Économie

Pas de scénario pessimiste pour l’économie marocaine en 2022 (rencontre APD)

Abdelhafid Marzak Abdelhafid Marzak,

Pas de scénario pessimiste pour l’économie marocaine en 2022 (rencontre APD)

Dans l’absolu, le Maroc court peu de risques de replonger dans de nouvelles contraintes sanitaires drastiques. 2022 s’annonce donc sans réel danger pour les secteurs qui ont tenu le coup jusqu’ici. Pour les autres, qui ont été frappés de plein fouet par la crise, comme le tourisme, il devient plus que jamais urgent d’agir et de mettre sur la table des solutions radicales. À défaut, les professionnels de ce secteur menacent de fermer boutique et de licencier jusqu’à 80% de leur personnel en CDI.

Quelles perspectives pour l’économie marocaine en 2022 ? Le Maroc fait face à deux scénarii économiques possibles. «Le premier, noir, mais moins plausible, est celui de l’arrivée d’une nouvelle vague de contaminations à la Covid», indique Yasser Tamsamani, économiste et professeur universitaire qui intervenait, jeudi 13 janvier à Casablanca, lors d’une rencontre sur le thème «Entreprendre en 2022 : regards croisés», organisée par l’Association pour le progrès des dirigeants (APD). Avec les contraintes sanitaires que cela impose, l’économie marocaine aurait du mal à surmonter les effets d’une telle vague. Pourquoi ? La première raison, souligne cet économiste, est qu’il serait difficile de mobiliser les travailleurs de première et deuxième ligne dont les efforts lors de la première vague n’ont pas été valorisés. «Comment les mobiliser alors qu’ils ont souffert d’une totale ingratitude», s'interroge Tamsamani. La deuxième raison avancée par l’intervenant est que «les programmes de prêts garantis mis en place n’ont pas été suivis par des évaluations de ces dispositifs pour rectifier, si besoin, le tir. On ne sait donc pas si ces initiatives ont eu l’effet souhaité». 

Le deuxième scénario dans lequel pourrait se retrouver le Maroc, plus plausible, est celui de l’absence d’une nouvelle vague de contaminations étendue et, par conséquent, l’abandon des restrictions sanitaires. Dans ce scénario, les analystes qui s’intéressent aux perspectives 2022 et 2023 dans le monde craignent 3 choses, selon Tamsamani. Premièrement, l’inflation durable qui entraînerait des réclamations d’augmentation des salaires qui se traduit par de l’inflation. «Nous sommes loin d’avoir cette éventualité au Maroc», rassure d’emblée l’invité de la rencontre. Deuxièmement, le risque de retournement de la politique budgétaire qui induirait une augmentation des taux d’intérêt, mettant à genoux les économies émergentes. Troisièmement, l’horizon au terme duquel les ménages vont débloquer leur épargne qu’ils ont accumulée pendant la crise. Et justement au Maroc, les ménages ont souffert de la crise et leur épargne a été impactée.

La tendance au Maroc est à l’opposé de ce qui se passe ailleurs

En effet, souligne cet économiste, la tendance observée au Maroc est à l’opposé de ce qui s’est passé en Europe et aux États-Unis. Dans ces régions, l’endettement des ménages et des entreprises a baissé en 2020. Et pour cause, lorsqu’il y a crise économique, les entreprises commencent à se désendetter afin de s’endetter et se préparer à la reprise. «Le gros du coût de la dette de la crise en France, par exemple, a été supporté par l’État. La dette publique a augmenté entre 13 et 15 points de PIB en 2020 contre 10 points de PIB au Maroc. Ce qui veut dire que le Maroc n’est pas assez intervenu pendant la crise. Par ailleurs, le taux d’épargne en Europe et aux États-Unis a augmenté pendant la crise», relève Tamsamani. Au Maroc, c’est une autre histoire.

D’abord, «nous avons constaté une décélération de l’endettement des ménages et des entreprises, mais le stock de dettes a continué à augmenter. Le poids de la dette sur le PIB a donc augmenté, puisque ce dernier a baissé en parallèle du fait de la crise. Cela veut dire que les ménages et les entreprises se retrouvent dans une situation affaiblie. Le taux d’épargne, lui, a baissé, car, en gros, pour faire face à la crise, les agents économiques (ménages et entreprises) ont dû soit s’endetter soit puiser dans leur épargne».
Autre point de divergence avec les économies d’Europe et des États-Unis, les créances en souffrance et le nombre d’entreprises qui ont fait faillite ont tous les deux baissé. «Il y a deux fois moins de faillites d’entreprises en France, par exemple, pendant la crise que l’année qui a précédé. Au Maroc, c’est tout l’inverse qui s’est produit : +14% de créances en souffrance sans parler des faillites. Donc, le Maroc aborde l’année économique avec des agents économiques en difficulté», explique Tamsamani.

Tourisme, des solutions radicales s’imposent

Dans le tourisme, l’optimisme est également de mise. «Nous abordons 2022 avec beaucoup d’espoir. Nous pensons que vers la mi-février, à l’occasion de la Saint-Valentin, les frontières avec certains pays, au cas par cas, vont être ouvertes de nouveau et, peut-être, en mars, les frontières vont être définitivement ouvertes puisque la courbe Omicron aura baissé. Nous pensons que la reprise ne sera possible qu’en avril-mai. C’est le meilleur scénario et qui va, tout de même, mettre 40% des entreprises de transport touristique, principalement des TPE, en faillite», indique Othman Cherif Alami, président du CRT Casablanca-Settat.

Les professionnels menacent de fermer leurs hôtels et de licencier 80% de leurs personnels en CDI

Il faut dire que la situation est catastrophique pour le secteur. Quelque 20% des hôtels, auberges et Riads dans des villes comme Marrakech et Fès sont déjà fermés. Il y a aussi de grands hôtels qui ont massivement investi dans les années 2017, 2018 et 2019, et qui ont des remboursements annuels à honorer de 50 à 60 millions de DH. Ceux qui n’ont pas obtenu de reports d’échéances de leurs banques sont en train de chercher des repreneurs pour éviter la faillite. En attendant, souligne Alami, à Marrakech, par exemple, 75 à 80% des hôtels sont fermés. La situation est telle que, et c’est une première, les industriels de Marrakech ont envoyé une lettre à la fédération de l’industrie hôtelière prévenant que s’ils n’avaient pas de visibilité avant fin janvier, ils seraient dans l’obligation de fermer leurs établissements jusqu’à fin avril et de licencier 80% du personnel permanent qui dispose de CDI. Une crise sociale s’annonce à tous les niveaux !
Le lobby du secteur, lui, peine à décrocher des avantages pour sauver le Tourisme, mais réussit tout de même de temps à autre de petites avancées. C’est ainsi que les professionnels du transport touristique terrestre ont obtenu de la Commission des finances, avec l’accord de la commission des impôts, de Bank Al-Maghrib, du Trésor, de payer toutes les taxes dues pour 2020, 2021 et 2022 sans pénalité et sans recours à la justice à condition de payer le principal dû, au plus tard, le 31 décembre 2022. «Le problème c’est que l’activité est toujours à l’arrêt en ce début de 2022», souligne le patron du CRT de Casablanca-Settat.

Pour sortir de la crise, Alami propose des solutions radicales. «Ouvrez les frontières et nous sommes prêts, en tant que professionnels du tourisme, à accueillir des succursales de laboratoires dans nos établissements hôteliers pour faire les tests rapidement ! Nous sommes aussi disposés à mettre à la disposition de l’ONDA, à titre gracieux, une vingtaine d’employés, pour aider à accueillir, chaque jour, les touristes à l’aéroport et les accompagner, dans plusieurs langues étrangères, pour effectuer leur dépistage», lance-t-il. Par ailleurs, le patron du CRT de Casablanca-Settat propose de revoir à la baisse l’objectif de touristes à l’horizon 2025 : 15 millions au lieu de 20. En contrepartie, il préconise de faire augmenter de 630 à 850 dollars les dépenses par touriste. «À ce niveau de dépenses, l’industrie générerait un chiffre d’affaires annuel de 120 milliards de DH», explique Alami, un niveau similaire à ceux des transferts MRE (Marocains résidant à l'étranger) et des exportations automobiles combinés.

Pour sa part, Ali Oukacha, PDG Alia Pêche, affirme que le Maroc peut mieux faire, à condition d’avoir un projet de société d’abord. «On a l’impression qu’il y a un développement et une machine économique qui tourne mais qu’il y a un malaise. La courroie de distribution qui doit impacter le chef d’entreprise, grince un peu», partage-t-il. La solution, selon ce patron, «la préservation des acquis. Pour chaque segment de l’économie, il faut voir dans quelle mesure il est possible de le protéger». Décentraliser l’investissement, essayer d’impliquer les collectivités locales et développer les secteurs qu’il est urgent de développer, limiter l’informel et impliquer tous les acteurs dans le processus de prise de décision sont autant de conditions à remplir pour une relance économique pérenne. 

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