Le Matin : Quelle est la situation du cancer des enfants au Maroc ?
Mohamed Khattab : Au Maroc, près de 800 nouveaux cas d'enfants atteints de cancer sont examinés chaque année, dont la moitié est traitée à l'hôpital d'enfants de Rabat.Depuis le début des années 80 et à ce jour, la survie est passée de 5% à 60%.
Ce taux atteint 90% pour certains cancers (rein, Hodgkin ou cancer des ganglions).
Ce progrès a été acquis grâce à la spécialisation de certains professionnels de la santé, à l'adaptation des protocoles internationaux et à l'aide précieuse des associations et autres bienfaiteurs.
Malgré ce progrès, le travail doit être soutenu pour combler le gap avec les pays développés qui est de l'ordre de 20%.
Cet espoir pourrait être exaucé si une volonté politique pourrait être mise en œuvre pour assurer un diagnostic précoce, un accès aux médicaments et aux bilans pour tous les enfants atteints de cancer, une assistance sociale et un soutien psychologique aux patients et à leurs familles.
Pour célébrer la Journée mondiale du cancer de l'enfant, vous avez choisi de consacrer une journée thématique à la place de l'infirmier dans la prise en charge de l'enfant atteint de cette maladie. Qu'est-ce qui justifie ce choix ?
En cancérologie pédiatrique, l'infirmier joue un rôle primordial dans la réussite des soins.
Il est la plupart du temps auprès du malade, pratique une chimiothérapie délicate, délivre les traitements, détecte les signes de douleur et alerte le médecin.
C'est une discipline où le médecin et l'infirmier doivent dialoguer et avoir constamment la main dans la main pour la réussite des traitements.
C'est pour cette raison qu'une journée thématique est entièrement consacrée à la place de l'infirmier en oncologie pédiatrique et en particulier dans la gestion de la douleur.
En plus de l'affichage des travaux des infirmiers sur des panneaux, une session a été consacrée à leurs présentations, et à un débat animé par les responsables des soins et de formation.
Quel bilan faites-vous des actes réalisés par les infirmiers en oncologie pédiatrique ?
Chaque mois, les infirmiers réalisent 1.000 cures de chimiothérapie, 200 ponctions lombaires et injections intra-thécales, 100 ponctions et biopsies de moelle osseuse, etc.
Comment gérer la douleur d'un enfant atteint de cancer ?
Indépendamment de guérir ou non la maladie, les patients et leurs familles sont unanimes sur un point : le plus important est de ne pas souffrir, ni physiquement, ni moralement, ni psychiquement. Or un enfant atteint de cancer souffre de la maladie, des traitements et des actes invasifs (prise d'une voie veineuse, ponction lombaire, ponction et biopsie ostéomédullaire…). Comment reconnaître les symptômes de la douleur liés à la maladie à tous les âges et les traiter à temps?
Comment rendre les prélèvements et les explorations les moins pénibles possibles ?
Des infirmiers ont parlé de leur expérience. Une communication a permis de mettre le point sur l'importance de la morphine en tant qu'antalgique puissant et largement utilisé dans les cancers, mais avec le handicap des obstacles législatifs et des réticences sur sa délivrance de la part de certains médecins et familles.
En plus de la douleur physique, les infirmiers sont tous les jours confrontés à la peur et à l'angoisse vécues par les malades et les parents et à l'obligation de leur proposer des solutions.
C'était également l'occasion de l'expérience "Reiki" au sein du service. Il s'agit d'une méthode comportementale d'aide des patients et de leurs familles.
Nos infirmiers ont-ils les qualifications adéquates pour être à la hauteur de leur mission ?
La cancérologie est un des domaines qui évolue constamment. La formation continue de l'infirmier est indispensable. Une première en Afrique a été la qualification des infirmiers en oncologie pédiatrique sur place au Maroc par des expertes américaines et françaises.
Cette formation a été basée sur la théorie et la pratique et rehaussée par des stages à l'étranger.
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A cette occasion, le Service d'hématologie et d'oncologie pédiatrique de l'hôpital d'enfants de Rabat a organisé, du 13 au 16 février, une "semaine portes ouvertes" axée sur 2 journées thématiques.
La première concerne la place de l'infirmier dans la prise en charge de l'enfant atteint de cancer. La seconde s'est penchée sur l'amélioration du taux de survie des cancers grâce au travail multidisciplinaire selon les mêmes protocoles entre plusieurs pays.
En 2001, les représentants de 8 centres africains (Casablanca, Rabat, Alger, Oran, Tunis, Dakar, Yaoundé, Antananarivo) se sont réunis en France avec différents experts pour établir des protocoles de traitement d'un certain nombre de cancers. 6 ans après, le niveau de prise en charge de cette maladie a énormément progressé.
Mohamed Khattab : Au Maroc, près de 800 nouveaux cas d'enfants atteints de cancer sont examinés chaque année, dont la moitié est traitée à l'hôpital d'enfants de Rabat.Depuis le début des années 80 et à ce jour, la survie est passée de 5% à 60%.
Ce taux atteint 90% pour certains cancers (rein, Hodgkin ou cancer des ganglions).
Ce progrès a été acquis grâce à la spécialisation de certains professionnels de la santé, à l'adaptation des protocoles internationaux et à l'aide précieuse des associations et autres bienfaiteurs.
Malgré ce progrès, le travail doit être soutenu pour combler le gap avec les pays développés qui est de l'ordre de 20%.
Cet espoir pourrait être exaucé si une volonté politique pourrait être mise en œuvre pour assurer un diagnostic précoce, un accès aux médicaments et aux bilans pour tous les enfants atteints de cancer, une assistance sociale et un soutien psychologique aux patients et à leurs familles.
Pour célébrer la Journée mondiale du cancer de l'enfant, vous avez choisi de consacrer une journée thématique à la place de l'infirmier dans la prise en charge de l'enfant atteint de cette maladie. Qu'est-ce qui justifie ce choix ?
En cancérologie pédiatrique, l'infirmier joue un rôle primordial dans la réussite des soins.
Il est la plupart du temps auprès du malade, pratique une chimiothérapie délicate, délivre les traitements, détecte les signes de douleur et alerte le médecin.
C'est une discipline où le médecin et l'infirmier doivent dialoguer et avoir constamment la main dans la main pour la réussite des traitements.
C'est pour cette raison qu'une journée thématique est entièrement consacrée à la place de l'infirmier en oncologie pédiatrique et en particulier dans la gestion de la douleur.
En plus de l'affichage des travaux des infirmiers sur des panneaux, une session a été consacrée à leurs présentations, et à un débat animé par les responsables des soins et de formation.
Quel bilan faites-vous des actes réalisés par les infirmiers en oncologie pédiatrique ?
Chaque mois, les infirmiers réalisent 1.000 cures de chimiothérapie, 200 ponctions lombaires et injections intra-thécales, 100 ponctions et biopsies de moelle osseuse, etc.
Comment gérer la douleur d'un enfant atteint de cancer ?
Indépendamment de guérir ou non la maladie, les patients et leurs familles sont unanimes sur un point : le plus important est de ne pas souffrir, ni physiquement, ni moralement, ni psychiquement. Or un enfant atteint de cancer souffre de la maladie, des traitements et des actes invasifs (prise d'une voie veineuse, ponction lombaire, ponction et biopsie ostéomédullaire…). Comment reconnaître les symptômes de la douleur liés à la maladie à tous les âges et les traiter à temps?
Comment rendre les prélèvements et les explorations les moins pénibles possibles ?
Des infirmiers ont parlé de leur expérience. Une communication a permis de mettre le point sur l'importance de la morphine en tant qu'antalgique puissant et largement utilisé dans les cancers, mais avec le handicap des obstacles législatifs et des réticences sur sa délivrance de la part de certains médecins et familles.
En plus de la douleur physique, les infirmiers sont tous les jours confrontés à la peur et à l'angoisse vécues par les malades et les parents et à l'obligation de leur proposer des solutions.
C'était également l'occasion de l'expérience "Reiki" au sein du service. Il s'agit d'une méthode comportementale d'aide des patients et de leurs familles.
Nos infirmiers ont-ils les qualifications adéquates pour être à la hauteur de leur mission ?
La cancérologie est un des domaines qui évolue constamment. La formation continue de l'infirmier est indispensable. Une première en Afrique a été la qualification des infirmiers en oncologie pédiatrique sur place au Maroc par des expertes américaines et françaises.
Cette formation a été basée sur la théorie et la pratique et rehaussée par des stages à l'étranger.
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Célébration mondiale
A l'instar des autres pays du monde, le Maroc a célébré, le 15 février, la Journée internationale du cancer de l'enfant (JICE).A cette occasion, le Service d'hématologie et d'oncologie pédiatrique de l'hôpital d'enfants de Rabat a organisé, du 13 au 16 février, une "semaine portes ouvertes" axée sur 2 journées thématiques.
La première concerne la place de l'infirmier dans la prise en charge de l'enfant atteint de cancer. La seconde s'est penchée sur l'amélioration du taux de survie des cancers grâce au travail multidisciplinaire selon les mêmes protocoles entre plusieurs pays.
En 2001, les représentants de 8 centres africains (Casablanca, Rabat, Alger, Oran, Tunis, Dakar, Yaoundé, Antananarivo) se sont réunis en France avec différents experts pour établir des protocoles de traitement d'un certain nombre de cancers. 6 ans après, le niveau de prise en charge de cette maladie a énormément progressé.
