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Sécheresse, relance post-Covid, guerre en Ukraine : comment le gouvernement peut enrayer la spirale de la hausse des prix

Hicham Oukerzaz Hicham Oukerzaz,

Sécheresse, relance post-Covid, guerre en Ukraine : comment le gouvernement peut enrayer la spirale de la hausse des prix

À peine le monde entamait-il sa reprise post-Covid, qu'une série de facteurs particulièrement exceptionnels sont venus perturber la fragile convalescence de son économie. Comme si le bouleversement des chaînes d'approvisionnement mondiales, couplé à une forte demande mondiale pour certaines matières premières ne suffisait pas, la sécheresse et l'offensive militaire russe en Ukraine ont encore compliqué la situation pour des pays comme le Maroc en faisant grimper les prix du pétrole et du blé et en précipitant les prévisions de reprise économique dans une spirale d'incertitude. En conséquence, le gouvernement marocain, tout comme plusieurs autres gouvernements, est à présent appelé à réagir aux imprévus et à adopter des programmes de première urgence pour lutter contre les effets de la sécheresse et de la flambée des prix des carburants et de certaines matières premières, sans oublier les actions qu'il doit mener pour endiguer les effets de la pandémie de la Covid sur plusieurs pans de l'économie nationale, notamment le tourisme.

Un malheur ne vient jamais seul. Voilà un dicton qui retrouve toute sa signification dans la conjoncture actuelle. En cette période de marasme économique dû à la pandémie, la sécheresse et un contexte géopolitique international extrêmement préoccupant viennent compromettre les espoirs d’une reprise post-Covid à brève échéance. Après avoir cassé sa tirelire pour dégager des fonds destinés à atténuer les effets de la sécheresse aiguë actuelle, le gouvernement marocain s'apprête à subventionner certains professionnels comme les transporteurs routiers (avec lesquels une réunion est prévue en ce début de semaine) ainsi que certains produits pour soutenir le pouvoir d'achat des citoyens. Pour tenter d'identifier les axes sur lesquels le gouvernement peut agir pour bien négocier cette passe difficile, «Le Matin» a interrogé les économistes Nabil Adel, Taïb Aisse et Lahoucine El Ferouah qui passé en revue la marge de manœuvre du cabinet de Aziz Akhannouch.

Nabil Adel : «Il ne sert à rien de contrôler les prix, le gouvernement doit s'assurer que la concurrence joue pleinement»


Pour tout gouvernement, il y a des choses qui tombent sous son emprise, et d'autres qui lui échappent. «Nous avons, dans ce mouvement des prix au niveau international, une dimension qu’il ne maîtrise pas. C'est un mouvement général dû à plusieurs facteurs. Sur ce point, malheureusement, il n'a pas grand-chose à faire et sa marge de manœuvre est fortement réduite», estime M. Adel. Toutefois, indique cet économiste, «il y a d'autres choses qu'il peut faire pour réduire à terme l'impact de cette hausse pour une partie de la population, notamment les plus démunis. À cet égard, le gouvernement peut recourir à plusieurs mécanismes».

«Premièrement, il doit y avoir une mobilisation pour contrôler la concurrence. Non pas un contrôle des prix. En d'autres termes, le gouvernement n'a aucun intérêt à plafonner les prix, contrairement à ce que l'on entend ici et là, car c'est une mesure inutile si les coûts vont continuer à augmenter. Si on plafonne les prix, on ne fera que casser des acteurs économiques», dit M. Adel. Néanmoins, souligne-t-il, «le gouvernement doit s'assurer que la concurrence joue à plein et qu'il n'y a pas d’entente sur les prix. Nous devons veiller à ce que les acteurs économiques ne s'entendent pas sur les prix pour imposer ce qu'ils veulent aux consommateurs. Les mécanismes du marché doivent continuer à opérer dans cette conjoncture difficile. Si le Marocain doit payer 1 dirham, alors il doit payer 1 dirham, mais pas 1,20 ou 1,30 dirham, à cause d'un jeu d'entente entre acteurs. C'est la première action, de nature institutionnelle, qu’il faut entreprendre».
La deuxième décision à prendre, selon M. Adel, «est l'activation des aides directes». «Inutile de revenir à la compensation telle que nous l'avons connue, car c'est un système injuste, dans la mesure où il profite aux pauvres comme aux riches, aux particuliers comme aux entreprises». «Il faut maintenir la liberté des prix sur les marchés, mais orienter les subventions vers les personnes les plus défavorisées et nous avons vu pendant la crise de la Covid que le gouvernement était capable de le faire. Lorsque nous avons voulu distribuer des aides directes même aux personnes qui n'étaient pas inscrites à la CNSS, nous avons réussi à le faire en un temps record», affirme l’économiste.
Sur le plan monétaire, M. Adel pense qu’«on a trop tiré sur la baisse des taux au point de déclencher l'inflation, ou du moins d'en faire le lit. «Nous avons trop encouragé le crédit à la consommation et la relance par le crédit, mais aujourd'hui ce sont des choses à modérer. Nous devons ralentir la machine de distribution du crédit. Malheureusement, cela aura un effet récessif, mais nous empêcherons, en revanche, l'inflation de s'installer. Une fois que l'inflation s'installe et commence à spiraler, il devient très difficile de l'arrêter», met en garde l’économiste Nabil Adel.

Taïb Aisse : «Le gouvernement peut plafonner, non pas les prix, mais la marge bénéficiaire de ces compagnies pétrolières»



Face à cette conjoncture délicate, le gouvernement peut actionner des leviers internes et externes, explique l'économiste Taïb Aisse. «Pour les leviers externes, le gouvernement doit d'abord superviser les compagnies concernées pour qu'elles achètent les carburants au meilleur prix, car au niveau international, il n'y a pas un seul prix mais plusieurs. Si on achète au meilleur prix, on est déjà gagnant à ce niveau-là», affirme-t-il. Deuxièmement, poursuit M. Aisse, «il faut diversifier les acheteurs. Actuellement, nous avons deux ou trois compagnies qui achètent les carburants et les revendent à d'autres. Donc si elles achètent à un prix élevé, cela se répercute sur tout le monde. Il est donc nécessaire d'augmenter le nombre de compagnies qui se procurent à l'étranger».
Troisièmement, toujours de l’avis de l'économiste, «nous devons augmenter la capacité de stockage des carburants du Maroc. Aujourd'hui, nous avons un stock stratégique de deux mois, ce qui est peu rassurant en termes de sécurité énergétique. Nous devons donc porter ce stock stratégique à six mois ou plus. Pour cela, le gouvernement doit obliger les entreprises qui détiennent un monopole sur le marché à disposer d'un stock stratégique», affirme M. Aisse en citant dans ce sens l'exemple du stock stratégique de céréales, constitué par les opérateurs privés et géré par l'Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses (ONICL). Et d’expliquer qu’«avoir des stocks stratégiques de six mois ou plus permet de gérer toute augmentation des prix à l'international et donc de créer une sorte d'amortisseur ou de matelas de sécurité qui permettra de supporter les chocs externes et, par conséquent, de ne pas subir leurs effets sur le coup et de disposer d'une marge de manœuvre pour les surmonter».

Par ailleurs, poursuit M. Aisse, et au niveau interne, le gouvernement dispose de plusieurs leviers pour contrôler les prix. «Il y a le département chargé du contrôle des prix, qui dépend du ministère de l'Économie et des finances. Ce département doit contrôler les prix au niveau local et s'assurer qu'ils sont bien corrects et qu'il n'y a pas de dérapage à ce niveau», dit-il. «Un autre levier que le gouvernement peut actionner consiste à plafonner les marges bénéficiaires des sociétés qui distribuent les carburants. Le Maroc a libéralisé les prix des carburants sans mettre en place de mécanismes de régulation. Le gouvernement peut donc plafonner, non pas les prix, mais la marge bénéficiaire de ces compagnies. La marge actuelle qui est d'environ 1,50 dirhams peut être ramenée à un niveau correct», ajoute l’économiste. «Le gouvernement doit également mobiliser le Conseil de la concurrence, qui doit faire son travail de contrôle des prix et s'assurer que la concurrence est pure et parfaite et que les entreprises ne se livrent pas à des pratiques anticoncurrentielles, en particulier l’entente sur les prix», affirme M. Aisse qui voit que cette combinaison d'actions peut être rapidement mise en place pour atténuer l'impact de cette flambée des prix mondiaux.

Pour autant, et sur le long terme, l'économiste estime que le Maroc se doit d'augmenter ses investissements dans les énergies renouvelables. «Ces énergies se révèlent rentables dans une conjoncture marquée par la flambée des prix du pétrole. C'est aussi une opportunité pour ouvrir l'investissement au secteur privé marocain et étranger pour qu'il se lance dans ce domaine afin de réduire notre dépendance énergétique aux énergies fossiles», soutient-il. De même, M. Aisse juge qu'il est nécessaire de renforcer les mécanismes d'économie d'énergie. «Il faudra mener une réflexion sérieuse pour lutter contre les formes de gaspillage d'énergies et réduire le coût de notre facture énergétique. Tout comme l'eau qui est en train de se raréfier, il convient également de mettre en place des programmes destinés à économiser l'énergie dans les secteurs public et privé», analyse l’économiste.

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Entretien avec Lahoucine El Ferouah, économiste et professeur universitaire

«Face à la crise, le gouvernement doit trouver des mesures novatrices dans le cadre de la politique budgétaire et monétaire»

Le Matin : Quelle est selon vous la marge de manœuvre du gouvernement pour faire face au surcoût engendré par la conjoncture internationale ?
Lahoucine El Ferouah : Tout d'abord, il faut noter que malgré la conjoncture économique mondiale défavorable engendrée par la persistance des incidences négatives de la Covid-19 et du conflit politique russo-ukrainien qui a pris une tournure militaire, les perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales et, par conséquent, la flambée généralisée des prix à l'échelle internationale, le taux d'inflation qui mesure l'évolution des prix au Maroc reste relativement maîtrisé au-dessous de 2% jusqu'à présent, selon les chiffres extraits du Haut-Commissariat au Plan. Or cette crise qui n'épargne pas le Maroc, comme c'est le cas pour la majorité des pays, a un impact sûr et certain. En fait, le Maroc a importé en 2021 depuis l’Ukraine, son principal fournisseur du blé, et de la Russie un certain nombre de produits de première nécessité, y compris le blé, le maïs… De même, il a exporté des agrumes, des fruits, du sucre brut et raffiné, des pièces pour voitures et des véhicules de tourisme... Ce constat montre à quel point le Maroc sera touché, ne serait-ce que dans une mesure restreinte, par cette crise.
L'autre donne tient à la monnaie russe, qui s’est fortement dépréciée face au dollar. Les importations russes en provenance du Maroc, notamment les agrumes (33% sont exportés vers ce pays) deviennent donc chères. Ce qui limitera les exportations marocaines vers la Russie. Face à cette situation inédite, les marges de manœuvre du gouvernement marocain se rétrécissent de plus en plus, surtout avec un horizon flou caractérisé par un manque de visibilité sur l'avenir de cette crise russo-ukrainien.
Le Maroc a un stock stratégique de blé qui couvre 5 mois, sans compter les réserves toujours disponibles auprès des agriculteurs marocains, et dispose d'un large choix des débouchés surtout auprès de ses principaux partenaires commerciaux de l'union européenne, comme la France. Mais, le problème réside dans le coûts d'achat du blé et des grains qui ne cesse de grimper dépassant 310 dollars la tonne, dans un contexte national marqué par une sécheresse sans précédent depuis les années 1980.
En outre, le Maroc ne produit pas le pétrole et le gaz, ce qui va impacter négativement le déficit commercial avec la montée en flèche probable de sa facture énergétique, déjà lourde. Cette facture sera alourdie davantage par l'arrêt unilatéral par l'Algérie du Gazoduc Maghreb-Europe depuis novembre dernier et qui expédie vers l'Europe environ 10 milliards de mètres cubes du gaz, dont 7% de droit de passage pour le Maroc. Sans négliger bien évidemment les coûts du transport qui devraient davantage augmenter dans les prochains jours. Cette flambée des prix à l'échelle mondiale risquera d'effriter légèrement les réserves en devises qui s'élèvent à 332 milliards de dirhams, qui couvrent 7 mois des échanges extérieurs, en cas de paiement en dollars.

Quels leviers le gouvernement peut-il actionner pour atténuer l'impact de la hausse des prix sur les citoyens ? comment et où trouver les ressources financières ?
La gestion de la crise actuelle dans ses différentes dimensions sanitaire, économique, sociale et politique, nécessite des mesures draconiennes de la part des pouvoirs publics marocains. Ces derniers sont censés innover avec des actions et des mesures dans le cadre de la politique budgétaire et monétaire. Entre autres, nous citons des subventions directes et des aides ciblées au profit des professionnels du transport et de la logistique pour maintenir les prix à des niveaux raisonnables afin d’atténuer l’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat et la consommation des ménages. Bien qu’il n’ait pas le moyen d’intervenir par la Caisse de compensation après la libéralisation en 2015 des produits pétroliers, le gouvernement marocain tentera de préserver l’équilibre par une taxation modérée des distributeurs et, pourquoi pas, revoir la structure des impôts qui constituent 37% du prix du gasoil (10% de TVA en plus de la taxe intérieure de consommation).
Pour les prix des produits réglementés et ceux des produits subventionnés, tels que le gaz butane, le sucre et le blé tendre, ils doivent être maintenus à leurs niveaux dans le cadre de la Caisse de compensation, dont le budget au titre de la loi de Finances de l'année en cours est de l'ordre de 17 milliards de dirhams. Quant au recours au plafonnement des prix des produits pétroliers, sa mise en œuvre pose des problèmes et, par conséquent, je ne le vois pas figurer dans la liste des décisions à venir.
Néanmoins, le gouvernement a entre les mains l'outil de contrôle des marchés des produits de base à la vieille du mois sacré du Ramadan pour suivre l'approvisionnement et éviter toute spéculation portant sur les produits de grande consommation. Aussi, il faut continuer à assortir les stratégies nationales de relance par l’investissement d’une dimension territoriale et y faire participer les acteurs locaux et territoriaux (cas du programme Awrach) pour réduire le taux de chômage qui a atteint plus de 11,8% l'année dernière. Dans le même sens, il faut absolument diversifier les canaux d'approvisionnement en matières premières nécessaires afin d'éviter toute éventuelle perturbation en cas de prolongement du conflit en Ukraine. Par conséquent, la constitution d'un stock stratégique de produits alimentaires de base, sanitaires et énergétiques est de première importance.
Sur le volet de la politique monétaire, il faut renforcer l'appui au financement des cycles d'investissement et d'exploitation des entreprises, et rééchelonner les crédits (Oxygène et Relance) pour celles en difficulté. Bien évidemment, d'autres mesures doivent être prises en fonction de l'évolution de la conjoncture nationale et internationale, y compris l'intervention de Bank Al-Maghrib pour durcir sa politique monétaire, jugée jusqu'à présent accommodante avec un taux directeur historiquement bas de 1,5%, au cas où le taux d'inflation dépasserait 3%.

Quel pourrait être l'impact de ces choix sur les finances publiques à court et à moyen terme ?
Avec ce niveau élevé des prix, l’achat du blé et du gaz devrait peser lourdement sur le budget de l’État, précisément les dépenses de compensation et, partant, contribuer au creusement du déficit budgétaire au-delà du taux de 5,9% du PIB prévu en 2022, tolérable dans cette conjoncture économique défavorable. Si la situation s'améliorait pas dans les prochains mois, le gouvernement aurait, dans le cadre de la loi de Finances actuelle, la possibilité de couper 15% du budget d'investissement sans recourir à la rectification de la loi de Finances de 2022, en se référant à loi organique 130-13, mesure que je ne préconise pas actuellement.
De plus, l’endettement du Trésor public peut dépasser probablement la barre de 78% du Produit intérieur brut, ce qui va se répercuter négativement sur le service (intérêt) de la dette, qui appartient aux dépenses de fonctionnement de l'État et avoisine les 30 milliards de DH en 2022. À notre sens, il n'y a pas de place pour une politique budgétaire d'austérité et le gouvernement ne devrait pas arrêter les investissements publics qui s'élèvent à 245 milliards de dirhams en 2022, ainsi que les projets structurants tels que la généralisation de la couverture sociale et le plan d'urgence relatif à l’eau, maintenant ainsi les actions de la politique de relance d'après la Covid-19.

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