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Samedi 16 Mai 2026
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Taxes urbaines et cotisations CNSS : ce que demandent les propriétaires de cafés et restaurants

Les propriétaires de cafés, restaurants et unités touristiques ne sont pas dans leur assiette. Ils se disent victimes d’un régime fiscal injuste imposé par les conseils des communes. C’est pourquoi ils appellent à la mise en place d'un référentiel afin de prémunir leur secteur contre «les abus de pouvoir». Une réunion est prévue lundi prochain avec le ministre de l'Industrie et du commerce.

Taxes urbaines et cotisations CNSS : ce que demandent les propriétaires de cafés et restaurants

L’Association nationale des propriétaires de cafés et restaurants et unités touristiques du Maroc est montée de nouveau au créneau pour appeler le ministère de l'Intérieur à une intervention urgente pour «arrêter l'hémorragie des fermetures que connaît ce secteur suite à l'entrée en vigueur des augmentations des taxes fiscales relatives aux boissons et à l’exploitation temporaire de l’espace public». Lors d'une réunion du bureau national de cette association, tenue au début de cette semaine, les professionnels ont réitéré leur demande de relance du dialogue avec les départements concernés, à savoir le ministère de l'Intérieur, celui de l'Industrie et du commerce et celui des Finances en vue d'examiner les moyens de se pencher sur «les insuffisances du cadre juridique actuel régissant ce secteur».

Les propriétaires de cafés et restaurants demandent un plafonnement des taxes et impôts 

«20% des propriétaires de cafés et restaurants ont été contraints de fermer parce qu'ils n'ont pas pu payer les dettes qui se sont accumulées au cours de la période de Covid-19, auxquelles sont venus s'ajouter les nouveaux tarifs des taxes et impôts imposés par certaines communes. Le secteur se trouve actuellement au bord du gouffre et de nombreuses entités risquent de faire faillite si le ministère de l'Intérieur n'intervient pas pour plafonner les taxes et impôts dont les montants sont soumis actuellement à l'appréciation de chaque commune», souligne Nourredine El Harrak, le président de l’Association, dans une déclaration accordée au «Matin». En effet, les professionnels déplorent depuis plusieurs mois les fortes hausses des taxes urbaines adoptées par certaines collectivités territoriales, notamment la commune de Rabat et celle de Casablanca qui ont procédé à des augmentations allant jusqu’au double. «Je vous donne un exemple, la commune de Rabat a fixé les taxes urbaines relatives aux chaises et tables à 80 DH le mètre carré par trimestre. Tandis que la taxe d'exploitation temporaire de l'espace public, elle est passée de 70 DH/m² à 525 DH/m² au niveau de quartiers comme Hay Riad et Souissi et 325 DH/m² au niveau du quartier Agdal, sachant que ces augmentations ne répondent à aucune logique et risque d'entraîner la faillite de nombreux commerces», note M. El Harrak.

Adapter les montants des cotisations à la CNSS à la réalité de chaque commerce

Les propriétaires de cafés et restaurants appellent par ailleurs à l'adaptation des montants des cotisations à la CNSS à la réalité de chaque commerce. Dans ce sens, l'Association propose la réalisation d'une étude de terrain visant à établir un diagnostic de la situation du secteur et des contraintes et difficultés que rencontrent les professionnels. «Nous exprimons notre pleine adhésion au chantier de généralisation de la couverture sociale, mais la Caisse nationale de sécurité sociale doit tenir compte des disparités spatiales qui existent entre les régions et qui font que des cafés et restaurants dans certaines villes sont plus rentables que d'autres et d'adapter les montants des cotisations payées par les employeurs à cette réalité. Autrement, plusieurs entités fragilisées par la crise relative à la Covid et criblées de dettes finiront par arrêter leur activité, ce qui provoquera la perte de milliers d'emploi», s'exclame le même intervenant. Le président de l'Association se dit toutefois optimiste quant aux résultats de la prochaine réunion avec le ministre de l'Industrie et du commerce prévue lundi prochain et qui sera une occasion pour exposer les difficultés que connaît actuellement le secteur.

 

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