commerciale, au multilatéralisme et à des partenariats entrepreneuriaux solides et durables», a martelé le représentant portugais. Antonio Garamendi a abondé dans ce sens, soulignant le «cadre de stabilité institutionnelle remarquable» qui unit les trois pays. Au nom de la CEOE, il a réaffirmé l'engagement espagnol à construire «un cadre de coopération solide, transparent et aligné sur les standards européens».
Fouzi Lekjaâ a conclu sur une note qui dépasse le football : «Cette Coupe du monde devra unir les deux continents, rapprocher la jeunesse des deux rives de la Méditerranée et raviver cette richesse civilisationnelle et culturelle commune». Au-delà des stades et des milliards, c'est bien un pont entre l'Europe et l'Afrique que Rabat, Madrid et Lisbonne s'apprêtent à édifier.
Fouzi Lekjaâ a conclu sur une note qui dépasse le football : «Cette Coupe du monde devra unir les deux continents, rapprocher la jeunesse des deux rives de la Méditerranée et raviver cette richesse civilisationnelle et culturelle commune». Au-delà des stades et des milliards, c'est bien un pont entre l'Europe et l'Afrique que Rabat, Madrid et Lisbonne s'apprêtent à édifier.
