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Entretien avec Abdellatif Maâzouz, président du Conseil de la région de Casablanca-Settat

Avec sa double casquette, celle de président du Conseil de la région de Casablanca-Settat et celle de président de l’Alliance des économistes istiqlaliens (AEI), Abdellatif Maâzouz a livré dans un entretien accordé à nos confrères d’«Assahra al Maghribia» sa vision pour le développement de la première région du Maroc en termes de contribution au PIB national et sa lecture de la mouvance qui anime aujourd'hui les rangs de sa formation politique.

Entretien avec Abdellatif Maâzouz, président du Conseil de la région de Casablanca-Settat
Abdellatif Maâzouz. Ph. Sradni

Sous le titre de président du Conseil de la région de Casablanca-Settat, M. Maâzouz a affirmé que le Conseil planche actuellement sur une stratégie intégrale et sur les moyens de sa mise en œuvre afin de promouvoir la région. «Lorsque j'ai été élu à la tête de la région, le schéma régional d'aménagement du territoire n'en était encore qu'à ses premières ébauches. J'ai fait en sorte d'accélérer sa réalisation, et au bout de six mois, ce document structurel a pu voir le jour et il a été adopté par le Conseil de la région la semaine dernière. Et aujourd'hui, nous préparons un autre document intitulé plan de développement régional, couvrant une période de six ans. Nous avons des conceptions de projets à même de répondre à l'appel de S.M. le Roi à approfondir la régionalisation et à accélérer son déploiement», a affirmé M. Maâzouz.

«Des projets à même de renforcer la régionalisation»

En matière de promotion de l'investissement, il a indiqué que le Conseil de la région de Casablanca-Settat est en train de s'atteler à la désignation des sites pouvant accueillir des activités économiques au plus près des infrastructures de base et des zones de concentration d'habitat. L'objectif, d'après lui, est que le coût d'implantation de ces activités soit le plus bas possible pour l'investisseur. Quant au problème des déplacements à l'intérieur de la région, M. Maâzouz a souligné que le Conseil de la région s'apprête à déployer des plans pour faciliter la mobilité par le biais de trains ainsi que des connexions routières entre les diverses zones de la région, notamment des routes en milieu rural pour permettre à la population de rejoindre les villes.

Abordant la problématique du grand déficit en eau potable dans la région, M. Maâzouz a indiqué que le Conseil de la région a affecté une enveloppe de 500 millions de dirhams (dont 300 millions de dirhams provenant du ministère de l'Intérieur) pour assurer l'accès des populations des zones rurales à l'eau potable. Tout en exprimant le souhait de parvenir à une solution radicale à ce défi, M. Maâzouz a fait part de projets visant à explorer des réserves d'eau souterraine et à traiter les eaux usées afin de les réorienter vers l'irrigation et, par conséquent, réduire les prélèvements sur les réserves d'eau potable. À la question de la pollution atmosphérique à laquelle la région concourt dans une proportion de 50% au niveau national, M. Maâzouz a souligné que la tendance au Conseil est à encourager les investissements respectueux de l'environnement.

«Istiqlal : des alignements, mais pas de luttes»

Revenant sur le cadre organisationnel de sa formation politique : le parti de l'Istiqlal, M. Maâzouz a fait valoir que la réputation de son parti tient au «débat animé». «Il y a une grande mobilisation qui précède le prochain congrès extraordinaire», a-t-il dit, notant que les fuites qui circulent actuellement sur «la feuille organisationnelle» relèvent de la pure spéculation, dans la mesure où le parti n'a fait aucune communication officielle. Et de poursuivre : «j'étais de l'avis de ceux qui estiment qu'il faut ramener progressivement le nombre des membres du Conseil national à 800 au lieu des 1.400 actuellement».

À la question de savoir si le PI est soumis au jeu des alignements, M. Maâzouz a répondu que de tels alignements existent, mais ne répondent pas à une logique conflictuelle, mais bien à une logique de complémentarité et de renforcement du foyer istiqlalien de l'intérieur. «Il y a plusieurs orientations. L'AEI a sa propre orientation qui diffère de celles des autres membres du parti, et il en va de même pour les députés et les membres du Comité central du PI, qui ont chacun sa propre orientation. Cette diversité des orientations enrichit la pluralité d'opinions et renforce la construction interne du PI», a-t-il dit. Et d'affirmer que l'intensité du débat actuel a diminué et qu'il est certain que la sagesse des dirigeants du parti conduira à l'adoption d'une solution consensuelle qui préservera son unité.

«Inutile de recourir à une loi de finances rectificative»

En sa qualité de président de l'AEI, M. Maâzouz a souligné qu'il est d'avis qu'il n'est pas nécessaire de recourir à une loi de Finances rectificative. «Étant donné que nous sommes dans une situation très particulière où tout évolue rapidement, nous n'avons pas une vue d'ensemble du cheminement de cette crise mondiale», a-t-il indiqué, rappelant que «les responsables gouvernementaux ne cessent de rassurer quant à la pertinence de la loi de Finances actuelle dans la mesure où ils disposent d'une bonne marge et de solutions pour la faire aboutir».
Sur les répercussions de cette crise, M. Maâzouz croit fermement que le Maroc sera en tête des pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord qui en bénéficieront. «Les répercussions positives de cette crise se feront sentir au Maroc dans les prochains mois où l'on assistera à un afflux d'investissements étrangers, notamment dans les domaines de l'industrie et des services», a-t-il assuré.

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