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Chômage des diplômés : l’université ne peut porter seule la responsabilité, selon El Midaoui

Le chômage des diplômés, le rôle de l’université et la question linguistique à l’entrée dans l’enseignement supérieur ont été abordés ce lundi 26 janvier à la Chambre des représentants. Interpellé sur ces sujets, le ministre de l’Enseignement supérieur, Azzedine El Midaoui, a indiqué que l’université ne pouvait être tenue pour seule responsable de l’emploi, rappelant que l’insertion des diplômés reste étroitement liée aux niveaux de croissance économique.

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Intervenant lors de la séance des questions orales tenue ce lundi à la Chambre des représentants, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui, s’est exprimé sur la question du chômage des diplômés. « L’université ne peut pas, à elle seule, être tenue responsable du chômage », a-t-il déclaré, rappelant que l’emploi reste directement lié « aux niveaux de croissance économique et aux besoins réels de l’économie nationale ».

Répondant à une question parlementaire sur l’insertion professionnelle des lauréats, le ministre a insisté sur le fait que cette problématique dépasse le seul périmètre académique. « Même une formation de qualité ne peut produire ses effets si l’économie ne crée pas suffisamment d’opportunités d’emploi », a-t-il souligné, estimant que « faire porter à l’université la responsabilité exclusive du chômage revient à ignorer les contraintes économiques existantes ».



Sans remettre en cause le lien entre formation universitaire et marché du travail, Azzedine El Midaoui a reconnu que « l’économie nationale n’est pas toujours en mesure d’absorber les compétences formées », en raison de limites à la fois conjoncturelles et structurelles. Il a ainsi plaidé pour une approche globale, fondée à la fois sur l’amélioration de l’offre de formation et sur la capacité de l’économie à créer de la valeur et de l’emploi.

Dans ce cadre, le ministre a détaillé les orientations engagées par son département pour renforcer l’adéquation entre l’université et le marché du travail. Il a cité le renforcement des compétences linguistiques des étudiants, la création de nouveaux parcours de formation à fort potentiel en partenariat avec les acteurs économiques, l’adoption de l’alternance, ainsi que la mise en place d’ un système national de formation de l’étudiant. Il a également évoqué la création d’espaces universitaires dédiés à l’employabilité et à l’accompagnement, parallèlement à une restructuration des établissements universitaires pour garantir la qualité de l’enseignement.

Le ministre a par ailleurs annoncé une révision de la carte universitaire, avec la création de « plus de 50 nouveaux établissements universitaires » dans différentes régions du Royaume, dépassant le seuil initialement fixé à 33.



Selon Azzedine El Midaoui, « maintenir un étudiant dans un même territoire, du primaire à l’université, a un impact négatif sur sa construction personnelle » et peut réduire sa capacité d’intégration dans le marché du travail. La politique présentée repose ainsi sur « l’encouragement de la mobilité entre les régions », afin de favoriser « un brassage cognitif, social et culturel plus large ».

Douze ans d’enseignement en arabe et en français, puis le choc de l’anglais à l’université !

Sur le volet linguistique, le ministre a rappelé que « la maîtrise des langues constitue un choix stratégique » pour l’enseignement supérieur, soulignant que « l’anglais est aujourd’hui la langue incontournable de la science et de la recherche ». Il a précisé que l’enseignement des langues étrangères est intégré progressivement tout au long du parcours scolaire, de la sixième année du primaire jusqu’au baccalauréat, parallèlement à l’apprentissage du français dès les premières années.

Concernant les lacunes linguistiques observées chez certains étudiants, le ministre a déclaré : « Il n’est ni logique ni équitable de demander à l’université de corriger, en un temps très court, des déficits accumulés tout au long du parcours scolaire ». Il s’est interrogé : « Comment un élève ayant étudié l’arabe et le français pendant 12 ans, à raison d’environ 2.000 heures, peut-il arriver à l’université avec un niveau insuffisant et exiger que l’université règle seule ce problème ? »

En conclusion, le ministre a rappelé que « la réforme du système est un chantier collectif ». « L’université ne peut agir seule », a-t-il insisté, appelant les collectivités territoriales, les conseils élus et les acteurs économiques à s’impliquer davantage dans le financement, l’accueil et l’accompagnement des étudiants, afin de favoriser l’insertion professionnelle et de soutenir le développement des régions.
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