C’est fait. Bank Al-Maghrib (BAM) est enfin sortie de son mutisme par rapport à l’opération structurelle d’achat de bons du Trésor sur le marché secondaire auprès des banques contreparties aux opérations de politique monétaire. Lors d’un point de presse, le 19 janvier à Rabat, le directeur des Opérations monétaires et de change à la Banque centrale, Younes Issami, a affirmé que l’opération n’a rien de spectaculaire puisqu’elle constitue un instrument de politique monétaire, dit «d’open-market» aux côtés d’autres instruments. Concrètement, si l’Institut d’émission a procédé au rachat de bons du Trésor, c’est pour répondre aux enjeux liés à la gestion de la liquidité bancaire.
En plus de couvrir les besoins de refinancement des établissements de crédit, le rachat des bons du Trésor doit permettre de ramener la demande sur le marché secondaire et partant redynamiser ce dernier. «Le constat est que le secteur bancaire a atteint ses limites en termes de détention de bons du Trésor. Ce qui fait que la demande a stagné. Pour relancer les transactions et attirer les investisseurs, la Banque centrale a donc procédé au rachat des bons du Trésor», développe Issami.
L’intervention de BAM qui porte essentiellement sur les bons de très court terme (3 mois) a la vertu de permettre à la Banque centrale d’améliorer ses revenus puisque le rachat des bons s’effectue au taux de plus de 3% contre 2,5% (taux directeur) pour les avances d’une semaine réalisées au profit du secteur bancaire. De même, l’opération de rachat auprès des banques est assujettie à la conditionnalité de mobiliser l’argent injecté par BAM pour l’achat de nouveaux bons du Trésor sur le marché primaire. Selon Issami, la Banque centrale poursuivra le processus de rachat tant qu’il y a de la demande. Des évaluations sont ainsi menées au fur et à mesure des opérations afin d’observer le comportement du marché. Le responsable de la Banque centrale a, par ailleurs, révélé que le Trésor devra lancer prochainement des bons du Trésor indexés sur la variabilité des taux. Ce qui permettra de protéger les investisseurs et les attirer de plus en plus vers ce genre d’instrument.
Les deux appels d'offres de BAM datent du 12 et le 16 janvier
Rappelons que BAM a organisé, le 16 janvier, un deuxième appel d’offres relatif à une opération structurelle d’achat de bons du Trésor sur le marché secondaire. L’opération a enregistré une demande globale de 1,3 milliard de dirhams, totalement satisfaite par la Banque centrale. La maturité moyenne des bons du Trésor achetés par l’Institut d’émission s’est établie à près de 3 mois, et le taux de rendement moyen s’est élevé à 3,16%. Au terme de cet appel d’offres, l’encours global des opérations structurelles de BAM ressort à 16,3 milliards de dirhams. Le prochain appel d’offres sera organisé le lundi 23 janvier.
Rappelons que le premier appel d’offres a eu lieu le 12 janvier. L’opération avait enregistré une demande globale de près de 15 milliards de dirhams, également totalement satisfaite par BAM. La maturité moyenne des bons du Trésor achetés s’est établie à 6,5 mois et le taux de rendement moyen à 3,34%. Rappelons que lors de son point de presse à l’issue du dernier Conseil de BAM de l’année 2022, le wali Abdellatif Jouahri assurait que si les besoins du Trésor se font sentir, BAM pourrait sortir sur le marché secondaire pour acheter des bons du Trésor afin de réguler la liquidité. Jusqu’à présent, indiquait alors Jouahri, le Trésor a utilisé ce dont il dispose, dont la Ligne de précaution et de liquidité (LPL), soit 21 milliards de DH. Pour son financement, le Trésor dispose également du marché des adjudications. Jouahri affirmait que cette opération est conforme aux statuts de BAM et à la conduite des politiques monétaires. BAM s’est même bien préparée à ce processus en concoctant le cadre de l’opération et les écritures comptables y afférentes.
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