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Séisme : La priorisation des aides doit répondre aux besoins de chaque étape de la crise (Tayeb Hamdi)

Après le puissant séisme ayant secoué le Maroc dans la nuit du 8 septembre, plusieurs pays et organisations internationales ont exprimé leur solidarité avec le Royaume et leur disposition à envoyer des équipes spécialisées dans la recherche et le sauvetage. Dimanche, le ministère de l'Intérieur a fait savoir dans un communiqué que le Royaume accueillait avec intérêt toutes les initiatives solidaires issues des différentes régions du monde, en précisant toutefois que les équipes de recherche et de sauvetage de 4 pays étaient autorisées à coordonner sur le terrain avec leurs homologues au Maroc. D’où la pertinence de la question : comment les aides doivent-elles être organisées en pareil cas et comment les interventions doivent-elles être priorisées ? Voici les éclaircissements d'un expert.

Séisme : La priorisation des aides doit répondre aux besoins de chaque étape de la crise (Tayeb Hamdi)

Le puissant tremblement de terre au Maroc, qui à ce jour a fait plus de 2.500 victimes, a déclenché une vague de solidarité internationale. De nombreux pays, dont les États-Unis, la Grande-Bretagne, l'Espagne, Israël, la France, l'Italie ou la Russie, entre autres, ont proposé leur aide au Maroc. Le ministère de l'Intérieur a annoncé dimanche que les autorités marocaines avaient répondu favorablement aux propositions de leurs homologues d'Espagne, du Qatar, du Royaume-Uni et des Émirats arabes unis pour la mobilisation de plusieurs équipes de recherche et de sauvetage. «Sur la base du système de coordination et d'évaluation des besoins liés à cette phase critique, les équipes mobilisées par ces pays sont entrés en contact sur le terrain ce dimanche 10 septembre 2023 avec leurs homologues marocaines», indique un communiqué du ministère, notant que le recours à d'autres offres de support de la part d'autres pays amis pourrait être mené à la lumière de l'évolution des opérations d'intervention et en fonction des besoins de chaque étape.

>>Lire aussi : Séisme au Maroc : quatre pays autorisés à démarrer leurs interventions sur le terrain

En temps de crise, l’organisation est le maître mot

D’après le médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, Tayeb Hamdi, «le maître mot face à un pareil désastre reste l'organisation. Une réponse non organisée conduirait au désordre et compliquerait davantage la situation». Les catastrophes, selon ce médecin, se répartissent en trois catégories :

  • celles qui sont imprévisibles et aiguës, comme un tremblement de terre,
  • celles complexes et durables, comme la guerre,
  • et celles qui sont silencieuses et croissantes (la propagation d'un virus, par exemple).

«Au Maroc, nous sommes aux prises avec une catastrophe soudaine et aiguë. Dans ce cas, la réponse doit être organisée et coordonnée», souligne M. Hamdi dans une déclaration au «Matin». Et de poursuivre qu’«il faut procéder à une évaluation des besoins sur le terrain». Après quoi, en ce qui concerne les propositions d'aide internationale, celles-ci seront acceptées en fonction des besoins identifiés sur le terrain. «L'objectif n'est pas d'accepter une aide internationale sous quelque forme que ce soit, comme l'envoi d'équipes de secouristes qui, une fois sur place, n'auront rien à faire, mais bien de mettre en œuvre cette aide de manière concrète et immédiate», dit M. Hamdi.

L’aide doit correspondre aux besoins des victimes

Et le chercheur en politique et systèmes de santé de souligner que «nous sommes actuellement dans une phase d'intervention à laquelle succèdera une autre phase de remise en état, pour laquelle nous aurons peut-être besoin du soutien de nos amis et partenaires». En ce qui concerne l'offre de soins, M. Hamdi souligne qu'il n'y a pas eu à ce jour d'évacuation vers des villes comme Casablanca ou Rabat, ce qui signifie que l'offre de soins locale à Marrakech et Agadir, ainsi que celle déployée par le ministère de la Santé, les Forces Armées Royales ou le secteur privé, répond parfaitement à la situation. Il en va de même, ajoute le médecin, pour les volontaires répertoriés dans tous les CHU pour intervenir dans de tels cas, et qui n'ont pas été sollicités, ce qui veut dire que les équipes locales ou mobilisées sur place maîtrisent la situation.

Gestion des crises : il faut d'abord assurer la logistique sur place

De son côté, le rédacteur en chef de «Morocco World News» et conseiller politique à Washington, Samir Bennis, relève que «dans un premier lieu, il faut assurer la logistique sur place pour pouvoir éventuellement accueillir des équipes de secours internationales et cela prend du temps, comme ce fut le cas il y a quelques mois en Turquie». Et d'ajouter que le Maroc a réagi à la catastrophe dès les premières heures, alors que nous ne sommes pas habitués à des séismes de cette ampleur, grâce à l'intervention, sur Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, d'équipes des FAR, dont la réputation n'est plus à faire, pour rouvrir les routes vers les zones sinistrées et organiser les opérations de secours.
 

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