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Dérèglement climatique : le Maroc est en plein dedans

Records de température maximale quotidienne, canicule et vagues de chaleur, déficit pluviométrique sévère, fortes averses orageuses, fortes rafales de vent... En 2022, les extrêmes météorologiques ont sévi comme jamais. Des extrêmes caractéristiques d'un dérèglement climatique en constante accélération, avec pour corollaire un réchauffement et un assèchement du climat à grande échelle.

Dérèglement climatique : le Maroc est en plein dedans
Ph. Idrissi

Au Maroc, l'année 2022 a été celle des extrêmes climatiques, sous le signe notamment des fortes chaleurs et d’une sécheresse exceptionnelle. Il s'agit en effet de l'année la plus chaude jamais connue au Maroc depuis plus de 40 ans. Le record enregistré il y a seulement 2 ans, en 2020, a été battu.

La normale de la température moyenne annuelle a atteint +1,63°C par rapport à la normale climatique calculée sur la période 1981-2010. De même, l'année agricole, correspondant à la saison hydrologique débutant le 1er septembre 2021 et se terminant le 31 août 2022, a été la plus sèche au cours des 40 dernières années, avec un déficit pluviométrique de 46%. Tel est le constat dressé par le rapport de la Direction générale de la météorologie (DGM) sur l'état du climat au Maroc en 2022 présenté mercredi à Casablanca.

À cette occasion, le ministre de l’Équipement et de l’eau, Nizar Baraka, a indiqué que le Royaume, de par sa situation géographique, est fortement exposé aux répercussions et aux risques des conditions météorologiques et climatiques, affirmant que cela est intensifié par les changements climatiques que connaît le monde, et qui constituent aujourd'hui des défis qui doivent être pris en compte à tous les niveaux. Ces dernières années, le déséquilibre climatique a été observé dans le monde entier, a-t-il poursuivi, notant que le Maroc est exposé aux effets directs des changements climatiques défavorables, notamment les températures élevées, les vagues de chaleur et les sécheresses.

Dans le cadre des enjeux et défis futurs liés au changement climatique, la DGM poursuit ses efforts pour mettre en œuvre sa stratégie visant à rendre le Maroc pleinement préparé à faire face aux aléas climatiques et naturels et atteindre les objectifs de développement durable en offrant les meilleurs services aux usagers, a expliqué M. Baraka.

2022, année la plus chaude jamais enregistrée au Maroc

En effet, 2022 est l’année la plus chaude jamais enregistrée au Maroc depuis plus de 40 ans. L’anomalie de la température moyenne annuelle (la différence entre la température mesurée et la température normale – celle calculée sur une période de 30 ans, entre 1981 et 2010) a atteint, comme l’a souligné le directeur général de la DGM, Abdelfettah Sahibi, +1,63°C par rapport à la normale climatologique sur la période 1981-2010. Les températures moyennes ont été supérieures à la normale pendant 80% des jours de l’année et 4 records de température moyenne mensuels au niveau national ont été battus, a encore précisé le DG de la DGM.

L’année 2022 est également, d’après M. Sahibi, une année record concernant la température maximale moyenne au niveau national avec un écart de 2,1°C par rapport à la normale climatologique de 1981-2010, devant les années 2017 et 2020 dont les écarts ont atteint respectivement 2,06°C et 1,99°C. Quant à la température minimale annuelle moyenne sur l’ensemble du territoire, elle est la deuxième la plus chaude depuis 1981, après celle de 2010, avec un écart d’environ 1,1°C par rapport à la normale climatologique.

Déficit pluviométrique : 2022, l'année la plus sèche depuis 40 ans

En termes de pluviométrie, 2022 a été une année déficitaire de 27% par rapport au niveau normal des précipitations annuelles. Cette tendance est conforme à celle observée au cours des quatre dernières années, où le déficit pluviométrique s'élevait à 32%, ce qui en fait la période consécutive la plus sèche depuis au moins les années 1960, indique M. Sahibi.

Ce déficit pluviométrique a affecté la campagne 2021-2022, concomitante à la saison des pluies au Maroc (du 1er septembre au 31 août), plaçant cette année en tête de classement des années sèches depuis les 40 dernières années au moins. Celle-ci a été marquée en effet, comme indiqué dans le rapport, par une sécheresse extrême, accompagnée d'une hausse exceptionnelle des températures, notamment lors des phases critiques du cycle céréalier. Le cumul national moyen des précipitations enregistré sur la période de septembre 2021 à août 2022 étant de 102 mm avec un déficit de 46% par rapport à sa normale climatique. À l’échelle des bassins hydrauliques, le déficit pluviométrique a été généralisé variant de -2,5% sur le bassin de Guir Ziz Rheris à -81% sur le bassin de Sakia El Hamra-Oued Eddahab.

Par ailleurs, le rapport relève également que le net réchauffement qu’a connu cette campagne a influencé directement l’évapotranspiration potentielle. En effet, la demande climatique en eau à l’échelle nationale s’est accentuée pour atteindre 1944 mm en fin de saison, soit un surplus de 21,2% par rapport à la normale.

25 bulletins d'alerte concernant des événements météorologiques extrêmes

En 2022, le Maroc a été touché par 25 phénomènes météorologiques extrêmes qui ont fait l'objet de bulletins d'alerte. Ces phénomènes météorologiques intenses en 2022 sont répartis comme suit : fortes averses orageuses (44%), vagues de chaleur (20%), chutes de neige (20%) et fortes rafales de vent (16%). De même, souligne le rapport, l’été 2022 a été particulièrement marqué par les incendies de forêt qui ont ravagé des milliers d’hectares et provoqué des dégâts matériels et des pertes humaines. Ces feux de forêt ont été favorisés par des canicules intercalées durant la saison estivale qui a connu d’ailleurs l’enregistrement de records de températures au niveau de certaines stations météorologiques du Maroc. Aussi, et suite à des phénomènes météorologiques d’origine tropicale, les provinces sud du Royaume, les reliefs de l’Atlas, les versants sud-est et aussi le sud de l’Oriental ont connu une activité orageuse durant la saison estivale qui a provoqué des crues éclair n’ayant engendré que des dommages matériels très limités.

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