Société

Challenges, incitation à la débauche, propos indécents sur les réseaux sociaux : il faut agir !

Nabila Bakkass Nabila Bakkass ,

Une partie du contenu diffusé sur les réseaux sociaux peut être considérée comme des actes d’outrage public à la pudeur régit par l’article 483 du Code pénal.

Une partie du contenu diffusé sur les réseaux sociaux peut être considérée comme des actes d’outrage public à la pudeur régit par l’article 483 du Code pénal.

L’incitation à la débauche, les images et les propos indécents ou encore les challenges dangereux… des contenus que nous constatons de plus en plus sur les réseaux sociaux et qui donnent l’impression qu’il n’y a plus de limites ou de barrières de déontologie, d’éthique et de décence. N’est-il pas grand temps de prendre les choses en main et d’adapter les lois aux nouveautés imposées par la technologie pour pénaliser ce type d’actes ? C’est plus qu’une urgence, non seulement pour préserver les valeurs de la société marocaine, mais aussi et surtout pour protéger les enfants des risques psycho-sociaux que ces phénomènes peuvent engendrer.

Souvent présentés comme des espaces d’échange et de partage, les réseaux sociaux tendent à devenir plutôt une menace, particulièrement pour les jeunes et les enfants. En effet, des youtubers et des influenceurs cassent toutes les règles, qu’elles soient d’ordre religieux, social ou légal pour gagner des likes et des partages. Ils n’hésitent pas à poster un contenu qui incite à la débauche ou des images et des propos indécents en vue de créer le buzz et gagner de l’argent. Et ça marche ! Le parfait exemple n’est autre que le «Routini alyaoumi». Le phénomène a commencé il y a quelques années avec des femmes qui partageaient sur les réseaux sociaux des recettes de cuisine ou des conseils pour les travaux ménagers. Puis, ce fut le dérapage avec l’indécence, la prostitution digitale et le vulgaire.

Ces femmes gagnent aujourd’hui parfaitement leur vie donnant un mauvais exemple aux jeunes et aux enfants. Mais si le fait de poster une vidéo «Routini alyaoumo» demande un minimum de temps et d’énergie, les choses ne sont pas si compliquées sur d’autres réseaux comme TikTok et Instagram. Il suffit d’avoir un smartphone avec une caméra pour pouvoir publier n’importe quelle vidéo dans un espace numérique non contrôlé. L’on voit aujourd’hui des appels à la violence dans toutes ses formes ou à l’adoption des pensées extrémistes. Des femmes et des hommes qui se présentent comme des experts et qui partagent différents conseils pouvant détruire l’autre. La liste est longue et le phénomène inquiète d'autant plus qu'il touche même l'image du pays.
Contacté par «Le Matin», Mohssine Benzakour, psycho-sociologue, est quasi convaincu que cela conduit à une destruction des valeurs au sein de la société. Ses impacts, ajoute-t-il, sont néfastes particulièrement dans les rangs des plus petits.

Les challenges sur réseaux sociaux, un scandale ?
Parmi les contenus qui séduisent le plus sur TikTok et Instagram figurent les challenges et les défis. Mais si certains peuvent être intéressants, d’autres se révèlent très dangereux. C’est le cas, notamment du «Labello challenge» qui consiste à mettre du baume à lèvre tous les jours et de se suicider une fois le flacon vide. C’est le cas aussi du «Blackout challenge» qui pousse ses utilisateurs à retenir la respiration le plus longtemps possible. Très populaire sur la plateforme, ce concept a déjà fait de nombreuses victimes et de jeunes enfants ont perdu la vie entre 2021 et 2022. Un autre challenge commence à faire parler de lui depuis quelques semaines : le «#ghostprank». Il consiste pour les parents à enfermer leur enfant seul dans une chambre. Ils doivent configurer un téléphone portable pour qu’ils puissent voir la réaction de leur enfant dès qu’un fantôme bleu animé aux yeux rouges apparaît à l'écran. Par peur et innocence, les enfants courent en criant vers la porte. Est-ce amusant de jouer avec les émotions de l’enfant et lui faire vivre une telle expérience aussi terrible ? Mais comment imaginer que des parents, censés protéger leurs enfants, les exposent eux-mêmes à de tels dangers ? Autant dire que la quête du buzz nous fait réellement perdre toutes nos valeurs, y compris celles dites parentales. «Avec ce type de challenges, les petits enfants sont harcelés en public ce qui peut se répercuter très négativement sur leur santé mentale, d’autant plus que tout le monde voit ce harcèlement», regrette Dr Benzakour. Et d’ajouter qu’outre ce challenge, un enfant est exposé à d’autres types de harcèlement sans que son entourage le sache puisque ça se passe entre lui-même et son téléphone. «C’est ce qui explique le fait que l’on constate aujourd’hui l’augmentation des formes de la dépression chez les enfants de manière très précoce», note-t-il. Le problème dans cette affaire c’est que TikTok reconnaît bel et bien ces dangers. Dans un long rapport publié en 2021, l’application indique que 20% des adolescents sont affectés lorsqu'ils sont exposés à des contenus ayant rapport à la mort ou à l'automutilation. Au terme de ses recherches, qui ont duré plusieurs mois, l’application affirme que 32% des adolescents interrogés considèrent qu’il y a «des risques» dans les challenges auxquels ils ont récemment été exposés, mais se sentent tout de même en sécurité. Quelque 17% pensent que ces challenges sont risqués et dangereux, dont 3% ayant opté pour «très dangereux». Pour pallier ces problèmes, TikTok avait annoncé dans ce même rapport une mise à jour de son «Centre de sécurité».

Que dit la loi ?
Maître Mourad Faouzi, avocat au barreau de Casablanca, estime qu’une partie du contenu diffusé sur les réseaux sociaux peut être considérée comme des actes d’outrage public à la pudeur régis par l’article 483 du Code pénal. Ce dernier implique que «quiconque, par son état de nudité volontaire ou par l'obscénité de ses gestes ou de ses actes, commet un outrage public à la pudeur est puni de l'emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 120 à 500 dirhams». L’avocat tient aussi à noter que le législateur a prévu des lois criminalisant tout acte d’exploitation ou de mise en danger des enfants et que des équipes spécialisées ont été créées, que ce soit au niveau de la Direction générale de la sécurité nationale ou des Parquets généraux du Royaume. Ceci dit, «il est possible avec un peu de diligence de siéger les actes précités et de punir les auteurs», déduit notre interlocuteur tout en reconnaissant que le développement technologique empêche, toutefois, l’arrestation des responsables de ces crimes. «Les auteurs profitent, en effet, de la possibilité qu’offrent les réseaux sociaux de disparaître à tout moment du digital», ajoute-t-il. L’expert ne manque pas, à ce titre, de souligner l’urgence pour le Maroc d’avoir des dispositions juridiques modernes et innovantes qui permettent de pénaliser ce type d’actes et empêchent les auteurs de ces actes d'échapper aux mailles du filet de la justice. Pour lui, les nouvelles dispositions devraient faciliter les missions des équipes concernées en vue d’assurer le suivi, l’arrestation et la punition des auteurs de ce type de contenu dans les plus brefs délais.

Une chose est sûre : «On est face à un fléau qui nuit à la société et aux individus, particulièrement les jeunes et si on se laisse faire, c’est comme si on est en train de le booster par notre silence», estime Dr Benzakour. Pour lui, l’État doit prendre les choses au sérieux. Parmi les solutions qu’il propose pour protéger les futures générations il y a le fait d’intégrer dans les programmes scolaires des matières permettant aux enfants de comprendre les dangers des réseaux sociaux. Le plus important, selon l’expert, est que les enfants apprennent à gérer leur temps sur les réseaux sociaux et surtout à ne pas être impactés par tout ce qu’ils voient sur les réseaux sociaux. Les éducateurs et les parents doivent travailler main dans la main pour combattre ce fléau, mais encore faut-il qu’ils n’en soient pas eux-mêmes impactés !
 

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