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Formation professionnelle : La BAD préconise de doper les financements en faveur des entreprises

Selon le diagnostic de la Banque africaine de développement, la formation professionnelle au Maroc privilégie la formation résidentielle plutôt que les contrats d’apprentissage ou les contrats d’alternance. L’institution recommande une collaboration régionale plus étroite entre les Chambres professionnelles, la CGEM, les opérateurs de la formation professionnelle et l’ANAPEC pour cibler les synergies entre formation professionnelle et activité sectorielle et favoriser l’apprentissage et l’alternance par des contrats plus incitatifs. De même, il faudra injecter des financements plus importants permettant aux entreprises de surmonter les coûts organisationnels de la formation. Parallèlement, la BAD suggère de créer un label «Entreprises apprenantes» en reconnaissance des structures engagées dans la formation des jeunes et leur accompagnement.

Formation professionnelle : La BAD préconise de doper les financements en faveur des entreprises

Le nouveau rapport de diagnostic pays réalisé par la Banque africaine de développement (BAD) sur le Maroc a décrypté plusieurs volets de l’économie marocaine et du secteur privé. Parmi eux, figure le développement de la formation dans les entreprises. Selon les économistes de la BAD, la formation professionnelle privilégie la formation résidentielle et non les contrats d’apprentissage ou les contrats d’alternance. Ce qui limite leurs impacts sur le plan opérationnel et leur adaptabilité aux besoins des entreprises. De plus, les Chambres professionnelles sont les interlocutrices des ministères dédiés et donc pilotent la formation professionnelle spécifique assurée par les ministères. Cependant, l’offre de formation est très limitée en termes d’effectifs autour de quelques métiers spécifiques.
L’Office de formation professionnelle et promotion du travail (OFPPT) a ainsi établi plusieurs dispositifs en lien avec les entreprises autour de la question des compétences : notamment la validation d’acquis d’expérience professionnelle dans les entreprises. Parallèlement, l’ANAPEC a déployé des formations spécifiques pour les secteurs émergents dans le cadre de «Taehil».

Or «il semble nécessaire d’envisager une collaboration régionale plus étroite entre les chambres professionnelles, la CGEM, les opérateurs de la formation professionnelle et l’ANAPEC pour cibler les synergies entre formation professionnelle et activité sectorielle. Ceci afin de renforcer les dispositifs pour favoriser l’apprentissage et l’alternance par des contrats plus incitatifs», estiment les experts de la BAD.

En outre, il existe un système de bourses pour les stagiaires de l’OFPPT s’adressant en priorité aux techniciens et, par ailleurs, un dispositif d’exonération fiscale pour les entreprises à condition que 60% des stagiaires soient employés par la suite. Cependant, la question financière est un point d’achoppement entre les parties du fait du coût de formation d’un stagiaire tant financier qu’organisationnel. Par conséquent, le système peine à se généraliser du fait de procédure complexe et d’un coût organisationnel et financier non négligeable pour les entreprises», constatent les économistes de la BAD.

Selon eux, il serait alors judicieux de mettre en place un financement important permettant notamment de surmonter les coûts organisationnels. Sur ce point, la BAD recommande d’établir une plateforme numérique dédiée aux stages permettant aux partenaires de faire un suivi administratif simplifié afin de réduire les coûts administratifs de gestion des stagiaires. Cette plateforme pourrait être portée par un organisme disposant déjà d’un dispositif à même de gérer des dizaines de milliers de personnes. La BAD préconise également d’établir des conventions avec les entreprises favorisant l’émergence de personnels référents «maître de stage» à même de superviser un apprenti ou un contrat en alternance. Le salarié «Maître de stage» bénéficierait d’une validation de ses acquis et serait rémunéré par une prime d’encadrement dans le cadre de la convention liant les parties. La formation serait alors supervisée par l’OFPPT. Ce dispositif permettrait de valoriser l’ancienneté des salariés et générer une culture d’entreprise. «Le financement de ce dispositif doit être considéré comme un investissement public et amener à un financement public», souligne le rapport.

Par ailleurs, pour le développement de la formation dans le secteur privé, la BAD suggère aux autorités marocaines de mettre en place un label «Entreprises apprenantes» amenant à une reconnaissance des entreprises dans la formation des jeunes et dans la démarche d’accompagnement. Et ce n’est pas tout. La Banque africaine propose également de favoriser les logiques de cluster. Et pour cause, certaines entreprises ne souhaitent pas s’impliquer dans des dispositifs de formation du fait du coût de formation et du turn-over fort des stagiaires qui partent dans d’autres entreprises une fois leur formation achevée pour négocier une rémunération plus élevée. «Ce phénomène décourage les entreprises à investir dans la formation. Cependant, à l’échelle de la région industrielle, cette situation est bénéfique pour les entreprises, car elles disposent d’un niveau général de compétence plus élevé de la main d’œuvre et surtout peuvent mieux travailler entre elles du fait d’une meilleure interconnaissance des salariés. Il apparaît donc la nécessité d’expliciter ces phénomènes et notamment leur impact sur la productivité», est-il indiqué.

Des assises régionales de la formation et de l’emploi

Le Maroc a organisé des assises nationales de l’emploi et les régions ont établi des programmes régionaux de promotion de l’emploi. «Ces initiatives doivent être pérennisées dans le cadre d’assises régionales de la formation et de l’emploi», recommande la BAD. Celle-ci estime que ces assises annuelles permettront à l’ensemble des parties prenantes de comprendre les transformations rapides des économies régionales. Elles deviendraient un moment clé dans le pilotage des politiques d’emploi-formation permettant une plus grande communication et de concertation entre les parties prenantes.
Le conseil régional est à même de jouer un rôle de premier plan dans la médiation entre les différentes parties prenantes. Organisées par le Conseil régional, en partenariat avec le CRI, les chambres professionnelles, la CGEM, ces assises pourraient s’articuler autour notamment d’une présentation des dynamiques régionales en termes d’emploi ; d’un état des lieux des programmes portés par l’ANAPEC à l’échelle régionale ; de la présentation des logiques d’investissements des entreprises et des secteurs émergents ; de la présentation des orientations des Chambres professionnelles et de la CGEM ainsi que des dispositifs de formation professionnelle et académique et d’un salon ouvert au grand public.

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