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Forum de Davos : les réponses de Aziz Akhannouch à Klaus Schwab

Se prêtant au jeu des questions réponses avec le président-fondateur du Forum de Davos, Klaus Schwab, le Chef du gouvernement est revenu sur les multiples crises de l’année 2022 qu’affronte avec détermination l’Exécutif. Il a également réaffirmé que le Maroc aborde, grâce au leadership de S.M. le Roi Mohammed VI, une nouvelle phase de son développement caractérisée par l’édification d’un État social.

Forum de Davos : les réponses de Aziz Akhannouch à Klaus Schwab

En une année, le gouvernement a respecté l’Agenda Royal en mettant en place le cadre réglementaire pour l’assurance maladie obligatoire et en ouvrant les droits pour les deux tiers de la population qui n’en bénéficiaient pas jusque-là, a indiqué, mercredi, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, qui intervenait dans le cadre du Forum de Davos. Selon M. Akhannouch, cette année, le gouvernement veut aller plus loin et généraliser également les allocations familiales, grâce à un système de ciblage efficace des aides sociales, a-t-il assuré. Lors d’une séance animée par le président fondateur du Forum de Davos, Klaus Schwab, M. Akhannouch est revenu sur les différents sujets en lien avec la place du Maroc au sein du continent africain, les initiatives du Maroc en matière de protection de l’environnement et le recours aux énergies renouvelables ainsi que sur les efforts entrepris pour attirer les investissements étrangers. Répondant aux questions de M. Schwab, le Chef du gouvernement est revenu également sur la manière avec laquelle le Maroc a géré la crise Covid-19 ainsi que ses impressions par rapport à la belle prestation de l’équipe nationale lors de la Coupe du monde de football.

Voici par ailleurs l’intégralité des questions et des réponses formulées lors de cette session : 

Klaus Schwab : Je pense que tout le monde est impressionné par le projet marocain dont les résultats sont déjà très visibles. Le Maroc est entré l’année dernière dans la zone de Libre-échange continentale Zlecaf, il s’agit du plus grand accord dans le monde. Quelles perspectives voyez-vous pour cet accord non seulement pour le Maroc mais pour toute l’Afrique ?

Aziz Akhannouch : Le Maroc croit fermement au destin positif de l’Afrique. Le continent peut nourrir demain le monde si les investissements agricoles sont là. L’Afrique recèle un gisement et un potentiel important de ressources humaines, une population importante et un grand marché. L’Afrique fait du commerce à hauteur de 60% et le commerce intra-africain reste de l’ordre de seulement 16%. La Zlecaf est donc une profonde action pour transformer l’Afrique, transformer les échanges et également garantir les investissements. D’ailleurs l’importance que notre pays accorde à notre continent avec la visite de S.M. le Roi à 50 pays africains et la signature de plus de 1.000 accords de coopération a aujourd’hui positionné le Maroc comme l’un des plus grands investisseurs en Afrique, notamment en Afrique de l’Ouest. Le continent représente un potentiel énorme pour l’avenir et la Zlecaf va constituer un tournant et un rendez-vous important pour l’accélération du processus de croissance de l’Afrique. 

En général, les pays ont beaucoup de mal à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais le Maroc est sur le bon chemin, vous êtes l’exception. Quel est le secret derrière ?

Directement après l’indépendance, S.M. le Roi Hassan II avait entamé une politique audacieuse de construction de barrages faisant de la production de l’énergie hydraulique un facteur important. Cela s’est renforcé, par la suite, par des ajustements des phénomènes des steppes, mais également avec l’accélération qui s’est faite de manière remarquable avec S.M. le Roi Mohammed VI avec un plan qui a imposé aux différents gouvernements le recours au solaire et aux éoliennes. Les énergies renouvelables représentent aujourd’hui 38% de notre mix énergétique qui provient de l’énergie verte. Notre objectif, fixé par S.M. le Roi et sur lequel le gouvernement travaille à l’horizon 2030, c’est d’arriver à 50 ou 52% du mix énergétique. C’est possible parce que le Maroc présente une terre pour les énergies renouvelables. Vous savez, il y a 3.000 heures d’ensoleillement au Maroc avec un impact d’environ 5 kilowattheures par mètre carré. Je pense que c’est un endroit où on peut construire une offre et produire de l’électricité, grâce aussi à la vitesse et la constance des vents, pour avoir les formules les moins chers au monde pour la production de l’électricité à partir des énergies renouvelables. Maintenant, le gouvernement travaille, sur instruction de S.M. le Roi, pour avoir une offre pour toute la partie énergie électrique. Nous allons préparer une offre dans les trois prochains mois.

Monsieur le Chef du gouvernement, vous avez beaucoup de succès en attirant des entreprises étrangères (Oracle, Renault…). Vous avez parlé de l’importance de la quatrième révolution industrielle, qu’est-ce que cela signifie en termes d’investissements étrangers. Vous voulez devenir plus fournisseur en hautes technologies ? Quelle est la vision du Maroc en matière de production ?

Je pense que le plus important, c’est d’assurer un bon cadre et une bonne visibilité pour les investisseurs. Aujourd’hui, nous avons travaillé sur une charte d’investissement qui est passée au Parlement après avoir été présentée à S.M. le Roi. Charte qui donne une visibilité pour encourager l’investissement, d’abord sur le plan du territoire national et aussi pour encourager la durabilité et l’emploi. Avec cela, il y aura un soutien de l’État par rapport à ces offres d’investissement qui vont arriver au Maroc. Les secteurs sont multiples et concernent l’aéronautique, l’automobile, l’agriculture… Le Maroc a un plan de développement Génération Green très important, les transformations des produits de la mer, l’électronique… Tous les métiers qui, du moment où ils s’inscrivent dans cette grille de durabilité, de création d’emploi et de création de la valeur, sont les bienvenus. Le Maroc est appelé à les accompagner, d’abord par une forte déconcentration au niveau des régions pour que le maximum de décisions puissent être prises à ce niveau régional et que l’investissement soit facilité. Il s’agit aussi d’épingler et d’aller chercher là où le processus connaît une lenteur dans la prise de décision d’investissement de manière à faciliter l’acte d’investir. 

Comparé à d’autres pays, le Maroc a bien géré la crise Covid-19. Pouvez-vous dire quelques mots au sujet de votre expérience en la matière ?

Durant cette crise de la Covid, S.M. le Roi a lancé un appel à la générosité publique, ce qui a permis de collecter 3,5 milliards de dollars auprès des donateurs. Cela a permis d’accompagner la population qui était en difficulté durant cette période où il n’y avait pas beaucoup de travail, vu que de nombreuses usines avaient fermé. Cela a également été utilisé pour faire face à la maladie elle-même puisqu’un milliard de dollars a été investi pour faire face aux conséquences de la Covid. C’est donc une opportunité que nous avons transformée positivement puisqu’il y a des investissements qui vont être opérés dans le secteur de la santé. Nous allons commencer à produire des doses de vaccin de protection jusqu’à un milliard par an et qui peuvent être exportés vers l’Afrique. Nous avons également transformé notre système de santé. Il y a une nouvelle loi et nous sommes en train de changer le mode de gouvernance de manière à mieux installer le circuit du malade, la traçabilité, mettre à niveau les infrastructures hospitalières sur le plan régional et local… Il s’agit également du fait d’augmenter l’investissement, notamment en matière de ressources humaines, tout particulièrement les médecins. Le monde entier en a besoin, mais nous aussi on se bat pour les garder. Il s’agit de mieux former, en former plus et essayer de les garder avec une offre plus attractive. Donc, la crise de la Covid a été une opportunité pour transformer le secteur de la santé au Maroc.  

Comme beaucoup de monde, j’ai suivi l’équipe nationale du Maroc de football que beaucoup ont appréciés. Vous avez été la première équipe africaine et arabe à se qualifier à la demi-finale de la Coupe du monde. Qu’est-ce que cela signifie maintenant pour le Maroc ?

C’est vrai, nous avons été surpris, le Maroc a une grande équipe de football. Mais ce n’est pas un hasard. C’est un travail d’investissement et de supervision qui a été suivi par S.M. le Roi depuis le début. Nous avons des écoles de formation que nous avons professionnalisées à l’intérieur du pays, notamment celle qui porte le nom de S.M. Mohammed VI et qui a commencé à faire émerger des joueurs de renommée qui font leurs preuves à l’étranger. Donc on a eu une bonne équipe. Mais dans ces matchs, il y a eu plusieurs autres matchs. Car ce sont des joueurs combatifs, engagés, qui cherchent la victoire et la réussite… En même temps, ils étaient joyeux, à l’écoute de ce qui se passait dans les tribunes et dans leur pays. Vous savez, lors de chaque match que le Maroc gagnait il y avait au minimum un million de personnes qui descendaient dans les rues pour faire la fête. Cet échange était très important et on a vu surgir des valeurs de solidarité, des valeurs d’engagement, mais également des valeurs qui incarnent cette relation avec la mère et l’épouse. Ce qui a démontré la place de la femme dans notre société. Il n’y a pas un match au terme duquel on ne voit pas un joueur aller chercher sa femme ou sa mère pour partager avec elle cette victoire. C’était un grand moment pour le Maroc et ce sont des valeurs que toutes les entreprises économiques et les États veulent partager. En tout cas, ce que nous avons ressenti à travers cette Coupe du monde, c’est vraiment cet élan de sympathie pour cette équipe nationale du Maroc. 

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