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Jeudi 20 Juin 2024
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La sortie de l’USFP décrédibilise le discours politique et affaiblit l’opposition (Benabdallah)

Le secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme a eu la dent dure jeudi contre le premier secrétaire de l’USFP, qui a affiché dernièrement la disposition de son parti à intégrer l’équipe gouvernementale. Pour Nabil Benabdallah, cette démarche est de nature à affaiblir davantage l’opposition et la décrédibiliser. Invité de «L’info en Face», il a évoqué le dialogue social, la réforme du Code du travail et du droit de grève tout en fustigeant l’inaction du gouvernement face à l’inflation galopante.

La sortie de l’USFP décrédibilise le discours politique et affaiblit l’opposition (Benabdallah)
Nabil Benabdallah.

Il semble que les dernières déclarations de Driss Lachgar concernant la disposition de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) à intégrer le gouvernement ne soient pas très appréciées du côté de l’opposition, et en particulier du Parti du progrès et du socialisme (PPS). Lors de son passage à l’émission «L’info en Face», le secrétaire général du PPS, Nabil Benabdallah, a vertement critiqué les déclarations du premier secrétaire de l’USFP dans lesquelles il a appelé explicitement à un remaniement ministériel qui ouvrirait la voie à son parti pour participer aux grandes réformes lancées par le gouvernement.

>>Lire aussi : Remaniement ministériel : l’USFP pour une véritable secousse

Le chef de l’ancien Parti communiste marocain a estimé que la tenue de tels propos «décrédibilise le discours politique et contribue à affaiblir une opposition déjà fragmentée, au lieu de l’unifier en vue de préparer les futures élections législatives». M. Benabdallah a indiqué par ailleurs qu’un remaniement ministériel ou «un rafistolage» ne pourra en aucun cas changer les priorités, la politique de développement et les orientations de «ce gouvernement qui semble aujourd’hui loin d’honorer ses engagements», notamment ceux contenus dans le cadre de la déclaration gouvernementale, surtout le volet relatif à l’implémentation du projet du nouveau modèle de développement.

 

Engagements gouvernementaux non respectés selon le PPS

«Nous sommes en droit de nous demander si le gouvernement a changé de priorité, puisque ce dernier n’affiche aucune volonté de remplir sa promesse concernant la mise en œuvre du nouveau modèle de développement. L’Exécutif ne cesse de marteler que la priorité est l’édification de l’État social, mais il ne fait que répéter des slogans puisqu'aucune mesure n’a été prise pour lutter contre l’inflation qui continue de battre son plein. Pourtant, notre parti avait proposé au gouvernement, dans une lettre adressée à son chef, de recourir à l’article 2 de la loi 104-12 sur la liberté des prix et de la concurrence qui accorde la possibilité d’un plafonnement des prix durant six mois afin de préserver le pouvoir d’achat, comme nous leur avons proposé, entre autres, de baisser la TVA ou de diminuer la marge des bénéfices des sociétés pétrolières». Mais cette lettre a été très mal accueillie, déplore le chef du PPS, car «il semble que ce gouvernement n’apprécie pas qu’on le critique, encore moins qu’on le contredise». En plus, ajoute le même responsable politique, il ne dispose pas de la force politique nécessaire pour défendre ses choix et ses orientations auprès de l’opinion publique.

Inflation galopante et mutisme gouvernemental

Sur un autre registre, le secrétaire général du PPS n’a pas manqué de critiquer la hausse répétitive des prix des hydrocarbures. Une série de révisions qui intervient selon lui dans une période critique, marquée par une avalanche de dépenses que les ménages peinent à supporter. «Nous regrettons que le gouvernement ait procédé à cinq augmentation des prix des carburants durant le mois d’août, connu pourtant pour le ralentissement de l’activité du Parlement et par un vide politique. Mais ce que nous déplorons le plus est l’absence de toute communication sur cette hausse des prix qui frappe de plein fouet le pouvoir d’achat des citoyens». Pour M. Benabdallah, la démarche du gouvernement est d’autant plus incompréhensible que le soutien accordé aux transporteurs n’a pas eu l’effet escompté.

S’agissant de la décision annoncée par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) de procéder à une deuxième augmentation du SMIG de 5%, bien que cette revalorisation soit conditionnée par la réforme du Code du travail et la promulgation du cadre juridique relatif au droit de grève, M. Benabdallah a salué l’engagement de la Confédération patronale, tout en insistant sur l’importance de préserver les droits des salariés et de respecter le droit de grève. «Nous considérons certes que le Code du travail doit désormais s’adapter aux réalités d’aujourd’hui, mais nous estimons qu’il faut faire très attention à la question de la flexibilité qui pourrait avoir des conséquences dramatiques si elle n’était pas bien encadrée. Il en est de même pour le droit de grève qui – je le rappelle – est un droit constitutionnel», explique-t-il.

Évoquant le volet relatif à la promotion des investissements, le chef du PPS a dénoncé le manque de volonté du gouvernement de lutter contre l’économie de rente, la corruption et les conflits d’intérêts, notant que même la CGEM reconnaît la persistance de plusieurs défis qui entravent le développement des entreprises, notamment la multiplicité des taxes locales et un barème de TVA peu attractif. Il a ainsi appelé à accélérer le rythme des réformes et à prendre des mesures audacieuses pour protéger le pouvoir d’achat des citoyens et préserver la paix sociale.

 

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