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À Rabat, le football interrogé comme fait social et politique africain

À Rabat, les 15 et 16 janvier 2026, ESSEC Business School – Campus Afrique et Heartbeat of Africa ont réuni chercheurs, journalistes, dirigeants sportifs et acteurs du développement autour d’un constat partagé : en Afrique, le football dépasse largement le cadre du jeu. Intitulées Football for Future, ces deux journées de conférences ont proposé une réflexion collective sur ce que ce sport dit des sociétés africaines, de leurs dynamiques économiques, culturelles et diplomatiques.

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L’événement, premier grand rendez-vous de l’année 2026 pour le Campus Afrique de l’ESSEC, s’inscrit dans un contexte symbolique particulier : celui du dixième anniversaire de cette implantation académique sur le continent. Sans céder au registre commémoratif, les débats ont surtout cherché à interroger le rôle réel du football comme révélateur des mutations africaines contemporaines.

Au fil des échanges, la Coupe d’Afrique des nations est apparue comme un objet central d’analyse. Non plus seulement comme une compétition sportive, mais comme un outil de soft power, un levier de projection internationale et parfois un miroir des tensions internes aux États. Plusieurs intervenants ont insisté sur la manière dont les grands événements sportifs façonnent l’image des pays hôtes, influencent les récits nationaux et interrogent les politiques publiques en matière d’infrastructures, de gouvernance et de sécurité.

Les discussions ont également mis en lumière les enjeux de durabilité, souvent relégués au second plan dans l’organisation des compétitions africaines. Comment penser des événements sportifs qui laissent autre chose que des stades surdimensionnés ou des dettes publiques ? Comment inscrire ces manifestations dans des trajectoires de développement local, social et territorial ? Autant de questions abordées sans faux-semblants, à partir d’exemples concrets et d’expériences de terrain.

Une attention particulière a été accordée au rôle des femmes et des jeunes dans l’écosystème du football africain. Loin des discours incantatoires, les échanges ont souligné les obstacles persistants à leur pleine reconnaissance, mais aussi l’émergence de nouveaux leaderships féminins dans les sphères sportives, associatives et médiatiques. Le football est ainsi apparu comme un espace de lutte symbolique, où se rejouent des rapports de pouvoir plus larges.

En filigrane, Football for Future a posé une question centrale : que peut encore produire le football africain, au-delà de l’émotion collective et de la performance sportive ? Pour les organisateurs, l’enjeu est moins de sacraliser ce sport que d’en faire un objet d’analyse, capable d’éclairer les transformations sociales en cours et les aspirations d’une jeunesse nombreuse, connectée et exigeante.
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