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Ryad Mezzour sur la souveraineté industrielle : «nous ne sommes plus les naïfs de la mondialisation !»

Invité de l’émission «L’info en face», le ministre de l'Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, a livré son point de vue sur plusieurs sujets d’actualité et d’autres dossiers qui relèvent de la compétence de son département. En six phrases, voici ce qu'il faut retenir de son intervention : «On ne peut pas juger un gouvernement sur les résultats de cent jours», «Croyez-vous que cela nous amuse de dire aux Marocains de rester chez eux ?», «On considère que la fermeture des frontières est un moindre mal», «Qui dit que je privilégie le protectionnisme ?», «En matière de souveraineté industrielle, The sky is the limit», «La taxe carbone est la meilleure des choses qui puisse nous arriver».

Ryad Mezzour sur la souveraineté industrielle : «nous ne sommes plus les naïfs de la mondialisation !»
Ryad Mezzour, ministre de l'Industrie et du Commerce. Ph : Sradni

Souveraineté industrielle, sanitaire et technologique : «The sky is the limit»

«Nous avons fixé un premier objectif de 34 milliards de DH de substitution plus 17 milliards de DH d’export, soit plus ou moins 51 milliards de substitution à l’horizon 2023. Aujourd’hui, avec les projets qu’on a entre les mains, on est déjà à 96 milliards», fait savoir Ryad Mezzour, précisant que 90% du capital investi dans les projets de substitution est marocain. Mais les ambitions du Maroc en matière de souveraineté industrielle, sanitaire et technologique sont beaucoup plus grandes, voire illimitées, soutient le responsable. «The sky is the limit (le ciel est la limite)», lance-t-il.

Dans le cadre de cette quête de souveraineté, le ministre a été interpellé sur la carte du protectionnisme que joue le Maroc en révisant certains accords de libre-échange et en prenant des mesures pour rattraper les déséquilibres qui portent atteinte à la production nationale. Un protectionnisme qui freinerait les importations et qui dissuaderait les investisseurs.

«Nous ne freinons pas les importations, c’est une erreur de perception ! C’est juste que nous ne sommes plus les naïfs de la mondialisation», se défend-il.

«Le Maroc n’a pas de problème de devises pour le moment, il sert un marché de 2 milliards de personnes, il est en train de s’équiper, d’attirer les investisseurs et va créer 400.000 emplois pour pouvoir livrer tous ses marchés… Pourquoi diable voulez-vous qu’il perturbe cet équilibre ?», martèle-t-il. «Et puis qui dit qu’on privilégie le protectionnisme ? Vous voulez que n’importe quoi puisse rentrer au Maroc ? Je vous rappelle qu’en tant que ministre du Commerce, je suis également en charge de protéger le consommateur marocain. Je ne fais que pratiquer la réciprocité et je fais en sorte que ce qui rentre au pays respecte des normes. C’est aussi simple que ça», insiste-t-il.

Énergie propre : le prix de 50 centimes le kWh pour bientôt

L'objectif fixé par le nouveau modèle de développement, qui est de baisser le coût de l'énergie pour les industries à 0,5 DH/kWh, sera atteint dans quelques semaines, annonce Ryad Mezzour. «On commencera par l’industrie automobile et ensuite on va déployer aux autres industries», ajoute-t-il.

Pour lui, la taxe carbone instaurée par l’Union européenne est la meilleure chose qui puisse nous arriver. «C’est une opportunité exceptionnelle pour le Maroc et nous sommes prêts. Nous n’avons pas tout décarboné mais nous y travaillons», affirme-t-il, mettant en avant les efforts du Royaume dans ce sens et l’énorme potentiel qu’il a développé en entamant, très tôt et sous la conduite de Sa Majesté, un processus de développement durable auquel peu de monde croyait. «Aujourd’hui, on y est arrivé à un moment où le monde entier a pris conscience de cette nécessité-là. Le Maroc est un bon élève en matière climatique et nous avons l’un des plus beaux potentiels, si ce n’est le plus beau potentiel au monde, en termes de production d’énergies renouvelables», détaille-t-il.

Autre atout, cite le responsable, c’est la plateforme industrielle marocaine qui est assez récente et a été construite en respectant les règles de l’efficacité exégétique et environnementale. «Nous avons une industrie plus ou moins propre par rapport à d’autres», avance-t-il.

À cela s’ajoutent tous les efforts en cours pour réorienter la production d’énergies renouvelables actuelles et futures vers l’industrie. «Cette énergie propre va surtout servir à compenser le stress hydrique, car le plus important enjeu des énergies renouvelables est la production de l’eau», souligne-t-il.

La fermeture des frontières, «un moindre mal»

«Croyez-vous que cela nous amuse de dire aux Marocains “vous restez chez eux” ? Vous croyez que l’on fait cela de gaité de cœur ? Nous sommes obligés de faire des arbitrages entre la santé des Marocains et les impacts socio-économiques», s’écrie le ministre, assurant que le risque de se retrouver dans la même situation de crise que le pays a traversée auparavant reste présent. «On considère que c’est un moindre mal qui permet aussi de garder une certaine liberté de mouvement à l’intérieur du pays. Pour ceux qui ont des difficultés, en fonction des moyens que nous pouvons mobiliser, nous sommes là pour eux et pour les aider», assure-t-il.

Selon lui, le Maroc n’a pas été «trop mal» pour ce qui est de la gestion de la crise Covid, aussi bien sur le plan sanitaire que sur les plans économique et social en comparaison à d’autres pays.

Ryad Mezzour estime que sur le plan socio-économique, le Maroc tire bien son épingle du jeu. «Nous avons récupéré les emplois détruits pendant la crise à plus de trois tiers en moins d’un an», se réjouit-il. Et bien que le pays n’ait pas encore récupéré les IDE (investissements directs étrangers) perdus pendant la crise, il estime que la situation est engagée dans un trend positif. «Dans un monde où les chaînes de valeurs et les investissements se replient au niveau régional, je pense qu’on tire bien notre épingle du jeu», avance-t-il.

Le responsable a par ailleurs rejeté les analyses qui parlent d’un manque de visibilité pour les investisseurs étrangers, une des conséquences de la fermeture des frontières.

«Le Maroc est l’une des bases industrielles les plus compétitives au monde. Aujourd’hui, le Royaume est dans tous les radars grâce aux stratégies déployées sous le suivi effectif de S.M. le Roi», affirme-t-il. «La pandémie a permis de démontrer au monde qu’on est capables de tout faire», soutient le ministre.

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