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Séisme : Entre Marrakech et les montagnes de l’Atlas, l’élan de solidarité ne s’estompe pas

Une semaine après le séisme qui a frappé la province d’Al Haouz et plongé le Haut Atlas dans la désolation, des milliers de Marocains et de Marocaines continuent d’apporter leur soutien aux populations sinistrées. C’est notamment le cas de cette agence d’événementiel, dont les locaux aux alentours de Marrakech se sont transformés en une fourmilière, avec des dizaines de volontaires, qui travaillent sans relâche pour acheminer les aides. Reportage

Il est un peu plus de 16 heures. Une voiture fait marche arrière pour aligner son coffre avec l’entrée principale. Tout de suite, quatre jeunes hommes et une femme s’approchent. Cette dernière tient un calepin mains et donne le feu vert. Les hommes s’activent à décharger la voiture et la dame inscrit scrupuleusement chaque sac, chaque bouteille sur le calepin. Le conducteur de la voiture est remercié et on lui fournit un reçu des dons qu’il vient d'apporter. Derrière la porte, c’est une véritable fourmilière. Une multitude de volontaires, la plupart dans la vingtaine, s’activent à leurs tâches respectives. Tout d’abord, trier les dons en fonction de leur catégorie, entre nourriture, produits d’hygiène, vêtements et couvertures. Ensuite, labéliser chaque sac et enfin rassembler chaque produit dans sa catégorie. À l’intérieur de ce qui était il y a quelques jours un dépôt de décorations, une dizaine de personnes ont les visages collés à leurs ordinateurs respectifs. Plus loin, une carte de la région est dressée avec des points rouges et verts. «Les points verts désignent les douars où les aides sont parvenues», explique Safaa El Hakym. Cette fondatrice d’une agence d’événementiel très connue à Marrakech a tout laissé de côté pour se mettre elle-même et mettre les moyens de son entreprise à la disposition des volontaires.

Séisme d'Al Haouz : La volonté d’aider comme principale motivation des volontaires

Installée depuis 16 ans dans la ville ocre, Safaa s’est sentie dans l’obligation de venir en aide à ses compatriotes, touchés de plein fouet par le séisme du 8 septembre. Mais elle n’est pas la seule. «Tous ceux et toutes celles qui sont ici ont tout laissé tomber, pour venir donner un coup de main. Certains ne dorment que 3 heures par nuit», nous lance un volontaire. «Mais ce n’est pas important. Le plus important est que l’on soit aux côtés des victimes», nous explique-t-il, avant de se diriger vers le coffre d’une autre voiture qui vient d’arriver. Se porter volontaire suit un process très minutieux. Pour faire partie d’un convoi, il faut s’inscrire au «QG», fournir son nom, son numéro de téléphone et sa destination. «L’objectif est que les gens soient identifiés avant de faire le déplacement», nous explique-t-on. Le rendez-vous est pris. Le départ est prévu le lendemain à 6 heures du matin.

Séisme d'Al Haouz : Pas de demi-tour !

Le lendemain, à 6 heures du matin, le «QG» est naturellement moins peuplé et en y arrivant, 4 voitures 4x4 sont chargées et prêtes à partir. Destination : les sommets du Haut Atlas, près d’Ijoukak, pas loin de l’épicentre du séisme. Il faut compter une heure et demie pour atteindre Asni. Là, les tentes où sont momentanément logés les rescapés se font de plus en plus nombreuses. «C’est mieux de partir tôt le matin, nous explique Saïd, un artiste qui met sa voiture à disposition de l’opération. C’est pour éviter les bouchons avec toutes les voitures qui viennent chargées d’aides.» Puis à un certain moment, il n’y a plus que la piste sinueuse à travers les montagnes. Les engins du ministère de l’Équipement sont partout et dégagent les routes, même les plus étroites et dont les bords présentent un danger permanent pour les conducteurs non aguerris.

Au bout de 2 heures de virages, le convoi atteint le point de rendez-vous et les habitants du douar auquel les dons sont destinés sont à notre attente. Alors que les voitures sont soigneusement déchargées, une file de jeunes hommes à dos d’ânes et de mulets descendent de la montagne, sur la route coupée. On aurait dit une colonne de fourmis. Les visages sont graves, mais le sourire n’est pas bien loin. Surtout quand Mohamed, visiblement à la baguette, nous demande de boire un verre de thé, tout en nous remerciant de nos efforts. Il est temps de repartir. Mais la route est tellement étroite qu’il n’y a aucune possibilité de faire demi-tour. Le seul moyen est de faire marche arrière sur une centaine de mètres et l’erreur est fatale. Il est presque midi et sur le chemin du retour, des éléments de la Gendarmerie Royale s’affairent déjà à organiser la circulation. Les voitures, camionnettes et camions sur la route de la montée sont déjà nombreux. La journée ne fait que commencer et déjà, les convois apportant les aides sont de plus en plus nombreux.

>> Lire aussi : Séisme d’Al Haouz : l’esprit du volontariat prime

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