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Croissance : Pourquoi la Banque mondiale a abaissé ses prévisions pour le Maroc

À la lumière des données économiques à mi-parcours, la Banque mondiale table sur une croissance de 2,5% pour le Maroc cette année, soit un point de moins que ses projections annoncées en janvier dernier. La sécheresse persistante – retardant la normalisation de la production agricole – et l’inflation élevée en sont les principales causes. Les impacts de ces dernières devront être, néanmoins, corrigés par la résilience du tourisme et la performance de l’industrie automobile. Les dépenses publiques devraient, elles, compenser en partie la faiblesse de la consommation des ménages. En dépit de cette évolution, le Maroc fera mieux cette année que la moyenne mondiale (+2,1%) et celle de la région MENA (+2,2%) ou encore des pays voisins : l’Algérie (+1,7%) et la Tunisie (+2,3%).

Croissance : Pourquoi la Banque mondiale a abaissé ses prévisions pour le Maroc

Sur la base des données économiques à mi-parcours de l’année 2023, les institutions internationales commencent à ajuster leurs prévisions de croissance pour le Maroc. Et c’est la Banque mondiale (BM) qui ouvre le bal des révisions à la baisse au-dessous de 3%. L’institution de Bretton Woods table sur une augmentation du PIB de 2,5% en 2023 pour le Royaume, soit un point de moins que ses projections annoncées en janvier dernier (3,5%). La sécheresse persistante et l’inflation élevée en sont les principales causes. «Au Maroc, la croissance devrait s’accélérer pour atteindre 2,5% en 2023 contre 1,1% l’année précédente, grâce à la résilience du tourisme et de l’industrie automobile. En revanche, des conditions météorologiques défavorables retarderont la normalisation de la production agricole après plusieurs années consécutives de sécheresse», souligne l’Institution dans son nouveau rapport sur «Les Perspectives économiques mondiales», publié le 6 juin.

L’inflation médiane des prix à la consommation atteint des niveaux jamais observés depuis plus de dix ans

La Banque mondiale s’aligne pratiquement sur les projections de Bank Al-Maghrib réajustées en mars dernier et qui tablaient sur une croissance de l’économie nationale de 2,6% cette année sur la base d’une récolte céréalière autour de 55 millions de quintaux, permettant un rebond limité de la valeur ajoutée agricole à 1,6% en 2023. Les nouvelles prévisions de la Banque centrale seront dévoilées le 20 juin 2023 à l’occasion de la prochaine réunion de son Conseil. En attendant, le Maroc devrait, en 2023, faire mieux que la moyenne mondiale (+2,1%) et celle de la région MENA (+2,2%), selon la Banque mondiale. Sa performance serait également supérieure à celles des pays voisins : l’Algérie (+1,7%) et la Tunisie (+2,3%).Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), les pays qui importent du pétrole ont pâti de la poursuite de conditions défavorables en 2023, l’inflation médiane des prix à la consommation atteignant des niveaux jamais observés depuis plus de dix ans au cours du premier semestre de l’année.

Au Maroc, les dépenses publiques devraient compenser en partie la faiblesse de la consommation des ménages due à l'inflation élevée. La croissance économique du Royaume devrait s’accélérer à 3,3% en 2024 (un taux également révisé à la baisse de 0,4 point) et à 3,5% en 2025 à mesure que le secteur agricole se redresse progressivement (la valeur ajoutée agricole s’améliorerait de 6,9% en 2024 sous l’hypothèse d’un retour à une production moyenne de 75 millions de quintaux, comme indiqué par BAM).

La Banque mondiale avertit, toutefois, que les perspectives restent essentiellement orientées à la baisse pour toute la région MENA, l’impact des différents risques étant nettement plus défavorable aux importateurs de pétrole qu’aux pays exportateurs. Les économies importatrices de pétrole sont vulnérables aux changements significatifs des humeurs du marché, compte tenu de leur niveau d’endettement public plus élevé et de leurs réserves de change plus limitées. Les chocs simultanés causés par la pandémie, la guerre en Ukraine et le ralentissement économique brutal dans un contexte de resserrement des conditions financières mondiales constituent un sérieux revers pour le développement, qui persistera dans un avenir prévisible. «D'ici à la fin de 2024, l'activité économique dans les pays émergents et en développement devrait en effet être inférieure d'environ 5% aux projections établies à la veille de la pandémie».

Lire aussi : La croissance économique au Maroc prévue à 2,5% en 2023 et 3,3 en 2024 (Banque mondiale)

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