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Rentrée scolaire 2023-2024 : voici ce qui change

Enseignement de l'Amazigh et de l'Anglais, formation dans le numérique, livret de compétences, indemnités pour les enseignants, formation.... la rentrée scolaire 2023-2024 apporte son lot de changement pour les élèves et les enseignants. Le ministre de l’Education nationale, Chakib Benmoussa, a dévoilé, ce mardi 5 septembre 2023 devant la presse, les différentes nouveautés. En gros, il s’agira de renforcer la qualité de l’offre scolaire tout en améliorant les performances et les compétences des enseignants à travers un accompagnement et des formations. Et pour réussir le pari, le secteur bénéficiera cette année d’un soutien financier supplémentaire de l’ordre de 6 milliards de dirhams.

Plus de 8 millions d’élèves poursuivront cette année leur formation dans les établissements d’enseignement scolaire, soit une hausse de 3% par rapport à l’année précédente, a fait savoir le ministre de l'Éducation nationale, du préscolaire et des sports. Chakib Benmoussa, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse, hier à Rabat. Il a ajouté que 2023-2024 serait marquée par plusieurs nouveautés visant le renforcement de l’offre scolaire et l’amélioration de la qualité de l’enseignement. Il s’agit notamment de l’élargissement de l’offre de l’enseignement préscolaire à travers l’ouverture de 4.700 classes supplémentaires pour répondre à la demande croissante (+15%). Cette mesure sera accompagnée du recrutement de 6.000 nouveaux éducateurs et éducatrices et la formation de 7.100 cadres déjà recrutés.

>> Lire aussi : Rentrée scolaire : 11.000 enseignants volontaires pour une remédiation scolaire massive au profit de 322.000 enfants

Amazigh, anglais, disciplines numériques... des changements prometteurs pour les élèves à la rentrée scolaire

Parmi les points exposés par le ministre, il a mentionné le Teaching at the Right Level (TaRL) qui est désormais accessible à près de 400.000 élèves, une augmentation significative par rapport aux 17.000 de l'année précédente.

Il a également rappelé que l’enseignement de l'Amazigh dans le primaire sera élargi dans les établissements scolaires, notant que 31 % des établissements ont été concernés, jusqu’à présent par cette nouvelle avancée, permettant ainsi de renforcer la diversité culturelle et linguistique du système éducatif.

Dans la même lignée, la langue anglaise sera généralisée dans les établissements du collège et du lycée. Selon les informations fournies par le ministre, 28% des élèves bénéficieront de cette mesure pour la 1ère année du collège, 62 % des élèves pour la 2ème année, ainsi qu’une couverture de 100 % en 3ème année.

Cette année sera également caractérisée par l’introduction de nouvelles disciplines numériques, notamment la robotique, qui sera enseignée à 75.000 élèves, renforçant ainsi leurs compétences technologiques.

Le ministre a indiqué qu'il y aura cette année l'introduction d'un "livret de compétences" pour les élèves du primaire, de la 3ème année du collège et du baccalauréat qui permettra de suivre de près leur progression académique. Il sera procédé également à l’instauration d’un système d’évaluation destiné aux élèves qui rejoignent pour la première fois l’école primaire venant des classes préscolaires, en vue d’évaluer leurs acquis et compétences. Cette opération permettra à la fois d’avoir une idée précise du niveau des unités préscolaires et d’améliorer ainsi l’intervention éducative grâce à un diagnostic fin des acquis et des compétences de ces élèves.

Le ministre a également rappelé le lancement des "écoles pionnières" dans 628 établissements qui bénéficiera à 322 000 élèves, grâce à la mobilisation de 10.700 enseignants et 157 inspecteurs pédagogiques.

Les réformes attendues pour les enseignants 

Pour les enseignants, cette rentrée apportera des réformes majeures, après l’adoption par le gouvernement du nouveau statut unifié des enseignants, qui prévoit l’intégration de 143.000 cadres académiques, offrant des opportunités de promotion tant attendues. Une certaine catégorie de fonctionnaires aura également la possibilité de passer à l'échelle 11, souligne le ministre.

De plus, une prime annuelle de 14.000 DH sera octroyée pendant 4 ans à certains enseignants, en vue de reconnaitre leur engagement dans l'éducation des jeunes générations. Les indemnités complémentaires seront, par ailleurs, augmentées pour récompenser davantage les enseignants.

Pour ce qui est de la formation des enseignants, le ministère prévoit une restructuration globale du modèle en vigueur, notamment au niveau de la durée des études qui sera étalée sur 5 ans après le baccalauréat, en vue de garantir une préparation plus efficace et de qualité pour les éducateurs.

Les directeurs d’établissement bénéficieront également d’une formation dans le domaine de «l’école intégrée». Le concours de recrutement sera également revu pour favoriser les vocations. Il sera question d’introduire un test psychotechnique pour sélectionner les meilleurs éléments. Il sera en outre question d’organiser, pour la première fois, le Forum professionnel de l’enseignant qui aura lieu les 8 et 9 septembre prochains. Cette manifestation, dont le contenu a été préparé par plus de 2.500 enseignants, visera à jeter la lumière sur les nouvelles méthodes d’enseignement et les nouveautés du secteur.

Une nouvelle génération d'établissements scolaires

En ce qui concerne les établissements scolaires, le ministre a présenté les investissements prévus cette année. 2.500 établissements seront équipés et 237 nouveaux établissements scolaires seront créés pour généraliser l’éducation dans tout le territoire. En outre, plus de 13.000 classes seront équipées de dispositifs de présentation numérique, favorisant ainsi une expérience d'apprentissage plus interactive et moderne.

Des mesures ont été également adoptées pour développer la culture de lecture chez les élèves. Pour un début, 30 % des classes du cycle primaire seront équipées par des espaces spécifiques de lecture et 100 collèges disposeront de leurs propres bibliothèques.

Enfin, cette rentrée prévoit aussi la promotion de l'activité physique et le bien-être des élèves, et ce en créant plusieurs associations sportives, offrant ainsi des opportunités d'engagement sportif à tous les lycéens.

Le ministère procédera par ailleurs à l’adoption de nouvelles normes plus pointues pour la sélection des associations qui accompagneront la mise en place des classes préscolaires, particulièrement dans le monde rural, tout en réduisant leur nombre qui passera ainsi de 1.300 associations en 2021 à 660 en 2023. 

La promotion du sport scolaire

Par ailleurs, une attention particulière sera accordée au renforcement des activités sportives proposées au sein des écoles. Pour ce faire, le ministère a procédé à la création d’associations sportives dans tous les établissements d’enseignement secondaire, sachant que 60% des écoles primaires disposent actuellement d’associations sportives. Et pour promouvoir l’esprit de compétition chez les élèves, l’année 2023-2024 connaîtra l’organisation de 50 tournois nationaux de sport scolaire et deux championnats sur le plan africain.

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Six milliards supplémentaires pour les chantiers de 2023-2024

Selon Chakib Benmoussa, la mise en œuvre de ces différents chantiers sera possible, grâce à un effort de financement supplémentaire de plus 6 milliards de DH par an, qui sera mobilisé en 2023-2024. D’autres partenaires interviendront également pour accompagner cette dynamique. Ainsi, les Conseil régionaux seront mis à contribution dans le cadre des plans de développement régionaux, notamment pour le financement de la construction et la réhabilitation des établissements.

Les Conseils provinciaux, de leur côté, contribueront notamment au financement du transport scolaire, alors que les Conseils communaux apporteront une contribution dans la vie de l’établissement. De même, les efforts menés dans le cadre de l’INDH seront renforcés en vue d’accélérer la généralisation du préscolaire dans le monde rural à travers la création de 2.000 nouvelles unités par an et la prise en charge de leur fonctionnement pendant 2 ans, parallèlement à sa contribution aux projets d’appui social et son financement d’un programme de soutien scolaire et d’activités culturelles en milieu rural.

Le ministère table également sur le soutien et l’assistance d’autres partenaires de la société civile. Il y a lieu de citer la Fondation Mohammed VI pour la promotion des œuvres sociales de l’éducation et de la formation, la Fondation OCP et l'UM6P, la Fondation Saham et la FMPS, la Fondation Sanady ainsi que les fédérations de l’enseignement privé et les fédérations de parents et tuteurs d’élèves.

 Noura Mzaghrani & Yousra Amrani

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