Et de plaisir et d'amour pour la bonne musique, le spectacle s'est transformé en une "fiesta" qui manifeste l'allégresse et la joie de vivre. Sur la scène, la trentaine de musiciens, qui ont chanté à l'unisson un hymne à la vie, étaient sublimes, magistraux, émouvants, homériques, dirait-on sans exagération. Ils étaient tout simplement prodigieux. Bienvenus dans la cour des grands.
Une cour où des "chioukh" de la bonne tradition algérienne, côte à côte avec de jeunes musiciens, maniant merveilleusement des instruments acoustiques typiques et d'autres atypiques, offrent au «chaâbi» ses lettres de noblesse. Seul mot d'ordre de l'orchestre : s'éclater et réjouir le public. "Jouer et sourire, complicité et bonheur", renchérit Maurice Medioni, pianiste virtuose du groupe qui a faussé compagnie à ses partenaires pour rester au chevet de son frère grièvement malade. Avec tous ces ingrédients, les membres de ce "big-band" ne ratent jamais leur cible.
Après Marseille, Paris, Londres, Berlin, c'est la ville des alizés qui a accueilli l'orchestre pour son premier concert dans un pays arabe. Sous le chapiteau de Bab Menazah, musulmans et juifs se sont éclatés ensemble et transmis cette euphorie au public qui en demandait encore et encore. Leur bonheur d'être réunis, après avoir été séparés par les aléas de la vie, ne fait aucun doute. Malgré l'exil, la séparation, l'éloignement de la patrie, ces vétérans du "chaâbi" algérien sont restés attachés à leurs racines. Ceux qui ont quitté l'Algérie après la guerre et l'indépendance ont emporté dans leurs cœurs les senteurs des casbahs d'Alger, témoins de leurs tribulations et de leurs aventures de jeunesse. «La vie les a séparés, la musique les a réunis», lit-on sur le dépliant les présentant. Chaque spectacle est une occasion qu'ils ne ratent jamais pour fêter ces retrouvailles. Entre une chanson et une autre, ils se parlent, chuchotent, se jettent des regards complices, rient comme des enfants heureux.
Dès les premières minutes du spectacle, le public a été conquis. A partir du moment où un rabbin et un imam ont donné, ensemble, le coup d'envoi de cette fête enchanteresse, il a compris qu'il était face à un orchestre, pas comme les autres, et qu'il avait rendez-vous avec l'histoire. Par la suite, les chansons se sont suivies sans se ressembler. Ponctuées par les commentaires suaves d'Abdelmajid Meskoud, «ambianceur» aux talents d'animateur, elles ont fait revivre les différents genres qui ont connu leurs heures de gloire à Alger dans les années trente, quarante et cinquante. Après le fabuleux «El harraz», interprété dans sa version réarrangée, le public est entré en transe et s'est laissé transporter par ces papys habités par le diable de la musique. Une bonne entrée en matière pour mieux savourer ce qui a suivi: «Chhilet laayanie», chanson écrite par Garramou, «Win saadi» et «Subhan allah ya l'tif», toutes les deux du grand «El Anka», «Dzair ya assima», tube mythique d'Abdelmajid Meskoud, «Haramtou bik nouassi», «Bnat el youm» de Lili Labassie, «Wana sghayer» d'El Anka… Et enfin, «Ya rayah», l'incontournable tube de Dahman El Harrachi.
En parlant de ces enfants du ''chaâbi'', Safinez Bousbia, qui a eu l'ingénieuse idée de les réunir ensemble, réalisatrice algéro-irlandaise et aujourd'hui leur manager, souligne : «Chacun d'eux relate une histoire personnelle qui est en fin de compte une partie de l'histoire de la musique et du pays. Sur scène, ils réunissent ensemble, en harmonie, les différentes pièces d'un puzzle pour en faire une pièce unique. Leur point fort est donc ce rassemblement de diverses cultures, religions, personnalités, couches sociales, styles musicaux et de voix qui créent le son unique d'El Gusto». En réalité, un groupe d'une telle dimension humaine se voit, s'écoute... Il ne se raconte pas. Avoir la chance d'assister à un tel concert est un véritable événement. En fait, avant que l'orchestre n'interprète sa dernière chanson, il a été interrompu pour qu'un dernier hommage soit rendu à celui qui a sauvegardé et enrichi le patrimoine musical judéo-marocain, Samy El Maghribi. Celui-là même dont l'âme n'a pas cessé de planer sur le festival. Une médaille de mérite a été décernée, à titre posthume, au nom de Sa Majesté le Roi, par André Azoulay, président de la Fondation Essaouira-Mogador et par Abdesslam Bikrat, gouverneur de la ville, à sa femme en présence de sa fille et de son petit-fils.
Vivement la prochaine édition.
Une cour où des "chioukh" de la bonne tradition algérienne, côte à côte avec de jeunes musiciens, maniant merveilleusement des instruments acoustiques typiques et d'autres atypiques, offrent au «chaâbi» ses lettres de noblesse. Seul mot d'ordre de l'orchestre : s'éclater et réjouir le public. "Jouer et sourire, complicité et bonheur", renchérit Maurice Medioni, pianiste virtuose du groupe qui a faussé compagnie à ses partenaires pour rester au chevet de son frère grièvement malade. Avec tous ces ingrédients, les membres de ce "big-band" ne ratent jamais leur cible.
Après Marseille, Paris, Londres, Berlin, c'est la ville des alizés qui a accueilli l'orchestre pour son premier concert dans un pays arabe. Sous le chapiteau de Bab Menazah, musulmans et juifs se sont éclatés ensemble et transmis cette euphorie au public qui en demandait encore et encore. Leur bonheur d'être réunis, après avoir été séparés par les aléas de la vie, ne fait aucun doute. Malgré l'exil, la séparation, l'éloignement de la patrie, ces vétérans du "chaâbi" algérien sont restés attachés à leurs racines. Ceux qui ont quitté l'Algérie après la guerre et l'indépendance ont emporté dans leurs cœurs les senteurs des casbahs d'Alger, témoins de leurs tribulations et de leurs aventures de jeunesse. «La vie les a séparés, la musique les a réunis», lit-on sur le dépliant les présentant. Chaque spectacle est une occasion qu'ils ne ratent jamais pour fêter ces retrouvailles. Entre une chanson et une autre, ils se parlent, chuchotent, se jettent des regards complices, rient comme des enfants heureux.
Dès les premières minutes du spectacle, le public a été conquis. A partir du moment où un rabbin et un imam ont donné, ensemble, le coup d'envoi de cette fête enchanteresse, il a compris qu'il était face à un orchestre, pas comme les autres, et qu'il avait rendez-vous avec l'histoire. Par la suite, les chansons se sont suivies sans se ressembler. Ponctuées par les commentaires suaves d'Abdelmajid Meskoud, «ambianceur» aux talents d'animateur, elles ont fait revivre les différents genres qui ont connu leurs heures de gloire à Alger dans les années trente, quarante et cinquante. Après le fabuleux «El harraz», interprété dans sa version réarrangée, le public est entré en transe et s'est laissé transporter par ces papys habités par le diable de la musique. Une bonne entrée en matière pour mieux savourer ce qui a suivi: «Chhilet laayanie», chanson écrite par Garramou, «Win saadi» et «Subhan allah ya l'tif», toutes les deux du grand «El Anka», «Dzair ya assima», tube mythique d'Abdelmajid Meskoud, «Haramtou bik nouassi», «Bnat el youm» de Lili Labassie, «Wana sghayer» d'El Anka… Et enfin, «Ya rayah», l'incontournable tube de Dahman El Harrachi.
En parlant de ces enfants du ''chaâbi'', Safinez Bousbia, qui a eu l'ingénieuse idée de les réunir ensemble, réalisatrice algéro-irlandaise et aujourd'hui leur manager, souligne : «Chacun d'eux relate une histoire personnelle qui est en fin de compte une partie de l'histoire de la musique et du pays. Sur scène, ils réunissent ensemble, en harmonie, les différentes pièces d'un puzzle pour en faire une pièce unique. Leur point fort est donc ce rassemblement de diverses cultures, religions, personnalités, couches sociales, styles musicaux et de voix qui créent le son unique d'El Gusto». En réalité, un groupe d'une telle dimension humaine se voit, s'écoute... Il ne se raconte pas. Avoir la chance d'assister à un tel concert est un véritable événement. En fait, avant que l'orchestre n'interprète sa dernière chanson, il a été interrompu pour qu'un dernier hommage soit rendu à celui qui a sauvegardé et enrichi le patrimoine musical judéo-marocain, Samy El Maghribi. Celui-là même dont l'âme n'a pas cessé de planer sur le festival. Une médaille de mérite a été décernée, à titre posthume, au nom de Sa Majesté le Roi, par André Azoulay, président de la Fondation Essaouira-Mogador et par Abdesslam Bikrat, gouverneur de la ville, à sa femme en présence de sa fille et de son petit-fils.
Vivement la prochaine édition.
