La Finance participative (FP) au Maroc est loin du potentiel tracé au démarrage de ce marché, il y a cinq ans. Cela se traduit dans les niveaux de chiffres d’affaires et de parts de marché réalisés et qui sont encore loin des objectifs poursuivis. Pour booster cette activité et mettre en avant les atouts et les offres des banques et des fenêtres participatives ainsi que l’assurance Takaful au Maroc, l’Académie de la Finance participative, fondation à but non lucratif, créée en 2017, en partenariat avec l’un des plus anciens et importants groupes de médias, Groupe Le Matin, organisent à Casablanca le «Symposium de la Finance participative» (SymPart 23). Ce Symposium annuel, programmé cette année pendant trois jours, du 16 au 18 mars, présente la Finance participative en tant qu’«outil d’inclusion et levier de développement».
Évoquant jeudi l’importance de cet événement, lors d’une conférence de presse, Abderrahmane Lahlou, expert consultant en Finance participative et président fondateur de l’Académie, a présenté l’état des lieux de cette composante récente de la finance, qu’il qualifie de sujet national de grande importance. «L’apport en termes de financement de la part des banques participatives est de l’ordre de 24 milliards de dirhams. Or la part des dépôts reste stable autour de 8 milliards de dirhams. S’agissant des banques participatives, les gens considèrent encore que ces établissements sont là juste pour financer et non pas pour recevoir aussi des dépôts. Ils déposent leur argent chez les banques conventionnelles ou chez eux dans des coffres, puis viennent juste pour demander du financement auprès des banques participatives», regrette-t-il.
Dans le même sens, il a livré d’autres chiffres qui montrent que, par exemple, ce nouveau canal financier dit halal (qui rejette le principe de l’intérêt-usure interdit par la Charia) commence à avoir du succès, notamment dans le financement des clients du secteur foncier. «Le financement du logement représente une part de 6% après cinq ans. Or sur le plan global, la FP comparée avec ce qui se passe sur le plan national représente seulement 1%. Alors qu’on visait, au départ, les 5%. Mais on ne pourra arriver à ce taux qu’après 10 ans (en 2027). C’est le taux relevé dans des pays comme l’Égypte ou la Turquie, là où il n’y pas de décisions politiques qui aident à dépasser ces taux, comme en Arabie saoudite», explique-t-il.
La finance participative, un secteur à développer via la sensibilisation
Des éléments qu’il a livrés pour souligner l’importance des efforts à entreprendre en matière de sensibilisation et d’explication par les opérateurs du secteur et des autorités de tutelle aux clients, qu’il s’agisse des particuliers ou des entreprises. C’est d’ailleurs l’objectif du «Symposium de la Finance participative» qui prévoit de nombreux moments forts allant. «Dans ce rendez-vous annuel incontournable de la FP au Maroc et dans le monde, les professionnels et les acteurs de l’écosystème rencontreront le grand public et débattront aussi des sujets d’actualité du secteur, particulièrement la problématique bancaire du nécessaire équilibre des emplois et des ressources en provenance du marché, et la problématique des placements de fonds pour les assurances Takaful. Le SymPart 23 vise donc deux objectifs : l’appropriation du concept et des offres des banques et organismes financiers participatifs par le grand public, d’une part, et l’échange scientifique avec des experts autour de pratiques internationales sur les questions de développement du secteur, d’autre part», soulignent les organisateurs de l’événement.
Au menu figurent aussi des échanges sur les expériences du marché de la banque et des produits participatifs dans quatre pays (Turquie, Malaisie, Tunisie et Jordanie). Une rencontre entre les chefs d’entreprises et les responsables des banques participatives et compagnies Takaful est également programmée avec la CGEM pour accompagner la diversification des acteurs participatifs vers le financement et la couverture du Corporate.
