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Al Maoulid au Maroc : une fête religieuse multidimensionnelle

author 0 LE MATIN

À l’instar de plusieurs pays musulmans, le Maroc commémore ce mardi 14 janvier, la fête du Maoulid qui marque la naissance du Prophète. Lectures du Saint Coran, conférences religieuses, visites familiales, plats spéciaux… Autant de pratiques pour magnifier la grandeur de l’événement. À la découverte de l’univers du Maoulid.

Al Maoulid. Un nom riche en symboles, un mot plein de sens. Une fête pour célébrer la naissance du prophète qui est venu au monde la nuit du 11 au 12e jour du mois Rabiî I, le troisième mois du calendrier de l'hégire. C’est aussi une occasion pour revisiter ses enseignements, une bougie qui éclaire le chemin de chaque génération. Cet événement ne date pas d’aujourd’hui. Il aurait déjà vu le jour au 7e siècle. À en croire des savants de cette époque, la Mecque changeait de visage. «Les pieux pèlerins et les voyageurs témoignent qu'au jour du Mawlid à la Mecque, aucune activité n'est entreprise : il n'y a ni achat, ni vente. Seulement les fidèles qui s'affairent et s'empressent de visiter le noble lieu de naissance du Prophète. Ce jour-là, la Kaâba est ouverte et visitée», indique-t-on.

Un événement qui a traversé les générations

Autre époque, autre pratique. D’après le savant Ibn Battouta, la célébration du Maoulid était déjà perceptible à la Mecque au 8e siècle. Dans son ouvrage «Rihlat», il indique qu'«après la prière, chaque vendredi, de même que le jour de la naissance du Prophète, la porte de la Kaâba est ouverte par le chef des Banou Chayba, les gardiens de la Kaâba, et que le jour du Mawlid, le qadi ou juge suprême Chafii de la Mecque, Najmouddin Mouammad Ibn al-Imam Mouhyiddin at-Tabari, distribue de la nourriture aux chourafa' (descendants du Prophète) ainsi qu'à tous les gens de la Mecque.»
Toutefois, de nombreux historiens accordent la paternité de l’événement à la dynastie des Fatimides, ceux qui se revendiquent descendants de Fatima, la fille du prophète. Elle aurait institué le Maoulid à l’an 362 de l'hégire, lors de leur présence en Afrique du Nord, de 909 à 972. Les Fatimides allaient être imités sept siècles plus tard en Irak (1207), par le soufi kurde Omar Ibn Mohammed. Le grand savant musulman Ibn Kathir révèle que ce dernier organisait une grande cérémonie durant le mois Rabiî I au cours de laquelle il étalait sur une nappe 5 000 moutons rôtis, 10 000 poulets, 100 000 coupes à crème et 30 plats de gâteaux.
Cette grande fête a été officiellement introduite au Maroc en 1292, par l’entremise du sultan mérinide Abu Yaqubn An-Nasr. Dans le Royaume, la célébration du Maoulid revêt un cachet multidimensionnel. Elle est surtout marquée par l’organisation de manifestations religieuses telles que la lecture du Saint Coran dans les mosquées, la récitation des chapitres de la «Bourda» un poème panégyrique de Mohammed ibn Saïd al-Bousiri sur le prophète, et les séances de prières dans les zaouïas comme celles de Fès, Meknès et Oujda. Le ministère des Habous et des affaires islamiques profite également de l’occasion pour organiser des conférences et rencontres religieuses à Rabat, pour mettre sous la loupe les nobles enseignements du messager de Dieu. D'autres pays africains à l'image de la Tunisie, de l'Algérie, du Sénégal et du Mali commémorent aussi la fête à leur manière.

À chaque ville, son repas 

Le Maoulid, une opportunité pour «alimenter son âme», une occasion également pour goûter aux saveurs culinaires. Au Maroc, la fête rime avec la cuisson de mets bien particuliers. À chaque ville, son repas. À Tanger par exemple, c’est la «calienté» qui signifie «chaud» en espagnol qui est à l’honneur au petit déjeuner. C’est un plat préparé à base de farine, de pois chiches, d’huile, d’eau et de sel. Au déjeuner, on retrouve notamment le poulet au citron. D’autres odeurs se dégagent dans les chaumières de Fès. Dans la ville spirituelle, c’est la célèbre «Laâssida» qui orne la table du petit déjeuner. C’est une soupe à base de semoule mélangée avec du miel. Au déjeuner, c’est le poulet garni de citrouille caramélisée qui est au menu. À Casablanca et Rabat, l’art culinaire épouse d’autres facettes. Au f’tour, on retrouve du «msemeun» des crêpes à la marocaine, du «baghrir», et le «krachel», un pain spécial Maoulid. Les plats de couscous et de Tajine de viande aux prunes et amandes composent le repas du déjeuner. À Salé, le cachet populaire transparait à travers le «moussem des cierges». Cette manifestation organisée depuis le 16e siècle est notamment marquée par le défilé de Slaouis (habitants de Salé) qui transportent des cierges fabriqués chaque année par une seule et même famille. Des Marocains d’autres villes et des touristes étrangers effectuent le déplacement pour observer cette ambiance.

La fraternité au rendez-vous

Manger des plats succulents c’est bien, raffermir les liens familiaux et du voisinage, c'est encore mieux. D’où l’importance des visites familiales observées durant le Maoulid. «Je fête le Maoulid avec ma famille qui habite à Fès. Je sacrifie à cette tradition depuis mon plus jeune âge. C’est l’occasion pour se retrouver en famille avec mes tantes, cousins, cousines, etc. autour d’une table pour déguster “Lassida au miel”. Des visites familiales sont également organisées dans la ville. La célébration du Maoulid me permet de raffermir davantage ma foi en tant que musulmane. C’est aussi une belle occasion pour revisiter les enseignements du prophète», nous confie Manal, originaire de Fès et étudiante en Master de communication à Tanger.
Selma une rédactrice web partage avec nous ses souvenirs. «Dans ma famille, on célébrait le Mouloud dans le passé, mais plus maintenant, malheureusement. Je me rappelle, quand j'étais petite, on se réunissait tous chez ma grand-mère.
Chacun de nous portait ses nouveaux habits traditionnels, les hommes partaient à la mosquée, tandis que les femmes préparaient les repas les plus festifs». Mais selon elle, les habitudes sont de plus en plus rangées aux oubliettes par la nouvelle génération.
Les temps ont changé, les pratiques aussi. «Le Mouloud nous le passons seuls chez nous, sans aucun aspect particulier. C'est vrai qu'on mange encore la “Aassida” et on entend toujours, pour une petite heure de la matinée, du Tarab Andaloussi, mais tout cela se passe dans une ambiance morose, qui n'a rien de festif. Même les vœux on les échange par téléphone, ou encore via internet ou applications téléphoniques entre nous les jeunes. Ce qui fait que même les rassemblements familiaux sur lesquels le prophète a insisté ont dépéri et se sont dégradés», remarque-t-elle. 


Questions à Dr Ahmed Senouni 

Professeur d'enseignement supérieur à l'Institut Dar Elhadithe Elhassania- Rabat, et secrétaire général adjoint de la Rabita Mohammedia des Oulémas.

«Se concentrer sur l’essence du message prophétique»

Le Maoulid commémorant la naissance du Prophète (psl) est célébré ce mardi 14 janvier au Maroc et dans beaucoup de pays musulmans. Pouvez-vous nous rappeler brièvement les origines et les objectifs de cet événement religieux ?
L’objectif de cet événement célébré dans la majorité des pays et communautés musulmans c’est de manifester notre grand amour et notre gratitude au Prophète. Cet amour est non seulement un critère de la sincérité de la foi dans notre religion, mais aussi un sentiment qui nous envahit à chaque fois qu’on se rappelle tous les bienfaits que tout musulman lui doit. En tant que sceau des prophètes, il est une miséricorde pour l’univers (Sourate Alanbiaa verset 106). Certes le prophète (psl) vit constamment dans la conscience du musulman et notre amour pour lui ne doit en aucun cas se réduire à cet aspect événementiel. Mais dans toutes les sociétés, les événements restent des moments forts pour représenter et perpétuer symboliquement les valeurs fondamentales.

Quelle est votre appréciation sur la manière dont cette fête est célébrée au Maroc, notamment les visites en famille, la lecture du Saint Coran, la cuisson, etc. ?
Les Marocains, comme témoignent ceux qui connaissent leur histoire, entretiennent une relation particulière avec la personnalité du prophète (psl). Il suffit par exemple pour prouver cette particularité de rappeler que les Marocains ont adopté le dogme Malékite essentiellement parce que c’est un dogme basé sur la jurisprudence des grands savants de «Médine», la ville du prophète. Il en est de même pour la lecture du Coran puisqu’ils ont choisi parmi les sept «lectures» celle de Nafi’ Ibn Abi Noua’im Al Madani (169 h), imam de Médine. Les savants du Maroc se sont aussi distingués par leurs œuvres sur la vie et la Sunna du prophète (tradition prophétique) comme en témoigne par exemple «Ash-shifa bi Ta'rif Huquq al-Mustafa» de Iyad Sebti (Alquadi Yaad) (544 h).Au niveau de la société, les traditions des Marocains pour célébrer la fête du Maoulid varient selon les régions, mais elles reflètent toutes ce grand amour qu’ils éprouvent pour notre prophète (psl). Cet événement représente aussi pour les familles, les voisins, les artisans… une précieuse occasion pour consolider les relations et se focaliser sur les aspects et les dimensions spirituelles de la religion.

Selon vous, la célébration du Maoulid pourrait-elle raffermir davantage la foi des musulmans, surtout la jeune génération, envers l’Islam et les inciter à mettre en pratique les enseignements du prophète (psl) ?
Sans aucun doute. La dimension symbolique est d’une importance capitale dans le domaine de l’éducation et de la préservation de l’identité culturelle. Nous, les musulmans, à cause de plusieurs facteurs et notamment du malaise permanent de nos systèmes d’éducations, nous peinons à relever le défi de rester nous-mêmes tout en participant au progrès de la civilisation humaine… En célébrant cet événement comme il se doit, nous permettons à toute la société et surtout aux jeunes de redécouvrir ce qu’a représenté la mission de notre prophète (psl) pour toute l’humanité. Les jeunes aujourd’hui ont plus que jamais besoin d’un modèle à suivre, mais la société a la responsabilité de leur présenter ce modèle en évitant d’amplifier les aspects de l’apparence extérieure et en se concentrant sur les valeurs comme étant – après la foi- l’essence du message prophétique : «j’ai été envoyé pour parfaire les nobles caractères et parachever les actes excellents».

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