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Économie bleue : Après le financement, la Banque mondiale approuve l'assistance technique

La Banque mondiale vient d’approuver une assistance technique de 5 millions de dollars au gouvernement pour l’accélération du développement de l'économie bleue au Maroc. Ce soutien technique a été sollicité par le gouvernement qui a lancé, en juin 2022, un programme national de l’économie bleue visant à libérer le potentiel économique de ce nouveau moteur de croissance par une valorisation durable des ressources des zones marines et côtières et une meilleure coordination institutionnelle. Ce programme, qui bénéficie déjà d’un prêt de 350 millions de dollars de la Banque mondiale, adopte une approche innovante qui nécessite un renforcement des capacités et un soutien technique pour son accélération.

Économie bleue : Après le financement, la Banque mondiale approuve l'assistance technique
Ce programme, géré par le ministère des Finances, porte notamment sur le tourisme côtier et la pêche.

C’est fait. La Banque mondiale vient d’approuver une assistance technique au gouvernement pour l’accélération du développement de l'économie bleue au Maroc. Ce soutien est financé par un don de 5 millions de dollars accordé par Problue, un fonds fiduciaire initié par l’Institution de Bretton Woods et soutenu par 14 donateurs.
Cette assistance technique a été sollicitée par le gouvernement qui a lancé, en juin 2022, la mise en œuvre d’un nouveau programme national de l’économie bleue, en coopération avec la Banque mondiale. Ce programme vise à libérer le potentiel économique de ce nouveau moteur de croissance par une valorisation durable des ressources des zones marines et côtières et une meilleure coordination institutionnelle verticale et horizontale, au sein et entre les secteurs concernés. Il repose sur trois piliers : la sécurité alimentaire nationale, le développement économique et la création d’emplois ainsi que la protection et l'utilisation des ressources naturelles.

Dans ce cadre, un accord de prêt de 350 millions de dollars a été signé, le 9 juin 2022, entre le Maroc et la Banque Mondiale pour contribuer au financement de ce programme de «Développement de l’économie bleue au Maroc», géré par le ministère de l’Économie et des finances par l'intermédiaire d'une Unité de gestion (UGP) hébergée au sein de la direction du Budget.

Néanmoins, le gouvernement estime que la nature innovante du programme, qui implique la création d'un nouveau modèle opérationnel intégré et collaboratif à travers les secteurs bleus, nécessite un renforcement des capacités et un soutien technique supplémentaires. Cette demande a été réaffirmée par une lettre adressée à la Banque mondiale le 26 décembre 2022.
Sur la base donc de cette demande, une assistance technique est apportée. Elle comprendra des activités de renforcement des capacités sur le développement institutionnel, les analyses techniques, la gestion environnementale et sociale et les aspects fiduciaires.

Trois composantes pour l'assistance technique pour l’accélération du développement de l'économie bleue au Maroc

Globalement, le soutien technique sera mis en œuvre à travers trois composantes : «Développer une gouvernance collaborative pour l'économie bleue», «Renforcer la résilience et la planification intégrée» et «Gestion du projet», notamment en termes de coordination, de gestion des risques environnementaux et sociaux et de gestion fiduciaire.

Pour ce qui est de la composante 1 (financée à hauteur de 3,21 millions de dollars par Problue), l'objectif est de permettre au gouvernement d’établir une base analytique pour le développement de la politique de l'économie bleue (EB) et de créer une condition favorable à la gouvernance collaborative. Le renforcement de la coordination et de la collaboration entre les parties prenantes du secteur est nécessaire pour gérer les ressources naturelles marines et côtières de manière durable.

Cette composante comprend trois axes : Accélérer le développement institutionnel et politique ; Appliquer la science comportementale et le leadership collaboratif ; et Approfondir l'analyse des changements à long terme du littoral. Pour ce dernier volet, le projet financera la création d'un Guide méthodologique pour évaluer les changements du trait de côte. Ce Guide décrira les étapes à suivre pour analyser les images satellites et évaluer les changements à long terme et les tendances de l'érosion et de la submersion côtières. Ces analyses permettront de surveiller l'impact du changement climatique et d'informer les futurs plans de développement dans les zones côtières, d'autant que «le pays est confronté à une intensification des effets du changement climatique».

Renforcer l'action climatique dans le tourisme côtier et la pêche

S’agissant de la composante 2 (environ 1,06 million de dollars), elle vise à appliquer des outils de planification spatiale intégrée et à renforcer l'action climatique dans deux secteurs bleus clés : le tourisme côtier et la pêche.
Pour le tourisme, deux projets phares sont prévus. Le premier porte sur le développement d'un plan d'action climatique pour la zone touristique d'Aghroud afin de fournir un guide opérationnel destiné à renforcer le tourisme durable.
Le plan d'action comprendra des mesures d'atténuation et d'adaptation au climat, entre autres, pour améliorer l'efficacité énergétique, la conservation de l'eau, la réutilisation des eaux usées, la fourniture de services publics intelligents sur le plan climatique et des activités de sensibilisation pour les opérateurs et les visiteurs. Ce projet a pour objectif d’aider le gouvernement à développer un modèle de tourisme plus durable, dans le cadre de sa stratégie pour le secteur.

Le second projet soutiendra davantage le développement durable du tourisme côtier en organisant des formations et en développant les capacités des Sociétés de développement régional (SDR). Cette formation aidera les SDR du tourisme côtier à appliquer des normes et des systèmes de certification pour assurer la durabilité, à appliquer des normes et des certificats de durabilité, telles que les certificats de construction écologique, à appliquer avant les travaux de génie civil. Le ministère des Finances mettra en œuvre ces activités en étroite collaboration technique avec la SMIT (Société Marocaine d'Ingénierie touristique).

Concernant la gestion de la pêche, l’assistance technique permettra de soutenir la «planification spatiale informée par le climat», notamment pour l'identification d'emplacements appropriés au niveau des aires marines protégées (AMP) à Larache et au Cap Trois Fourches. Elle permettra aussi d’intégrer les actions climatiques dans les plans de gestion des AMP à Agadir et Larache. Le ministère des Finances mettra en œuvre ces activités, visant notamment la gestion durable des stocks de poissons, en étroite collaboration technique avec le département de la Pêche maritime.

Enfin, concernant la composante 3 de l’assistance technique, dédiée à la gestion du projet (environ 725.000 dollars), l'UGP établira un mécanisme de suivi et d'évaluation environnemental et social des activités. Elle suivra les progrès et les résultats, préparera des rapports d'avancement réguliers, surveillera les risques et les problèmes émergents, et planifiera les actions de réponse aux nouvelles circonstances. Cette composante soutiendra également la communication et la vulgarisation afin de mobiliser les parties prenantes et de les sensibiliser à l’EB et aux activités du projet. De même, l'UGP collectera et partagera les résultats du projet et les leçons apprises et les diffusera. Elle organisera des événements de partage des connaissances et des webinaires, en invitant les parties prenantes nationales et internationales travaillant sur l'économie bleue, y compris les pays donateurs de Problue.

Ces événements de partage des connaissances permettront non seulement d'améliorer la visibilité du projet et du programme gouvernemental de l’EB dans son ensemble, mais aussi de contribuer au développement des capacités des secteurs bleus impliqués dans le programme gouvernemental.

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