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Infertilité : l’OMS appelle à  accroître l’accés à  des soins abordables et de qualité

D’aprés l’Organisation mondiale de la santé, l’infertilité ne fait pas de discrimination. La prévalence de cette maladie est pratiquement identique dans tous les pays, mais la cherté des traitements empêche souvent les gens d’accéder aux soins. Au Maroc, le constat est le même, selon Dr Mounir Filali, spécialiste en embryologie et membre de la Société marocaine de médecine reproductive.

Infertilité : l’OMS appelle à  accroître l’accés à  des soins abordables et de qualité

Environ 17,5% de la population adulte souffre d’infertilité, soit environ une personne sur six dans le monde, selon le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publié la semaine dernière. Ce document montre que la prévalence de l’infertilité varie peu d’une région à l’autre. De même, les taux sont comparables que les pays soient à revenu élevé, intermédiaire ou faible, ce qui indique qu’il s’agit d’un problème sanitaire majeur dans tous les pays et dans toutes les régions du monde.

L’accès aux soins relatifs à la fertilité est l'un des problèmes à résoudre selon l'OMS

«Le rapport est révélateur d’un fait important : l’infertilité ne fait pas de discrimination», a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. Et d’ajouter que «la proportion même de personnes touchées montre la nécessité d’élargir l’accès aux soins relatifs à la fertilité et de veiller à ce que cette question ne soit plus mise de côté dans la recherche et les politiques de santé, afin que des moyens sûrs, efficaces et abordables pour atteindre la parentalité soient disponibles pour ceux qui le souhaitent». L’OMS rappelle, dans son rapport, que l’infertilité peut entraîner une détresse majeure, de la stigmatisation et des difficultés financières, affectant le bien-être mental et psychosocial des personnes concernées. «Malgré l’ampleur du problème, les solutions pour la prévention, le diagnostic et le traitement de l’infertilité – y compris les technologies de procréation assistée telles que la fécondation in vitro (FIV) – restent insuffisamment financées et sont souvent inaccessibles pour beaucoup en raison des coûts élevés, de la stigmatisation sociale et de la disponibilité limitée», relève le rapport.

Les coûts élevés des traitements de l'infertilité pénalisent les populations pauvres  

«À l’heure actuelle, dans la plupart des pays, les traitements de la fertilité sont en grande partie financés directement par les patients, et entraînent souvent des dépenses exorbitantes. Les habitants des pays les plus pauvres consacrent une proportion plus grande de leur revenu aux soins relatifs à la fertilité, par rapport aux habitants des pays plus riches. L’importance des coûts empêche souvent les gens d’accéder aux traitements de l’infertilité, ou peut les précipiter dans la pauvreté, conséquence directe de la recherche de soins», ajoute le document de l’OMS.

Les données statistiques sur l'infertilité restent insuffisantes 

Et bien que ce nouveau rapport présente des données convaincantes attestant de la forte prévalence mondiale de l’infertilité, il met en évidence un manque persistant de données dans de nombreux pays et certaines régions. Il appelle à faire en sorte que davantage de données sur l’infertilité, ventilées par âge et par cause, soient disponibles au niveau national pour aider à quantifier l’infertilité, ainsi qu’à déterminer qui a besoin de soins de fertilité et comment les risques peuvent être réduits.

L’OMS insiste également sur l’urgence d’accroître l’accès à des soins de fertilité abordables et de haute qualité pour ceux qui en ont besoin. «De meilleures politiques et un meilleur financement public peuvent améliorer considérablement l’accès au traitement et empêcher les ménages les plus vulnérables de tomber dans la pauvreté», souligne le rapport.

17% des couples en âge de procréer souffrent d'infertilité au Maroc

Il est à noter qu’au Maroc, les derniers chiffres disponibles se rapprochent beaucoup de ceux annoncés par l’OMS. En effet, on estime que 17% des couples en âge de procréer souffrent d'infertilité. «Les chiffres révélés par l’OMS dans son dernier rapport sur l’infertilité sont complètement corroborés au Maroc. Cela est dû à plusieurs facteurs notamment le stress, l’âge de mariage des femmes qui est de plus en plus avancé, l’exposition aux polluants et aux perturbateurs endocriniens dans l’alimentation…», déclare au «Matin» Dr Mounir Filali, spécialiste en embryologie et membre de la Société marocaine de médecine reproductive (SMMR). «À cause du manque d’information et de communication, il arrive malheureusement souvent que les couples souffrant d’infertilité perdent un temps précieux, car ils ne s’adressent pas à des spécialistes en fertilité capables de leur assurer une bonne prise en charge de la maladie. Aussi, la cherté des traitements qui ne sont pas remboursables par les assurances et organismes sociaux empêche de nombreux couples d'avoir accès aux soins, alors qu’aujourd’hui au Maroc nous sommes capables de prendre en charge plus de 95% des cas d’infertilité», développe le spécialiste.

Lire aussi : Prise en charge de l’infertilité : La MAPA relance le débat

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