Menu
Search
Dimanche 21 Juin 2026
S'abonner
close

La GIZ lance un programme de renforcement des capacités pour 200 cadres du secteur de l’eau

Inscrit dans le projet «Territoires Durables – Modes de vie durables et résilients au Maroc», le programme de formation en projet vise à doter les responsables institutionnels marocains des compétences nécessaires pour intégrer les approches de gestion participative et les solutions fondées sur la nature dans leurs pratiques professionnelles.

No Image
Le secteur de l’eau au Maroc fait face à une transformation structurelle de ses exigences en matière de compétences. Changement climatique, pression croissante sur les ressources hydriques, urbanisation accélérée et évolution des cadres normatifs : les cadres des administrations de l’eau sont désormais appelés à dépasser la seule maîtrise technique pour embrasser des compétences en gestion durable, analyse de données, outils numériques, intelligence artificielle et pilotage stratégique. C’est dans ce contexte que l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ), en partenariat avec le ministère de l’Équipement et de l’eau, prépare le lancement d’un programme structuré de renforcement des capacités institutionnelles et opérationnelles à destination de 200 cadres du secteur.

Un ancrage dans la reconstruction post-séisme

Ce programme s’inscrit dans le cadre du projet «Territoires Durables – Modes de vie durables et résilients au Maroc», conçu en réponse au séisme du 8 septembre 2023. Mis en œuvre par la GIZ avec le soutien financier de l’Allemagne et du Danemark, ce projet cible des zones rurales dont les modes de vie sont étroitement liés aux ressources naturelles – eau, sol, couvert végétal – aujourd’hui fragilisées par les effets conjugués du changement climatique et des pressions démographiques. Il repose sur quatre axes : Gouvernance des ressources en eau, Réhabilitation des aménagements hydriques via des solutions fondées sur la nature, Relance économique locale et Diffusion des bonnes pratiques.

Le programme de formation relève précisément de ce quatrième axe, celui de la mise à l’échelle. Son ambition est de capitaliser les enseignements du projet pilote et d’en assurer la réplicabilité à travers le renforcement des capacités des acteurs institutionnels nationaux et régionaux.

Un dispositif de formation en dix sessions

Le programme, dont la mise en œuvre est prévue du 1er septembre 2026 au 30 octobre 2027, sera structuré en dix sessions de formation de trois à quatre jours chacune, à raison d’un minimum de six heures de formation par jour. Ces sessions se tiendront dans les locaux de la Direction Générale de l’Hydraulique à Rabat, avec un effectif estimé à trente participants par session.

Le dispositif se déclinera en deux catégories complémentaires. Des formations générales – au nombre de trois au maximum – prendront la forme de sessions de sensibilisation et de mise à niveau destinées à l’ensemble des publics concernés, portant notamment sur la gestion des risques climatiques, la résilience territoriale et la planification participative. Des formations spécifiques, conçues en fonction des domaines de compétence et des responsabilités de chaque catégorie d’acteurs, approfondiront les thématiques opérationnelles telles que les solutions fondées sur la nature, la police de l’eau, la préservation du domaine public hydraulique et les cadres législatifs et réglementaires. Les bénéficiaires ciblés sont les cadres et responsables des administrations impliquées dans la gestion des ressources en eau, les ingénieurs et techniciens des services hydrauliques, les acteurs des agences de bassin hydraulique, de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF), des collectivités territoriales et du ministère de l’Agriculture.

Intégration institutionnelle et formation de formateurs

Au-delà de l’apport de connaissances, le programme vise l’appropriation durable des approches promues et leur intégration systématique dans les pratiques professionnelles des administrations bénéficiaires. À cet effet, le prestataire retenu sera chargé d’accompagner les participants après les sessions de formation, via un dispositif de suivi à distance, et de travailler avec les niveaux hiérarchiques concernés pour faciliter la traduction des acquis en actions concrètes.

Le programme prévoit, également, la constitution d’un noyau de cadres ressources capables d’assurer le transfert des connaissances au sein de leurs administrations et territoires, selon une approche «formation de formateurs». Les supports pédagogiques produits – présentations, études de cas, guides méthodologiques, outils d’aide à la décision – seront mis à disposition sur les portails institutionnels de la DGH (Direction générale de l’hydraulique), des Agences de bassin et de l’ANEF, dans une logique de pérennisation.

Une exigence transversale de parité

Le programme intègre une dimension genre explicite : le prestataire devra veiller à ce que 30 à 40% des bénéficiaires soient des femmes. Plus largement, l’ensemble des outils et formations devront être adaptés aux besoins des différents publics, en tenant compte du niveau hiérarchique, de l’ancrage territorial – national ou régional – et des vulnérabilités spécifiques.

Un volume de 120 jours-experts

La mission est calibrée à 120 jours-experts au total, répartis entre un chef de projet spécialiste en gouvernance des ressources en eau, deux experts thématiques – l’un spécialisé dans les solutions fondées sur la nature et la gestion écosystémique, l’autre dans la gouvernance du secteur de l’eau au Maroc – et un pool de deux à quatre experts en missions de courte durée couvrant des thématiques complémentaires telles que l’adaptation au changement climatique, les processus participatifs ou les cadres réglementaires. Le programme devra s’articuler avec les initiatives parallèles de renforcement des capacités conduites dans le secteur de l’eau par d’autres partenaires internationaux, notamment l’Agence française de développement, la Banque mondiale et l’Institut international de gestion de l’eau (IWMI), en coordination avec la Direction de la recherche et de la planification de l’eau.
Lisez nos e-Papers