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Hausse des prix du poulet et des œufs : les professionnels s’expliquent

Depuis plus de deux semaines, les prix des volailles connaissent une hausse considérable. Le prix du poulet, sortie ferme, se négocie désormais à 16 DH, tandis que les prix affichés sur le marché se situent entre 20 et 22 DH le kilogramme. Pour la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole au Maroc, cette augmentation est le résultat de plusieurs facteurs, notamment l’explosion de la demande, la baisse de l’offre et l’envolée des cours des aliments sur les marchés internationaux.

Hausse des prix du poulet et des œufs : les professionnels s’expliquent

Le prix du poulet poursuit son envolée. Les vendeurs de volailles affichent un prix de plus de 20 dirhams le kilogramme contre 16 DH le kilogramme deux semaines auparavant. Cette flambée des prix n’a pas laissé de marbre les consommateurs, enclenchant une véritable polémique sur les réseaux sociaux, d’autant que la viande blanche est connue pour être largement consommée par les familles aux revenus modestes. Une situation qui pousse à s’interroger sur les véritables raisons de cette hausse ?  

Montée du prix de la viande rouge et ruée vers la viande blanche

Plusieurs facteurs expliquent cette flambée. Il y a d’abord la hausse spectaculaire des prix de la viande rouge observée au cours des deux dernières semaines qui a contraint bon nombre de ménages à se rabattre sur la viande blanche, contribuant ainsi à faire exploser la demande. Mais parallèlement, l’offre n’a pas suivi, à cause de la baisse importante de la production du poulet en janvier dernier conséquemment à la baisse de la consommation durant les mois de novembre et décembre.

Effondrement de la production

«Le prix du kilogramme de poulet sortie ferme était de 11 DH au cours des mois de novembre et de décembre, tandis que le prix de revient se situait à 16 DH le kilogramme. Ceci engendrait des pertes financières estimées à 5 DH sur chaque kilo. Ce déséquilibre a fini par provoquer un effondrement de la production», nous explique Abderrahmane Riyadie, membre de l’Association nationale des producteurs des viandes de volailles, affiliée à la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole au Maroc (FISA).  

Flambée des prix des aliments composés

Les producteurs imputent en outre l’envolée des prix à des hausses répétitives des prix des matières premières sur les marchés internationaux, conjuguée à une augmentation du cours de dollar. Selon le président de la FISA, Youssef Alaoui, les prix des matières premières ont pratiquement doublé depuis septembre 2021. À titre d’exemple, le prix du maïs, qui constitue 60% de la formulation des aliments composés, est passé de 3 DH le kilogramme en 2020 à 5,5 DH en 2022, surtout après l’éclatement de la guerre en Ukraine qui fournissait 20% des intrants importés. Il en est de même pour le soja et le tournesol, sachant que ces céréales représentent 80% du coût de revient.

L’augmentation du cours du dollar

«La hausse du dollar a fortement impacté le prix d’achat final des céréales sur le marché international, car même si nous parvenons à acquérir ces céréales à un prix inférieur, la hausse du dollar par rapport au dirham contribue à augmenter le prix final», ajoute M. Alaoui qui estime que le secteur avicole connaît une crise structurelle depuis plusieurs années qui s’est accentuée avec l’avènement de la Covid-19 et les mesures de restriction imposées. La Fédération estime les pertes essuyées pendant la crise à 468 millions de dirhams. «La crise liée à la pandémie a contraint une grande partie des aviculteurs à réduire de 50% leur production. D’autres ont tout simplement mis la clé sous la porte. Aujourd’hui, bien que le prix du poulet ait augmenté pour atteindre 20 dirhams, la marge de bénéfice des producteurs ne dépasse pas 1 DH, et si la demande se maintient ce niveau, il sera difficile de se prononcer sur une éventuelle baisse des prix à l’approche du Ramadan, particulièrement en absence de toute visibilité sur l’évolution du marché des aliments composés sur le plan international», explique le président de la FISA.

Envolée du prix des œufs

Les œufs ne sont pas en reste. Le prix de cet aliment, considéré par beaucoup comme la principale source de protéine, a également poursuivi son envolée ces derniers jours sur les étals des marchés pour atteindre 1,50 dirham, alors qu’il se négociait à 1,10 deux semaines auparavant. Si de nombreux ménages jugent ce prix élevé, les professionnels, eux, se défendent et déplorent des «pertes en cascade» à cause de la hausse du coût de production suite à la flambée des prix des aliments composés. «Cette semaine, le prix de l’œuf petit calibre sortie ferme se négocie à 0,95 DH, alors que celui de grand calibre se situe à 1,20 DH. Pour sa part, le coût de revient est évalué à 1,05 DH. Cela signifie que les producteurs continuent de vendre à perte, même après la légère augmentation relevée cette semaine. Les producteurs trouvent du mal à payer leurs dettes», nous confie Khalid Zaïm, vice-président de l’Association nationale des producteurs d’œufs de consommation. D’après ce professionnel, 20% des producteurs d’œufs ont déjà déclaré faillite depuis l’avènement de la Covid-19, quant à ceux qui luttent encore pour survivre, ils ont décidé de baisser leur production de 25% en attendant la stabilisation du prix des aliments composés sur le plan international. «Ces intrants représentent 80% du coût de revient et tant que les prix de ces aliments n’auront pas baissé, le prix de vente final demeurera élevé», conclut le même responsable.

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