Économie

Khalid Cheddadi analyse l'impact de la hausse du taux directeur sur les investisseurs institutionnels

Moncef Ben Hayoun Moncef Ben Hayoun,

Khalid Cheddadi, PDG de la CIMR.

Khalid Cheddadi, PDG de la CIMR.

​Selon Khalid Cheddadi, PDG de la CIMR, le relèvement du taux directeur à 2% devrait avoir un effet mécanique sur le bilan des institutionnels de la place et induire, dans l’immédiat, une baisse des réserves représentatives de leur engagement de capitalisation. Les actifs des institutionnels devraient également corriger à la baisse suite notamment à une correction du portefeuille obligataire eu égard au relèvement des taux des Bons du Trésor et un repli du portefeuille Actions dans le sillage de la baisse mécanique des valorisations et de l’arbitrage franc en faveur des produits de taux. Globalement, les investisseurs institutionnels sont aujourd’hui contraints de réexaminer leur allocation d’actifs dans un objectif double de préserver le capital des fonds gérés et ajuster les rendements escomptés à moyen et long terme à la nouvelle réalité des marchés et déterminer avec précision les rendements contractuels qu’ils peuvent offrir à leurs futurs clients.

Le Matin : Comment avez-vous accueilli la décision du Conseil de Bank Al-Maghrib de rehausser le taux directeur à 2% ?

Khalid Cheddadi : La hausse du taux directeur de 50 points de base (pbs) à 2% opérée par Bank Al-Maghrib (BAM) a été assez attendue par les milieux économiques, compte tenu de la poussée inflationniste alimentée par la flambée des prix des matières premières au niveau mondial. En effet, l’indice des prix à la consommation a progressé de 8% en août sur une année glissante, tiré essentiellement par le renchérissement des produits alimentaires et des carburants, selon BAM. Pour la Banque centrale, le trigger de ce relèvement est que cette inflation, bien qu’elle soit importée, a pris une allure de phénomène endogène puisque sa composante sous-jacente a cru de près de 6,6% sur les douze derniers mois.
Il faut dire, à ce titre, que cette hausse marque un changement de cap en termes de politique monétaire puisqu’elle intervient pour la première fois depuis 2008, où la Banque Centrale avait décidé, à cette époque, de relever son taux directeur de 25 pbs pour le porter à 3,50%. Pour la Banque centrale, cette décision s’expliquait amplement par la persistance des effets de transmission de la hausse des prix des produits de base importés et du pétrole sur l’inflation, laquelle se situait autour de 4,5% pour sa composante sous-jacente. L’objectif prioritaire de la politique monétaire étant la stabilité des prix, comme le stipule le Statut de Bank Al-Maghrib, ce dernier n’avait autre choix que de relever son taux directeur afin de juguler le dérapage inflationniste.

Donc c’était attendu, vu la poussée inflationniste au niveau local, mais aussi face au durcissement monétaire mondial...

Oui, avec une inflation mondiale qui atteint des niveaux sans précédent, les Banques centrales se sont trouvées contraintes d’agir vigoureusement pour empêcher un désencrage de l’inflation par rapport aux objectifs de politique monétaire, et ce en dépit des risques de récession que cela pourrait engendrer. Le taux d’inflation a atteint aux États-Unis des niveaux jamais enregistrés depuis le début de la décennie 1980 à 8,3% en rythme annuel, tandis que l’objectif de la Réserve fédérale américaine (Fed) se limitait à une inflation proche de 2% à long terme. Même son de cloche en Europe où le coût de la vie a augmenté en moyenne de 9,1% en 2022. Ainsi, la Fed a décidé, lors de sa réunion de septembre, de relever une nouvelle fois de trois quarts de point de pourcentage la fourchette cible du taux des fonds fédéraux à [3%-3,25%], tandis que la Banque centrale européenne (BCE) a opéré une hausse de ses taux directeurs de 75 pbs tout en prévoyant d’autres augmentations dans le futur.
À ce titre, il faut noter que la hausse du taux directeur arrive en réponse au durcissement monétaire mondial ambiant surtout suite à l’appréciation du dollar vis-à-vis de l’euro, consécutivement à la divergence des rythmes de resserrement des politiques monétaires de la Fed et de la BCE, ce qui se reflète sur le taux de change effectif nominal du dirham.

Quel serait l’impact du relèvement du taux directeur sur les réserves des institutionnels ?

Le relèvement du taux directeur devrait en principe avoir un effet mécanique sur le bilan des institutionnels de la place. En effet, le calcul de leurs réserves représentatives de leur engagement de capitalisation se base sur des facteurs d’actualisation corrélés au taux directeur. Une hausse du taux directeur devrait donc induire, dans l’immédiat, une baisse desdites réserves.
En contrepartie et concernant les actifs des institutionnels, ces derniers devraient également corriger à la baisse suite à deux principaux phénomènes : (i) une correction du portefeuille obligataire eu égard au relèvement des taux des Bons du Trésor et (ii) un repli du portefeuille action dans le sillage de la baisse mécanique des valorisations et de l’arbitrage franc en faveur des produits de taux. Ceci étant, le portefeuille obligataire devrait profiter à moyen et long terme de cette revalorisation à la hausse des rendements obligataires.

En général, quels sont les impacts de cette hausse sur l’épargne et sur les décisions d’investissement au niveau des caisses de retraite ?

En principe, la hausse des rendements consécutive à la révision à la hausse du taux directeur offrirait une meilleure rémunération de l’épargne et devrait inciter les acteurs économiques, qui le peuvent, à épargner davantage surtout dans un contexte inflationniste où les liquidités non investies subissent une érosion de valeur par le simple passage du temps. En contrepartie, dès lors que les taux d’intérêt augmentent, l’accès au financement devient plus difficile et il reviendrait plus cher d’emprunter pour des investisseurs, ce qui risque de ralentir la croissance économique. L’évolution des taux d’intérêt induit un impact direct ou indirect sur tous les types d’instruments financiers, que ce soit les actions, les obligations ou encore les placements immobiliers en raison des effets d’arbitrage que cela peut engendrer entre les différentes classes d’actifs.

La réaction des gestionnaires institutionnels peut différer selon les engagements financiers des uns et des autres ainsi qu’en fonction des rendements escomptés à moyen et long terme. En tout état de cause, les investisseurs institutionnels sont aujourd’hui contraints de réexaminer leur allocation d’actifs dans un objectif double : d’une part, préserver le capital des fonds gérés qui peut subir des effets d’érosion monétaire ou de dépréciation des valeurs dans un scénario de hausse persistante des taux d’intérêt, sachant que le marché marocain n’offre pas d’instruments financiers indexés sur l’inflation ce qui rajoute une difficulté supplémentaire pour les opérateurs du marché financier marocain. D’autre part, ajuster les rendements escomptés à moyen et long terme à la nouvelle réalité des marchés et déterminer avec précision les rendements contractuels qu’ils peuvent offrir à leurs futurs clients. Il me semble qu’actuellement, l’ensemble des caisses de retraite, y compris la CIMR, est en phase de redéfinir les paramètres de leur Asset Allocation afin qu’elle puisse refléter de manière objective la situation actuelle des marchés financiers ainsi que la rentabilité réelle escomptée pour chaque segment. Il n’en demeure pas moins que cela pourrait avoir des répercussions plus ou moins importantes sur la stratégie d’investissement et donc des réajustements d’allocation seraient en vue. 

<< Lire aussi : Hausse du taux directeur et perspectives économiques sombres pour le Maroc (Bank Al-Maghrib)

<< Lire aussi : Jouahri promet de surveiller les taux d'intérêt appliqués par les banques

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