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La littérature marocaine en deuil : Ahmed Sefrioui décède à Rabat

Le romancier marocain Ahmed Sefrioui est décédé mardi soir à Rabat à l'âge de 89 ans.

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Né à Fès en 1915, Sefrioui est l'auteur de plusieurs oeuvres dont «La boîte à merveille», «le Chapelet d'ambre» et «La Maison de servitude».
Il fût le premier écrivain marocain à avoir reçu le Grand Prix littéraire du Maroc en 1949 pour son roman «Le Chapelet d'ambre» où le romancier évoque les différentes facettes et des tableaux de la vie à Fès.

Ce romancier d'expression française avait occupé plusieurs hauts postes administratifs aux ministères du tourisme et de la culture. Il avait également obtenu en 1974 le prix du Grand Mérite institué par le ministère de la Culture en 1986 pour rendre hommage aux hommes de lettres et de sciences marocains.

Ahmed Sefrioui est né dans une famille modeste de Sefrou qui s’est installée ensuite à Fès. Il s’est largement inspiré des milieux populaires dont il est issu.Le maître spirituel de Sefrioui ne fut pas un lettré de la Qaraouiyine, mais un conteur aveugle nommé Mekki que le jeune adloescent qu’était probablement Ahmed Sefrioui venait écouter tous les soirs à Bab El Guissa, sous les remparts de Fès.

Le romancier ne manque pas de faire allusion à cette période et à ce personnage dans «La boîte à merveilles». Il écrit « Dans la bouche de Mekki, l’aveugle, les mots devenaient chants, incantations, roucoulements, gouttes de cristal dans une vasque de marbre. Longtemps après, il s’aperçoit que derrière les mots se cachait la vie et une vie qu’il n’aurait jamais osé imaginer. Et Mekki accepta de guider ses pas dans le chemin de la connaissance».

L’eouvre de Ahmed Sefrioui n’allait être jugée à sa juste valeur, qu’en 1993, après la critique idéologique et réductrice de « La boîte à merveilles».
On écrivit alors : « L’intérêt de l’eouvre ne réside pas dans sa valeur documentaire : c’est l’art de la construction d’une certaine vérité –celle d’un enfant- qui est essentiel ; et dans le jeu varié du langage qui a été évacué des analyses critiques- que l’on peut saisir la qualité de ce texte».

Source Temps du Maroc
N°129 du 17 avril 1998