LE MATIN : Pourquoi vous avez choisi d'exposer vos œuvres au Maroc ?
Ghass Rouzkhosh : Le Maroc est un pays qui a l'avantage d'être une terre d'alliance et de fusion, une pièce charnière entre l'Orient et l'Occident. Et pour tout artiste, il est amplement important de transmettre ses messages dans un tel cadre. Le public marocain est également exceptionnel. Il a l'aptitude de recevoir et d'accepter la dlfférence.
Comment les visiteurs ont-ils accueilli les tableaux ?
Lors de l'ouverture de l'exposition, jeudi soir, j'étais énormément heureux de voir tout ces gens qui sont venus apprécier les oeuvres d'art. Remarquablement attentives à toutes les productions artistiques, les personnes présentes me donnent l'espoir qu'il existera toujours des récepteurs attentifs à tout œuvre produite. Le détail qui m'a le plus touché, c'est la présence d'un nombre important de jeunes filles et garçons.
Puisque vous faite de la peinture abstraite, croyez-vous que les messages transmis soient aisément saisissables ?
Non, en tout cas, pas pour tout le monde. Or, il est à souligner que le plus important, a mon sens, ce n'est, certes, pas le discernement momentané du tableau, mais l'effet qu'à ce dernier sur celui qui le regarde. Mon premier objectif, c'est de dénoncer une réalité avec mes couleurs. Ces dernières ont l'effet ensorcelant sur l'être humain. Chargés de sentiments et d'opinions, les tableaux toucheront certainement le public. Celui-ci redonne vie à cette charge émotionnelle dès qu'il la reçoit et l'absorbe. L'opération s'effectue, dans la plupart du temps, inconsciemment, dans l'esprit de chacun mais elle arrive à changer les idées.
Étiez-vous marqué par un malheur ou une souffrance ?
J'avais dix-huit ans quant j'étais appelé à faire mon service militaire, alors que l'Iran était en conflit avec l'Irak. J'ai assisté à des scènes de souffrances que je ne vais jamais oublier. J'étais énormément imprégné par des images de sang et de violences. J'ai conclu de cette expérience comment le tempérament de certaines personnes peut être fatalement condamnable pour tout un peuple. Même après mon départ vers la France, je continuais à sentir que la souffrance des hommes, ses soldats, me collait à la peau. D'ores et déjà, je n'arrivais pas à me libérer de tout ce cumul. Chemin faisant, j'ai essayé, perpétuellement, d'agir par un coup de pinceau à toutes les hostilités qui se déclenchent de part le monde.
Pouvez-vous nous donner un exemple illustrateur ?
Le tableau «Vertige II» est la concrétisation et l'expression de ma désolation lors de l'invasion des forces américains de l'Irak en 2003. Loin d'en juger les faits, je voulais dénoncer cette guerre qui a fait plusieurs victimes du peuple irakien. C'est mon rôle et ma mission d'être le porte-parole de ceux qui n'ont pas le moyen pour s'exprimer et dévoiler leur rejet et leur révolte.
Etes-vous attiré par un courant politique ?
Non. Mon clan est la culpabilisation de l'inégalité sous toutes ses formes, à savoir que le délit n'a pas de nationalité.
Après toutes ces années de travail, vous avez pu trouver une réponse à la question qui vous motive: «Pourquoi des hommes font souffrir d'autres ?»
Ma réponse je l'obtiens fragmentée et relativement à partir de mes expériences. Ce sont des conclusions tirées de ma pratique artistique et de ma vie personnelle. Ainsi, j'ai pu déduire que chacun de nous a un côté diabolique qui surgit quand la personne tente d'imposer ses avis et ses décisions. Le diable n'est autre chose que l'égoïsme qui ‘'siège'' dans l'esprit humain, encouragé par une volonté malfaisante. Cette dernière peut nous faire éloigner des hommes comme du Dieu.
Existe-t-il une concordance entre les chiffres 1, 2 et 3 répétés dans des tableaux et les signes religieux (le croissant musulman, l'étoile de l'Etat occupant d'Israël et la croix chrétienne) présents également au centre de plusieurs toiles ?
Pas vraiment, les signes religieux représentent les trois religions monothéistes qui dominent le globe. Sous prétexte de la religion, des hommes se permettent de déclencher des conflits. Les chiffres, quant à eux, nous font rappeler toutes ces gravures éparpillées sur les murs, signes de la révolte sociale.
Que vous a offert la France ? Et souhaitez-vous retourner en Iran ?
La France m'a offert l'occasion de me libérer et de libérer mes chagrins et mes secrets les plus profonds.
La peinture est pour moi une thérapie. L'Iran ‘'m'habite'' encore et toujours.
D'ailleurs, cela fait vingt ans que je ne suis pas renter au bercail.
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En 1991, il suit des cours de dessein, d'après des modèles vivants, à l'Ecole nationnale des beaux arts de Paris et commence ses recherches sur le théme de l'Art imaginaire et de la dimension symbolique des formes. Sa peinture ne laisse pas indifférent. Malgré cette profusion de rouge, en ne ressent aucune agression. Son ambition est de provoquer l'espérance à travers cet électrochoc. Pour lui, le temps de la contemplation n'a de sens que s'il suscite l'effort et la prise de conscience.
Ghass Rouzkhosh : Le Maroc est un pays qui a l'avantage d'être une terre d'alliance et de fusion, une pièce charnière entre l'Orient et l'Occident. Et pour tout artiste, il est amplement important de transmettre ses messages dans un tel cadre. Le public marocain est également exceptionnel. Il a l'aptitude de recevoir et d'accepter la dlfférence.
Comment les visiteurs ont-ils accueilli les tableaux ?
Lors de l'ouverture de l'exposition, jeudi soir, j'étais énormément heureux de voir tout ces gens qui sont venus apprécier les oeuvres d'art. Remarquablement attentives à toutes les productions artistiques, les personnes présentes me donnent l'espoir qu'il existera toujours des récepteurs attentifs à tout œuvre produite. Le détail qui m'a le plus touché, c'est la présence d'un nombre important de jeunes filles et garçons.
Puisque vous faite de la peinture abstraite, croyez-vous que les messages transmis soient aisément saisissables ?
Non, en tout cas, pas pour tout le monde. Or, il est à souligner que le plus important, a mon sens, ce n'est, certes, pas le discernement momentané du tableau, mais l'effet qu'à ce dernier sur celui qui le regarde. Mon premier objectif, c'est de dénoncer une réalité avec mes couleurs. Ces dernières ont l'effet ensorcelant sur l'être humain. Chargés de sentiments et d'opinions, les tableaux toucheront certainement le public. Celui-ci redonne vie à cette charge émotionnelle dès qu'il la reçoit et l'absorbe. L'opération s'effectue, dans la plupart du temps, inconsciemment, dans l'esprit de chacun mais elle arrive à changer les idées.
Étiez-vous marqué par un malheur ou une souffrance ?
J'avais dix-huit ans quant j'étais appelé à faire mon service militaire, alors que l'Iran était en conflit avec l'Irak. J'ai assisté à des scènes de souffrances que je ne vais jamais oublier. J'étais énormément imprégné par des images de sang et de violences. J'ai conclu de cette expérience comment le tempérament de certaines personnes peut être fatalement condamnable pour tout un peuple. Même après mon départ vers la France, je continuais à sentir que la souffrance des hommes, ses soldats, me collait à la peau. D'ores et déjà, je n'arrivais pas à me libérer de tout ce cumul. Chemin faisant, j'ai essayé, perpétuellement, d'agir par un coup de pinceau à toutes les hostilités qui se déclenchent de part le monde.
Pouvez-vous nous donner un exemple illustrateur ?
Le tableau «Vertige II» est la concrétisation et l'expression de ma désolation lors de l'invasion des forces américains de l'Irak en 2003. Loin d'en juger les faits, je voulais dénoncer cette guerre qui a fait plusieurs victimes du peuple irakien. C'est mon rôle et ma mission d'être le porte-parole de ceux qui n'ont pas le moyen pour s'exprimer et dévoiler leur rejet et leur révolte.
Etes-vous attiré par un courant politique ?
Non. Mon clan est la culpabilisation de l'inégalité sous toutes ses formes, à savoir que le délit n'a pas de nationalité.
Après toutes ces années de travail, vous avez pu trouver une réponse à la question qui vous motive: «Pourquoi des hommes font souffrir d'autres ?»
Ma réponse je l'obtiens fragmentée et relativement à partir de mes expériences. Ce sont des conclusions tirées de ma pratique artistique et de ma vie personnelle. Ainsi, j'ai pu déduire que chacun de nous a un côté diabolique qui surgit quand la personne tente d'imposer ses avis et ses décisions. Le diable n'est autre chose que l'égoïsme qui ‘'siège'' dans l'esprit humain, encouragé par une volonté malfaisante. Cette dernière peut nous faire éloigner des hommes comme du Dieu.
Existe-t-il une concordance entre les chiffres 1, 2 et 3 répétés dans des tableaux et les signes religieux (le croissant musulman, l'étoile de l'Etat occupant d'Israël et la croix chrétienne) présents également au centre de plusieurs toiles ?
Pas vraiment, les signes religieux représentent les trois religions monothéistes qui dominent le globe. Sous prétexte de la religion, des hommes se permettent de déclencher des conflits. Les chiffres, quant à eux, nous font rappeler toutes ces gravures éparpillées sur les murs, signes de la révolte sociale.
Que vous a offert la France ? Et souhaitez-vous retourner en Iran ?
La France m'a offert l'occasion de me libérer et de libérer mes chagrins et mes secrets les plus profonds.
La peinture est pour moi une thérapie. L'Iran ‘'m'habite'' encore et toujours.
D'ailleurs, cela fait vingt ans que je ne suis pas renter au bercail.
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Ghass Rouzkhosh…
Né le 21 mars 1964 à Shiraz, en Iran, Ghass Rouzkhosh commence à peindre à l'âge de 8 ans. En 1979, alors qu'il avait 15 ans, survient la Révolution islamique, puis le conflit Iran-Irak. Après avoir vécu 8 ans de guerre, dont deux en tant que soldat sur le front, sa vision du monde change à jamais. En 1984, Ghass entre à l'Ecole des beaux arts de Shiraz, qu'il quitte en 1989 pour venir s'installer en France.En 1991, il suit des cours de dessein, d'après des modèles vivants, à l'Ecole nationnale des beaux arts de Paris et commence ses recherches sur le théme de l'Art imaginaire et de la dimension symbolique des formes. Sa peinture ne laisse pas indifférent. Malgré cette profusion de rouge, en ne ressent aucune agression. Son ambition est de provoquer l'espérance à travers cet électrochoc. Pour lui, le temps de la contemplation n'a de sens que s'il suscite l'effort et la prise de conscience.
