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Mardi 18 Juin 2024
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Quand l’énergie sismique s'affaiblit, les répliques sont moins intenses (Expert)

Trois jours après le séisme qui a frappé la province d’Al Haouz et touché de nombreuses autres villes, les Marocains s'interrogent toujours sur ce phénomène naturel. Pourquoi cette région ? Pourquoi cette intensité ? Risque-t-on des répliques aussi fortes que la secousse de vendredi ?... À ces questions répond le géologue Kamal Agharroud.

Quand l’énergie sismique s'affaiblit, les répliques sont moins intenses (Expert)

Les séismes sont des manifestations redoutées de la puissance souterraine de la Terre. Ils suscitent des inquiétudes à travers le monde parce qu’ils restent imprévisibles, malgré les révolutions scientifiques et les avancées que réalisent les experts dans le domaine. Pour comprendre ce phénomène naturel, «Le Matin» a contacté le géologue Kamal Agharroud. L’expert explique de prime abord que les séismes sont des phénomènes géologiques qui se produisent lorsque la croûte terrestre subit des contraintes et des déformations et libère ensuite une énergie sous forme d'ondes sismiques.

>>Lire aussi : Séisme : La priorisation des aides doit répondre aux besoins de chaque étape de la crise (Tayeb Hamdi)

Cette énergie se propage à des vitesses tellement fortes qu’elles provoquent des secousses sismiques et entraînent des conséquences potentiellement dévastatrices. Le phénomène du séisme peut ainsi être expliqué par le frottement des plaques tectoniques qui exerce une sorte de pression sur les roches de la lithosphère, c’est-à-dire la couche externe de la croûte terrestre constituée de plaques mobiles.

Comment mesure-t-on la force des séismes ?

Le séisme qui a frappé le Maroc a été le plus puissant jamais enregistré dans l’histoire du pays. Selon les sources, son intensité a été de 6,8, 7 ou même 7,2 sur l'échelle de Richter. Cette différence de mesure de l’intensité de la secousse pousse parfois les experts à s’interroger sur la pertinence de cette échelle. Mais avant de s’interroger sur sa fiabilité, il faut d’abord comprendre comment on mesure l’intensité des séismes. «Les tremblements de terre sont mesurés en termes de magnitude, qui indique l'énergie totale libérée, et d'intensité, qui mesure les effets du séisme à un endroit donné», note l’expert.

Pour la magnitude du séisme enregistré au Maroc, qui était de 7 à l’échelle de Richter, le géologue a indiqué qu’une telle magnitude n’a pas été enregistrée depuis 1755. Il a rappelé, dans ce contexte, le séisme de Lisbonne qui a touché le Maroc, le Portugal et l’Espagne. Il avait fait entre 50.000 et 70.000 morts parmi les 275.000 habitants de Lisbonne. Il a également rappelé le séisme d’Agadir de 1960, qui avait provoqué un tsunami et la mort de quelque 12.000 personnes.

Faut-il craindre de nouvelles répliques ?

Plusieurs répliques ont eu lieu depuis la nuit du vendredi 8 septembre. Fort heureusement, elles étaient toutes de faible magnitude. Mais le choc du séisme principal est toujours présent dans les esprits et nous pousse tous à nous interroger sur les risques d’une réplique aussi forte. Kamal Agharroud rassure. Il a ainsi expliqué que d’après les données existantes, le séisme a libéré une bonne partie de l’énergie par les failles existantes au sud de la chaîne atlasique. «Les répliques sont possibles, mais avec des magnitudes plus faibles, car une grande partie de l’énergie a déjà été libérée», détaille-t-il. Et d’ajouter que «les magnitudes déclarées par l’institut de la géophysique donnent une idée sur la situation et on peut s’attendre à des magnitudes moins fortes que celle enregistrée le vendredi». Mais il convient de noter que les répliques peuvent s’étendre sur une période de plusieurs semaines, mois ou années, selon la magnitude du choc principal.

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