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Mardi 28 Avril 2026
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La qualité de l’enseignement passe forcément par la formation des éducateurs (DG de la FMPS)

Rencontrée au 28e Salon international de l’édition et du livre, Nisrine Ibn Abdeljalil, directrice générale de la FMPS, nous parle de sa fondation et des avancées réalisées dans le secteur du préscolaire au Maroc.

La qualité de l’enseignement passe forcément par la formation des éducateurs (DG de la FMPS)
ph. saouri

Quels sont les plans d'action de la FMPS ?

La Fondation marocaine pour la promotion de l'enseignement préscolaire (FMPS) est aujourd'hui un acteur de référence dans le domaine du préscolaire. Elle a deux partenariats stratégiques. Le premier est avec le ministère de l'Éducation nationale, du préscolaire et des sports pour lequel elle gère un réseau important de classes préscolaires publiques. Ce sont des classes implémentées dans les écoles primaires publiques. Le deuxième partenariat est avec le ministère de l'Intérieur à travers l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH). Dans ce cadre, la fondation développe le préscolaire dans le milieu rural. Ces deux partenariats stratégiques représentent la plus grande partie des plans d'action de la fondation : environ 90% de son réseau préscolaire. Je tiens à souligner qu’avec ces deux partenaires, on propose un préscolaire gratuit et de qualité.

Vous avez participé au 28e Salon international de l’édition et du livre. Qu’avez-vous présenté à ses visiteurs ?

La FMPS est un acteur de référence qui gère un réseau très important. Elle a aussi sa propre production pédagogique dans plusieurs domaines. On intervient d’abord dans la production de tout ce qui est cahiers d'activité pour enfants. On a une mallette pédagogique, propre à nous, pour les enfants âgés de 3 à 6 ans. On a aussi d’autres productions pour petits, notamment des chansons, des histoires et des jeux éducatifs. Nous avons également une production relative à la formation des éducateurs. On est content de pouvoir partager toutes ces productions avec les visiteurs du salon. C'était aussi une occasion pour faire connaître le travail de la fondation dans le préscolaire et aussi l’important réseau qu’elle gère.

Que pensez-vous du programme de généralisation du préscolaire ?

La FMPS a été créée en 2008 à l'initiative du Conseil supérieur de l'enseignement et en collaboration avec le ministère de l'Éducation nationale, le ministère de l’Intérieur et la Fondation Mohammed VI de promotion des œuvres sociales de l’éducation-formation.

La raison d'être de la fondation est de promouvoir un préscolaire de qualité et d'accompagner les différents acteurs pour sa généralisation. On est un acteur dans la généralisation et on en est très ravi. Quand le programme national de généralisation du préscolaire a été lancé en 2018 par le ministère de l'Éducation nationale sous le Haut Patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, c'était pour nous une concrétisation. On est content aujourd'hui d'être un acteur de référence dans la généralisation et la promotion d'un préscolaire de qualité.

Peut-on alors dire que nous avons un préscolaire de qualité au Maroc ?

Comme j’ai dit avant, la Fondation œuvre pour la promotion d'un préscolaire de qualité. Il est important de rappeler que le Maroc a fait de grands efforts pour promouvoir la qualité dans l'enseignement préscolaire. Quand le programme national de généralisation du préscolaire a été lancé en 2018, le ministère a aussi lancé un cadre référentiel pour ce type d’enseignement qui l’a cadré pour améliorer sa qualité. Depuis le lancement de ce programme, on a constaté que la distribution du préscolaire en termes d'intervenants dans le secteur a beaucoup changé. Quand la Fondation a démarré en 2008, le préscolaire traditionnel était prépondérant (75%). La part du public était quasi inexistante et le privé représentait 10%. Aujourd'hui, cette distribution a totalement changé. Les acteurs publics représentent près de la moitié du préscolaire dispensé. Le privé a aussi pris un peu plus d'ampleur mais la part du traditionnel a beaucoup régressé et ne représente que 15%. Ceci témoigne de l'effort que l'État a fait pour généraliser un préscolaire de qualité. Dans le même cadre, de grands budgets ont été dédiés à l’amélioration de l'infrastructure. Pour ce qui est de la qualité dans l'enseignement pédagogique, un grand effort a été fait dans la formation des éducateurs et aussi dans l'aménagement et la mise à disposition de tous les outils pédagogiques nécessaires en classes.

Est-ce que la formation des éducateurs suit les objectifs espérés dans ce secteur ?

La qualité de l’enseignement passe forcément par la formation des éducateurs. La FMPS est aujourd'hui l'acteur de formation du préscolaire au Maroc. On forme aussi bien pour notre réseau que pour tous les acteurs du préscolaire. C'est ce que le ministère nous a demandé à travers la convention signée l'année dernière. La Fondation fait la formation aussi bien initiale que continue. C'est une formation qui compte 950 heures au total : 400 heures sont dispensées avant la prise en charge de la classe par l'éducateur et 550 heures sont suivies pendant la première année d'exercice. On est vraiment content et fier de déployer cette formation pour notre réseau et pour les autres acteurs.

Comment se passe la collaboration avec le ministère et les autres partenaires de la FMPS ?

La fondation a de très bons rapports avec le ministère de l'Éducation nationale. C'est un partenariat qui date depuis sa création. Il s'est beaucoup renforcé en 2022 à travers la signature de la nouvelle convention qui porte sur 4 axes, à savoir la gestion d'un réseau important de classes du préscolaire public (environ 70%), la formation des éducateurs, la mise en place d'un dispositif d'évaluation, notamment des compétences acquises par les enfants et enfin l'accompagnement du ministère pour la labellisation des autres acteurs du préscolaire.

Pareil avec notre autre partenaire stratégique, l'INDH, qui a beaucoup apporté à la Fondation. Grâce à ce partenariat en 2019, nous avons pu ouvrir un nombre important de classes et constituer un modèle intéressant pour le préscolaire au Maroc. On a d'autres partenariats tout aussi importants et avec lesquels tout se passe très bien. C’est le cas avec la Fondation Mohammed V pour la solidarité. Nous travaillons aussi avec l’OCP, Masen et d'autres acteurs dans le cadre de leur RSE. On s'est positionné comme étant un expert et un acteur de référence dans le préscolaire et ceci nous permet d'avoir de très bons partenariats pour consolider notre action.

Quels sont les défis à relever dans le domaine du préscolaire au Maroc ?

Aujourd'hui, le taux de préscolarisation a dépassé les 75% mais il reste encore beaucoup d'efforts à faire et de défis à relever, notamment pouvoir généraliser le préscolaire dans les zones les plus reculées. Comme on dit, c'est toujours les 10% qui sont les plus difficiles. On voudrait aligner les moyens financiers afin de généraliser les infrastructures et assurer le fonctionnement de la préscolarisation de tous les enfants. Un autre défi est de pouvoir améliorer progressivement la situation des éducateurs recrutés actuellement au SMIG.

Lire aussi : Préscolaire : 70% de l’offre publique gérés par la FMPS

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