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«Notre vrai problème est l'encadrement»

L'ancien champion de boxe plaide pour une stratégie au sein de la Fédération

«Notre vrai problème est l'encadrement»
Le Matin : Quelle lecture donnez-vous à la participation des dix pugilistes marocains aux J.O de Pékin?

Khalid Rahilou :
Je pense que la qualification de dix boxeurs aux J.O. est déjà une performance. Si ces pugilistes n'étaient pas bons, ils ne seraient pas à Pékin. D'ailleurs, ils ont tous participé à des tournois nationaux et internationaux.
Mais, je pense que le fait de recruter un entraîneur trois mois avant les Jeux est une grosse erreur. Je ne suis pas en train de dénigrer le coach, parce qu'il n'y est pour rien. Le bilan a été négatif parce que l'encadrement n'était pas au point. Et puis, ce qui m'a choqué, c'est l'élimination de nos boxeurs dès le premier tour et devant des adversaires moyens, sauf peut-être un ou deux. C'était vraiment décevant !

Mais, il y a des boxeurs qui n'ont même pas pu gagner un seul point comme Amainissi.

Amainissi qui est né et vit en France est handicapé par rapport à sa taille. C'était son seul problème. Lors du combat où il a perdu par 15 à 0, Amainissi s'est protégé contre les uppercuts de son adversaire, qui était grand de taille. C'était la seule et unique solution. Toutefois, il a beaucoup de qualités qui n'étaient point mises en valeur. En un mot, il a été mal conseillé. Personnellement, je trouve que la préparation psychologique et morale a fait défaut. Je prends le cas de Temsamani ou Mesbahi qui ont de l'expérience et qui n'ont pas pu malheureusement s'imposer à Pékin, tout en sachant qu'ils ont réussi à se distinguer dans bon nombre de tournois. Cela montre qu'ils n'étaient pas prêts psychiquement. Franchement, nos boxeurs ont considéré les J.O. comme un simple tournoi international.

Concrètement, quel est le vrai problème de la boxe marocaine ?

C'est l'encadrement. Je pense qu'il est temps de réfléchir sérieusement à l'avenir de notre boxe. Il faut donc recruter des cadres compétents, capables de préparer une nouvelle génération de boxeurs. Je sais qu'il y avait des cadres compétents au sein de la Fédération, mais qui ont été écartés pour des rasions inconnues. Vous savez, j'ai une part de responsabilité là-dedans. En effet, je suis au courant de tout ce qui se passe au sein de la Fédération et pourtant je me suis retiré tranquillement sans créer le moindre problème. Malheureusement, les gens ici n'acceptent pas les critiques et ne veulent pas avancer les choses.
On a un potentiel humain intéressant, il faut juste lui donner les moyens financiers et techniques pour travailler. Bref, il faut donner plus de valeur aux boxeurs marocains, parce qu'ils le méritent.

Qu'en est-il de la relève ?

La relève est assurée, mais à condition que les moyens nécessaires pour travailler soient présents.
Le président de la Fédération royale de boxe a fait du bon travail depuis son avènement, mais il n'est pas le seul à opérer dans ce domaine. Il faut que les gens qui sont autour de la Fédération bougent. C'est un travail d'équipe, sinon on ne pourra jamais faire des jeunes de vrais champions.

Vous avez quitté le bureau fédéral il y a quelques années. A quand votre retour ?

Si la Fédération me le demande, je vais le faire sans hésitation aucune. Mais, je ne pourrai jamais aller me présenter et proposer de me charger de telle ou telle mission. C'est inconcevable. Comme vous l'avez dit, je faisais partie du bureau fédéral, mais j'ai préféré me retirer, parce qu'il y avait plusieurs points qui n'étaient pas clairs. Vous savez, j'ai évolué au sein de l'équipe de France pendant plusieurs années – je rappelle que sur sept pugilistes français, trois ont pu gagner des médailles à Pékin – et j'ai fait graver mon nom dans l'histoire de la boxe professionnelle, c'était donc hors de question de salir mon image à cause de certaines personnes qui, je le confirme, n'ont rien à voir avec la boxe. Il faut qu'on change les mentalités, je sais que c'est difficile, mais c'est indispensable, si on veut aller de l'avant.

Parlez-nous du groupement national de la boxe professionnelle que vous allez créer en 2009.

C'est un organisme qui va changer beaucoup de choses dans le domaine de la boxe au Maroc. Mon objectif est de donner un coup de main aux pugilistes qui veulent passer au stade professionnel.
C'est essayer en quelque sorte de monnayer leurs expériences. Il y aura également une commission mixte entre la Fédération et le groupement afin de choisir les boxeurs qui vont devenir professionnels. J'espère que ce groupement sera à la hauteur des aspirations des boxeurs marocains et qu'il contribuera au développement de ce sport au Maroc.
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A quand la délivrance ?

Ils étaient dix, mais aucun d'eux n'a pu atteindre des stades avancés aux Jeux Olympiques de Pékin. Les dix pugilistes marocains ont été éliminés tous, ou presque, dès le premier tour.
Said Rachidi (75 kg) Mahdi Ouatine (-57 kg), Mehdi Khalsi (-69 kg), Abdelillah Nhaila (54 kg), Hicham Mesbahi (-54 kg), Mohamed Amanissi (+91 kg), Redouane Bouchtouk (48 kg), Driss Moussaid (-64 kg) et Tahar Tamsamani (-60 kg) et Mohamed Arjaoui (91Kg) ont quitté la compétition sans gloire, montrant ainsi que la boxe nationale est dans une situation déplorable. Elle, qui s'enorgueillissait d'avoir des champions comme les frères Achik. A quand la délivrance ?
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