Tout n'a pas été rose mardi dernier à la réunion de l'instance politique de suivi de la réforme constitutionnelle. Pour cause, deux formations politiques, à savoir le Conseil national ittihadi (CNI) et le Parti de l'avant-garde (PADS) ainsi qu'un syndicat (la CDT) ont choisi de s'en retirer. Un communiqué commun a été rendu public hier mercredi où les arguments du boycott sont expliqués. Parmi donc plus d'une trentaine de partis politiques et de syndicats qui n'ont pas faussé compagnie au conseiller de S.M. le Roi, Mohamed Moâtassim, et Abdellatif Menouni, le trio mécontent a eu des réserves sur la méthodologie. A défaut d'avoir le draft en entier du projet du nouveau texte constitutionnel, les trois étaient prêts à se contenter d'un document qui en retrace les grandes lignes. Mais le tandem Moâtassim-Menouni n'avait d'autre offre qu'un exposé oral des éléments saillants de la Constitution auquel les partis et syndicats présents devaient apporter leurs remarques sur le champ. Il était prévu que la réunion dure le temps qu'il fallait pour que chacun puisse réagir. D'aucuns parlent de six heures non-stop, d'autres de dix heures, une rencontre marathonienne durant laquelle tout le monde devait intervenir. Mais pas de document écrit. Ce que l'on peut qualifier de précipitation s'expliquerait par le délai court durant lequel la nouvelle loi suprême doit être révisée. En effet, si l'agenda initial est maintenu, dans quelques jours, le texte final doit être soumis au Souverain avant le référendum dont la date annoncée est fixée pour la fin du mois de juin. Contacté, Abdeslam Laaziz, secrétaire général du CNI, estime que le travail de suivi et d'accompagnement qui incombe, normalement, à l'instance dirigée par Moâtassim n'a pas été fait. «Il nous a été tout bonnement impossible de débattre en quelques heures d'un projet constitutionnel censé incarner une rupture avec le passé et consacrer la démocratisation du pays», tonne Laaziz.
Ceci étant, la démarche des trois contestataires n'est nullement nourrie par un quelconque à-priori lié au texte constitutionnel en soi. Fallait-il encore qu'ils aient pu avoir une idée sur son contenu puisqu'ils ont claqué la porte avant le début de l'exposé de Menouni. Pour Abderrahmane Ben Amrou, SG-adjoint du PADS, «il aurait été plus opportun de nous donner des copies des grandes lignes de la nouvelle constitution pour qu'on puisse en discuter avec nos instances avant de livrer nos remarques». Un parti comme l'USFP voulait que le texte soit discuté au sein du conseil national. Une démarche que l'on veut démocratique et qui n'exclut pas la voix des masses, qu'elles soient politiques ou autres. Toutefois, comme tient à l'expliquer Ben Amrou, «nous n'étions pas tenus régulièrement informés du travail de la commission consultative comme elle est censée agir en harmonie avec l'instance de suivi».
-------------------------------------------
Réactions: Mohamed Abied•
Secrétaire général de l'Union constitutionnelle
«Les compétences du Parlement élargies»
La réunion s'est déroulée selon une méthodologie sur laquelle nous nous sommes mis d'accord dès le départ. Cette réunion est une étape qui marque la fin des travaux de la commission chargée de la révision de la Constitution. Le président de cette commission nous a donc exposé à cette occasion les grandes lignes de la nouvelle constitution. Le travail de la commission s'est basé bien évidemment sur le discours royal du 9 mars, mais également sur des principes comme la séparation des pouvoirs, le maintien des équilibres ainsi que l'indépendance des institutions. La présentation a été suivie par un débat et la demande d'éclaircissement et de détails. Globalement, les nouveaux textes renforcent les compétences et prérogatives des différentes institutions comme le gouvernement où il ne sera plus question d'un Premier ministre mais plutôt d'un chef de gouvernement. Les compétences du Parlement ont été élargies et l'indépendance de la justice consacrée. Celle-ci devient un pouvoir à part entière. Je pense que l'architecture de la nouvelle Constitution répond aux visions des différentes composantes politiques.
Abdalilah Benkirane•
Secrétaire général du Parti de la Justice et du Développement
«Les grandes lignes présentées ont été bien reçues»
La réunion du mécanisme politique de suivi de la réforme constitutionnelle a été consacrée à un exposé oral sur une partie de la nouvelle Constitution. Elle concerne principalement les prérogatives dans les nouveaux textes de Sa Majesté, du gouvernement et du Parlement. D'une manière générale, les grandes lignes présentées ont été bien reçues. Concernant la méthodologie, certains responsables politiques ont demandé de recevoir des copies. Mais cette demande n'a pas été satisfaite parce que les responsables ont affirmé qu'il n'y avait pas encore de draft prêt. Nous n'avons pas eu tous les détails sur la nouvelle Constitution. Je ne peux pas donc affirmer si les nouveaux textes cadrent avec le mémorandum présenté par le PJD même si les points exposés lors de la réunion ont été bien accueillis. Le mécanisme politique de suivi de la réforme constitutionnelle se réunira de nouveau probablement pour recevoir la copie de la nouvelle Constitution.
Nabil Benabdellah•
Secrétaire général du PPS
«Nous nous orientons vers une étape démocratique»
Nos réactions sont positives par rapport à la réunion du mécanisme politique de suivi de la réforme constitutionnelle. La concertation suit son cours. Nous pensons que les grandes lignes présentées lors de la réunion sont largement au-devant des mémorandums présentés par les partis politiques, sous réserve bien évidemment de consulter le texte final de la nouvelle constitution. Nous espérons qu'elle contribuera à installer le Maroc dans une perspective moderne qui consacre la séparation des pouvoirs et l'indépendance des institutions. Nous pensons que nous nous orientons vers une étape démocratique qui répond aux revendications des forces politiques du pays.
Mohamed Yatim•
Secrétaire général de l'Union nationale du Travail au Maroc
«Les textes versent dans le sens de la démocratisation»
Notre réaction ne peut être que positive vis-à-vis de ce qui nous a été présenté lors de la réunion de mardi. L'exposé, qui nous a été fourni, nous a donné une idée sur les orientations générales de la future Constitution. Nous pensons que les nouveaux textes versent dans le sens de la démocratisation du pays. L'exposé nous a permis d'avoir une idée sur la séparation des pouvoirs, l'élargissement des compétences du Parlement qui pourra exercer plus de contrôle ainsi que les prérogatives du gouvernement. Il s'agit là de nos premières impressions et non pas d'une position officielle du syndicat. Nous attendons de recevoir la copie finale avant de prendre une position claire.
Ceci étant, la démarche des trois contestataires n'est nullement nourrie par un quelconque à-priori lié au texte constitutionnel en soi. Fallait-il encore qu'ils aient pu avoir une idée sur son contenu puisqu'ils ont claqué la porte avant le début de l'exposé de Menouni. Pour Abderrahmane Ben Amrou, SG-adjoint du PADS, «il aurait été plus opportun de nous donner des copies des grandes lignes de la nouvelle constitution pour qu'on puisse en discuter avec nos instances avant de livrer nos remarques». Un parti comme l'USFP voulait que le texte soit discuté au sein du conseil national. Une démarche que l'on veut démocratique et qui n'exclut pas la voix des masses, qu'elles soient politiques ou autres. Toutefois, comme tient à l'expliquer Ben Amrou, «nous n'étions pas tenus régulièrement informés du travail de la commission consultative comme elle est censée agir en harmonie avec l'instance de suivi».
-------------------------------------------
Réactions: Mohamed Abied•
Secrétaire général de l'Union constitutionnelle
«Les compétences du Parlement élargies»
La réunion s'est déroulée selon une méthodologie sur laquelle nous nous sommes mis d'accord dès le départ. Cette réunion est une étape qui marque la fin des travaux de la commission chargée de la révision de la Constitution. Le président de cette commission nous a donc exposé à cette occasion les grandes lignes de la nouvelle constitution. Le travail de la commission s'est basé bien évidemment sur le discours royal du 9 mars, mais également sur des principes comme la séparation des pouvoirs, le maintien des équilibres ainsi que l'indépendance des institutions. La présentation a été suivie par un débat et la demande d'éclaircissement et de détails. Globalement, les nouveaux textes renforcent les compétences et prérogatives des différentes institutions comme le gouvernement où il ne sera plus question d'un Premier ministre mais plutôt d'un chef de gouvernement. Les compétences du Parlement ont été élargies et l'indépendance de la justice consacrée. Celle-ci devient un pouvoir à part entière. Je pense que l'architecture de la nouvelle Constitution répond aux visions des différentes composantes politiques.
Abdalilah Benkirane•
Secrétaire général du Parti de la Justice et du Développement
«Les grandes lignes présentées ont été bien reçues»
La réunion du mécanisme politique de suivi de la réforme constitutionnelle a été consacrée à un exposé oral sur une partie de la nouvelle Constitution. Elle concerne principalement les prérogatives dans les nouveaux textes de Sa Majesté, du gouvernement et du Parlement. D'une manière générale, les grandes lignes présentées ont été bien reçues. Concernant la méthodologie, certains responsables politiques ont demandé de recevoir des copies. Mais cette demande n'a pas été satisfaite parce que les responsables ont affirmé qu'il n'y avait pas encore de draft prêt. Nous n'avons pas eu tous les détails sur la nouvelle Constitution. Je ne peux pas donc affirmer si les nouveaux textes cadrent avec le mémorandum présenté par le PJD même si les points exposés lors de la réunion ont été bien accueillis. Le mécanisme politique de suivi de la réforme constitutionnelle se réunira de nouveau probablement pour recevoir la copie de la nouvelle Constitution.
Nabil Benabdellah•
Secrétaire général du PPS
«Nous nous orientons vers une étape démocratique»
Nos réactions sont positives par rapport à la réunion du mécanisme politique de suivi de la réforme constitutionnelle. La concertation suit son cours. Nous pensons que les grandes lignes présentées lors de la réunion sont largement au-devant des mémorandums présentés par les partis politiques, sous réserve bien évidemment de consulter le texte final de la nouvelle constitution. Nous espérons qu'elle contribuera à installer le Maroc dans une perspective moderne qui consacre la séparation des pouvoirs et l'indépendance des institutions. Nous pensons que nous nous orientons vers une étape démocratique qui répond aux revendications des forces politiques du pays.
Mohamed Yatim•
Secrétaire général de l'Union nationale du Travail au Maroc
«Les textes versent dans le sens de la démocratisation»
Notre réaction ne peut être que positive vis-à-vis de ce qui nous a été présenté lors de la réunion de mardi. L'exposé, qui nous a été fourni, nous a donné une idée sur les orientations générales de la future Constitution. Nous pensons que les nouveaux textes versent dans le sens de la démocratisation du pays. L'exposé nous a permis d'avoir une idée sur la séparation des pouvoirs, l'élargissement des compétences du Parlement qui pourra exercer plus de contrôle ainsi que les prérogatives du gouvernement. Il s'agit là de nos premières impressions et non pas d'une position officielle du syndicat. Nous attendons de recevoir la copie finale avant de prendre une position claire.
