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Séisme d’Al Haouz : attention à ne pas malmener l’éthique journalistique !

Alors que le séisme qui a frappé le Maroc le 8 septembre dernier est toujours au cœur de l’actualité, les organes de presse nationaux et internationaux sont plus que jamais sous les projecteurs. Le Conseil national de la presse et le Syndicat national de la presse marocaine, ayant constaté des dérives dans le traitement médiatique de ce drame, appellent à la responsabilité journalistique et au respect de l’éthique professionnelle.

Séisme d’Al Haouz : attention à ne pas malmener l’éthique journalistique !

En cette période critique, marquée par le combat inlassable contre les répercussions néfastes du séisme d’Al Haouz, les médias, qu'ils soient imprimés, télévisés ou numériques, sont plus que jamais appelés à faire preuve de responsabilité. Compte tenu du rôle crucial qu’ils jouent dans le suivi et le traitement des informations liées à cette tragédie, ils pourraient avoir une influence positive ou négative sur les personnes touchées par la catastrophe, sur leurs proches et sur le moral du public, voire sur l’image du pays. C'est pourquoi les organismes professionnels et les institutions de réglementation du secteur les surveillent de près, n’hésitant pas à signaler les dépassements et les dérives constatés dans l’exercice de l’activité de certains journalistes.

>>Lire aussi : Séisme au Maroc : Mohcine Benzakour analyse le phénomène des fake news

Dans ce cadre, le Conseil national de la presse (CNP) a publié un communiqué lundi dernier dans lequel il appelle à éviter les «polémiques stériles». Tout en saluant le «travail sérieux» accompli par les médias ainsi que par tous les journalistes et professionnels du secteur, dans le cadre de la couverture du tremblement de terre d’Al Haouz, le Conseil a appelé à une vigilance accrue dans la collecte et la diffusion d'informations ainsi que dans leur commentaire. Le CNP insiste sur la nécessité pour les journalistes de s’appuyer dans leur travail sur des sources fiables, de bien vérifier les informations et de les collecter sur le terrain, en menant des enquêtes approfondies. Il attire l’attention sur l’importance d’éviter les rumeurs et les fausses nouvelles.

De même, il estime qu’il est crucial de placer les informations dans leur contexte temporel et spatial, et d’être parfaitement conscient des visées de certaines parties qui, «intentionnellement ou par amateurisme, propagent des informations dénigrant les efforts menés par les pouvoirs publics dans la lutte contre les effets de ce séisme». Le Conseil insiste également sur l'importance de respecter les principes déontologiques de la profession lors de la couverture de cet événement tragique, en évitant toute forme de sensationnalisme ou de manque de respect de la dignité des défunts et des victimes, ainsi qu'envers les sentiments de leurs familles et de leurs proches.

Le CNP n’a pas manqué dans cette optique d’exprimer sa ferme réprobation de «certains médias étrangers» qui, au lieu d'exercer leur devoir professionnel, focalisent sur des détails qui n’ont rien à voir avec le contexte de la tragédie, tout en véhiculant des messages nostalgiques de l’époque coloniale. Pour le Conseil, le contexte de la tragédie doit transcender les considérations politiques étriquées. À noter que le président de la Commission provisoire pour la gestion du secteur de la presse n’ayant pas encore été nommé, la publication de ce communiqué relève de la «gestion des affaires courantes».

De son côté, le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) a publié lui aussi un communiqué lundi, dans lequel il dénonce le non-respect de la déontologie journalistique par certains médias dans leur traitement du séisme. Il souligne que les fausses nouvelles et les rumeurs, dans une situation aussi critique, ne violent pas seulement le droit des citoyens à une information crédible, mais peuvent également provoquer la panique et la terreur, entraînant potentiellement des réactions collectives dangereuses. Ces pratiques peuvent parfois entraver les opérations de secours et la distribution de l'aide aux personnes dans le besoin, met en garde le SNPM.

Toute tentative d'exploitation de ce drame, que ce soit par la diffusion de fausses informations ou par la récupération politique, est condamnable selon le Syndicat. Pour mieux lutter contre ces pratiques malsaines, y compris sur les plateformes de médias sociaux et les applications de messagerie instantanée, le SNPM annonce la création d'une commission dédiée. Cette commission aura pour mission de démasquer les fausses informations et de corriger les données erronées ou imprécises. Par ailleurs, tant le CNP que le SNMP ont fait part de leur engagement à participer, aux côtés d'autres institutions nationales, au compte d’affectation spécial consacré à la gestion des impacts du séisme.

 

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