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Oriental : une cartographie stratégique de la formation pour coller au marché du travail

Sous la pression d’un chômage structurel élevé et d’un décalage persistant entre compétences formées et besoins réels des entreprises, la région de l’Oriental s’engage dans un chantier stratégique : cartographier son offre de formation professionnelle et anticiper son évolution à cinq ans. Portée dans le cadre de la coopération Maroc-Belgique, cette étude ambitionne de refonder la planification des filières de formation autour des secteurs porteurs, des métiers émergents et des compétences transversales, avec un objectif central : transformer la formation en véritable levier d’insertion des jeunes et des femmes, et en outil de développement territorial.

Selon les données du HCP, le taux de chômage dans l’Oriental atteint 19,6 %, avec une vulnérabilité accrue pour les jeunes et les femmes
Selon les données du HCP, le taux de chômage dans l’Oriental atteint 19,6 %, avec une vulnérabilité accrue pour les jeunes et les femmes
Dans une région marquée par une pression persistante sur l’emploi, le Maroc, appuyé par la coopération belge (ENABEL), s’apprête à lancer une étude structurante visant à réaligner l’offre de formation professionnelle avec les besoins réels du marché du travail dans l’Oriental. Le projet s’inscrit dans le cadre du Programme de coopération bilatéral Maroc-Belgique 2024-2029 et porte sur la réalisation d’une étude régionale d’adéquation formation-emploi, assortie de l’élaboration d’une carte prévisionnelle de l’offre de formation à moyen terme (horizon cinq ans). L’objectif est de doter les acteurs régionaux d’outils d’aide à la décision opérationnels pour orienter les investissements, prioriser les filières et ajuster les contenus pédagogiques aux dynamiques économiques locales.



Le diagnostic de départ est sans appel. Selon les données du Haut-Commissariat au Plan, le taux de chômage dans l’Oriental atteint 19,6%, avec une vulnérabilité accrue pour les jeunes et les femmes. L’économie régionale reste largement dominée par le tertiaire : plus de 54% des établissements relèvent du commerce et près de 30% des services, concentrant ensemble plus de 76% des emplois permanents. L’industrie (11,3%) et la construction (4,7%) demeurent marginales, malgré leur potentiel en compétences techniques. À cela s’ajoute un poids important du secteur informel, qui absorbe une part significative de la main-d’œuvre peu qualifiée, notamment féminine. Ce pan de l’économie, souvent absent des analyses classiques, génère pourtant des besoins spécifiques en compétences techniques, entrepreneuriales et transversales.

Autre signal fort : les compétences les plus recherchées relèvent moins du technique pur que du transversal. La maîtrise des outils bureautiques, la gestion de la relation client et le travail en équipe figurent parmi les profils les plus demandés, en particulier dans le commerce, les services et le tourisme. Or, ces compétences restent insuffisamment intégrées dans les dispositifs actuels, creusant l’écart entre formation et emploi.

Concrètement, l’étude en projet devra produire une cartographie exhaustive de l’offre de formation professionnelle existante (public et privé) dans l’Oriental, un diagnostic consolidé du marché du travail régional, identifiant secteurs porteurs, métiers en demande et métiers émergents, et une analyse des écarts entre compétences délivrées et compétences attendues par les entreprises. Un accent particulier sera mis sur les NEET (ni en études, ni en emploi, ni en formation), les jeunes, les femmes et les populations vulnérables, avec une analyse transversale dédiée au genre, à l’inclusion et à l’accès effectif à la formation.

Le projet prévoit également l’identification priorisée des métiers verts et des compétences digitales émergentes, afin d’anticiper les transformations structurelles du tissu économique régional. À l’issue de ce travail, une carte prévisionnelle de l’offre de formation à cinq ans devra servir d’outil de planification pour les décideurs régionaux, en cohérence avec le Plan de développement régional et les politiques nationales de l’emploi et de la formation.

Au-delà du diagnostic, l’étude ambitionne de structurer des mécanismes de concertation entre institutions de formation, autorités régionales et secteur privé, afin de favoriser l’appropriation des recommandations et leur traduction opérationnelle. L’enjeu est de passer d’une offre de formation fragmentée à une programmation cohérente, alignée sur les besoins économiques réels et capable d’évoluer en continu.

En trame de fond, c’est un changement de paradigme qui se dessine pour la région : faire de la formation professionnelle un véritable levier de développement territorial, plutôt qu’un simple dispositif social, et reconnecter durablement compétences, investissement et création d’emplois. Selon les données du Haut-Commissariat au Plan, le taux de chômage dans l’Oriental atteint 19,6%, avec une vulnérabilité accrue pour les jeunes et les femmes.
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