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Alphabétiser et plus encore

Eneko Landaburu : «L'analphabétisme est un fléau contre la modernité»

Alphabétiser et plus encore
Le taux d'analphabétisme au Maroc est estimé actuellement à 30% de la population âgée de 10 ans et plus contre 38,5%. (Photo : DR)

. L'analphabétisme se combat de différentes façons

. La modernité passera par la réforme de l'enseignement

L'analphabétisme est «un fléau contre la modernité» et la lutte contre ce phénomène est devenue au centre du développement, a indiqué, vendredi à Casablanca, l'ambassadeur de l'Union européenne au Maroc Eneko Landaburu.

La lutte contre l'analphabétisme revêt un caractère pluridisciplinaire notamment politique, social, économique et éthique, a-t-il estimé lors d'un séminaire sur «l'alphabétisation en milieu de travail, un levier de développement pour l'entreprise et les salariés», précisant que l'analphabétisme au Maroc coûterait chaque année 1% du PIB selon une étude financée par l'UE.

Il s'est félicité de la place qu'accorde les autorités marocaines à l'alphabétisation, déclarée une priorité nationale, rappelant que le gouvernement prévoit d'intensifier les efforts d'alphabétisation et de rendre opérationnelle l'Agence pour l'alphabétisation.

Il est fondamental de doter cette agence d'une direction et de représentations locales efficaces et d'un budget à la hauteur des ambitions du pays visant à l'alphabétisation d'un million de bénéficiaires par an, a-t-il souligné, lors de ce séminaire organisé par la direction de la lutte contre l'analphabétisme (ministère de l'éducation nationale) en partenariat avec l'UE et la Confédération générale des entreprises au Maroc (CGEM).

Le travail de pilotage de la stratégie réalisé par la direction de la lutte contre l'analphabétisme doit être complété par un rôle plus actif des autres parties concernées (secteur privé et ministères sectoriels compétents) afin d'éradiquer ce fléau, a-t-il ajouté, précisant que, depuis 2008, l'UE appuie la stratégie du Maroc dans ce domaine à hauteur de presque 20% du budget total annuel.

Il a invité le secteur privé, qui n'a contribué que pour 0,3% à l'effort d'alphabétisation en 2011, à s'impliquer davantage tout en garantissant des apprentissages pérennes et des opportunités d'insertion socioprofessionnelle aux alphabétisés.

Intervenant de son côté, le directeur délégué de la CGEM, Mounir Ferram, a rappelé que le nombre des bénéficiaires des programmes d'alphabétisation est, durant les huit dernières années, en hausse évoluant de 60% entre 2002 et 2011.

De nombreux efforts restent, toutefois, à fournir, a-t-il estimé, soulignant que le programme du gouvernement ambitionne de réduire l'analphabétisme à 20% à l'horizon 2016. Dans cette approche, les salariés en entreprise et les femmes en milieu rural auront la priorité.

Le niveau des compétences de base de la main-d'œuvre a, toujours, été une véritable préoccupation des entreprises d'autant qu'il influe sur l'évolution et le développement des entreprises. D'où l'exigence d'intégrer l'alphabétisation des personnes en emploi dans une démarche de mise à jour des connaissances nécessaires à l'exécution des tâches et des fonctions qui leur sont assignés.

Les changements technologiques et ceux liés à l'organisation du travail exigent des compétences de base différentes (lecture, écriture et calcul), a indiqué le directeur délégué, relevant que les décideurs en entreprise considèrent que les lacunes en compétences de base posent problème et représentent un frein à la réalisation de l'épanouissement de leurs structures.

Le taux d'analphabétisme au Maroc est estimé actuellement à 30% de la population âgée de 10 ans et plus contre 38,5% selon l'enquête nationale sur l'analphabétisme, la non scolarisation et la déscolarisation de 2006 réalisée par le département de l'alphabétisation et de l'éducation non formelle. Ce taux avait été de 43% lors du dernier recensement général de la population et de l'habitat en 2004, a indiqué, pour sa part, le directeur de la lutte contre l'analphabétisme, El Habib Nadir.

Depuis 2004, le pays a adopté une stratégie nationale d'alphabétisation qui s'articule autour de dix axes, à savoir le système d'information, le partenariat, le parrainage, les curricula, la formation des intervenants, la coopération internationale, la mobilisation et la communication, le suivi, le contrôle et l'évaluation et le développement social intégré, a-t-il souligné.

Les programmes d'alphabétisation concernent un nombre croissant de bénéficiaires qui est passé de 286.000 en 2002-2003 à plus de 702.000 au titre de 2010-2011, totalisant ainsi plus de cinq millions de bénéficiaires sur cette période, a révélé Nadir.

En plus de ces réalisations quantitatives, il a été notamment procédé à l'adoption de programmes pour toucher un maximum de bénéficiaires, à l'instauration de dispositifs d'évaluation des apprentissages et de certification des compétences acquises et au lancement d'une réflexion sur les passerelles pour l'insertion des lauréats dans les systèmes formel (éducation) et socioprofessionnel (formation professionnelle). 

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