Sports

Lutte contre la violence dans les stades

Une gangrène à éradiquer à tout prix

LE MATIN

Des hordes de supporters du WAC ont agressés les services de l'ordre.

Des hordes de supporters du WAC ont agressés les services de l'ordre.

À Casablanca, Agadir, Rabat… la liste des incidents dans les stades du Championnat Pro Élite 1 s’allonge. Pour la SDL Casa Events Animation, c'est l'occasion de rappeler l’urgence de lutter contre ce fléau qui gangrène le football en lançant vendredi, à la veille du derby WAC-Raja, sa campagne contre la violence dans les stades sous le thème «Tous unis contre la violence dans les stades». Les différents acteurs qui luttent contre ce problème étaient unanimes à dire qu’il faut agir pour stopper ce problème. Force est de constater en effet que toutes les mesures adoptées jusqu’à présent ne sont pas parvenues à endiguer ce fléau. La preuve est venue dimanche de Casablanca à l’issue de 119e derby entre le WAC et le Raja où plusieurs actes de vandalisme ont été enregistrés, ainsi que plusieurs agressions à l’encontre des forces de l’ordre.

«Nous ne pouvons plus attendre, il faut faire agir vite en collaboration avec l’ensemble des acteurs, y compris les associations des supporters, pour sensibiliser tout le monde à la nécessité d’avoir un comportement exemplaire sur et en dehors des terrains», nous a indiqué Mohamed Jouahri, directeur de Casa Events Animation, société organisatrice du colloque. Pour Jouahri, «ce colloque est une première animation d’une longue série d’actions de sensibilisation sur et en dehors du terrain. Un vrai supporter d’une équipe ne peut pas être un fauteur de trouble». Après avoir fait le constat de l’augmentation des actes de violence et de l’utilisation des fumigènes, Mohamed Bouzfour, président de la division sportive à la DGSN, a appelé à l’imposition de la numérotation des places et la mise en place d’une billetterie sur la déclinaison de la carte nationale par le supporter, à l’instar des règlements établis dans les stades européens, ainsi que l’installation des tourniquets. Il a, en outre, pointé du doigt le problème de l’application de la loi 09-09 et appelé à trouver une solution à ce problème. La solution proposée par Bouzfour est de prendre exemple sur les Pays-Bas qui punissent le père à la place de son fils mineur. «Il faut penser globalement et agir localement», a-t-il souligné. Il a, aussi, rappelé que depuis l’apparition du mouvement des «Ultras», la Sûreté nationale a créé une direction dédiée à la lutte contre la violence dans les stades. Une direction composée d'hommes mordus de football et qui connaissent parfaitement le langage des «Ultras» de façon à s’adapter à leur philosophie. Cette connaissance du milieu a permis le plus souvent de parvenir à des conciliations entre ce nouveau public et les services de sécurité.

Ouvrir un dialogue national sur ce fléau

Hassan Marzak, membre de l’Association «Fadaa Al Mouloudia», a, quant à lui, souligné que le comportement irresponsable de certains dirigeants, entraîneurs, joueurs, arbitres, membres des forces de l’ordre et journalistes attise la violence.» Comment voulez-vous que les supporters soient exemplaires, sur et en dehors des terrains, alors que certains dirigeants attisent la haine par leurs déclarations provocatrices ? Le comportement des entraîneurs critiquant le plus souvent les décisions arbitrales crée le sentiment d’injustice chez les supporters qui recourent à la violence pour exprimer leur ras-le-bol. Les joueurs qui adressent des bras d’honneur aux supporters incitent à la violence. Les manchettes sensationnelles des journaux ont aussi une part de responsabilité. Idem pour les arbitres, qui multiplient les erreurs, ou les forces de l’ordre qui n'utilisent que la répression», a-t-il indiqué. Et de poursuivre : «comment peut-on demander aux supporters d’être exemplaires si les responsables du football ne le sont pas ?» Marzak a appelé à l’ouverture d’un dialogue national sur ce problème qui est devenu une affaire de sécurité publique, parce qu’il menace la sécurité des citoyens et des biens publics et privés. De son côté, le représentant de la Fédération royale marocaine de football, Anas Bouanani, a mis l’accent sur la sensibilisation des supporters. «Il vaut mieux prévenir que sanctionner. Généralement, quand on sanctionne, c’est le club qui en pâtit le plus», a-t-il indiqué. Et d’ajouter que les clubs, qui connaissent mieux que quiconque leurs supporters, doivent participer activement au règlement de ces problèmes. «J’ai été président de club. Je savais qui étaient les fauteurs de trouble parmi les supporters», a-t-il précisé.

Adopter une approche participative

À qui incombe la tâche d’éradiquer la violence dans les stades ? À tous les acteurs, répond Abderrahim Gharib, professeur à l’École nationale de commerce et de gestion de Casablanca et spécialiste de la gouvernance sportive et auteur d’une étude sur le profil des fauteurs de trouble dans les stades. «La bonne gouvernance suppose que tous les acteurs travaillent les uns avec les autres et non pas les uns à côté des autres. Tout le monde fait des efforts, mais tous travaillent de manière cloisonnée. Les différents acteurs qui combattent ce fléau n’ont pas réussi à développer des synergies. À un moment ou un autre au Maroc, il faudra apprendre à travailler ensemble. Là, je fais allusion aux autorités locales, aux élus, à la sûreté nationale, aux représentants des clubs et aux représentants des fédérations. Il faut surtout impliquer dans cette approche globale les représentants des supporters, parce qu’ils ont une grande expérience dans la gestion des conflits. Il faut profiter de leur savoir-faire pour atténuer ces problèmes qui gangrènent nos stades», nous a-t-il indiqué. Au rythme que prennent les incidents signalés chaque week-end, c’est tout le football national qui est menacé.

La méthode d’éradication a échoué

Les arrestations et les mises en examen sont quasi systématiques tous les week-ends lors des matchs de football. Plusieurs fauteurs de trouble ont croupi ou croupissent encore en prison. Malgré cette politique d’éradication, la violence dans les stades ne cesse d’augmenter. Rien que lors de la saison 2014, les services de la sûreté nationale ont enregistré 2.389 dépassements, dont 1.863 cas d'accès non autorisé aux aires de jeu, 127 cas de destruction de biens publics ou privés, 67 cas de violences physiques, 26 cas de vols et 2.141 personnes arrêtées, dont 1.863 mineurs. Des chiffres rendus publics en avril dernier par la Direction générale de la sécurité nationale (DGSN) lors du deuxième colloque sur la lutte contre la violence dans les stades, organisé par l’Institut royal de police de Kénitra. Le Maroc a même renforcé son arsenal juridique en adoptant la loi 09-09 complétant le Code pénal, promulguée par le dahir N°1-11-38 du 29 joumada II 1432 (2 juin 2011) et parue Bulletin officiel N° 5956 bis du 27 rejeb 1432, 30 juin 2011 (voir encadré). Malgré tout cela et malgré quelques campagnes timides de sensibilisation, le phénomène prend de l’ampleur d’année en année.


Questions à Abderrahim Gharib, professeur à l’ENCG de Casablanca et spécialiste de la gouvernance sportive

«Un fauteur de trouble est en principe un jeune âgé de 20 ans qui a échoué dans sa scolarité»

Quel est le profil d’un fauteur de trouble dans les stades ?
D’après les résultats de notre étude menée sur un échantillon de 1.703 supporters parmi ceux qui fréquentent le plus souvent les stades, un fauteur de trouble est un jeune âgé en moyenne de 20 ans et qui a échoué dans sa scolarité ou un collégien ou lycéen violent. Il peut aussi être un chômeur. Il pourrait faire partie des groupes des Ultras. C’est quelqu’un qui va au stade non pas pour consommer le spectacle, mais pour contribuer à la production du spectacle. C’est un jeune qui voyage le plus souvent avec son équipe et qui n’hésite pas à voler les accessoires des supporters des équipes adverses. C’est quelqu’un qui a déjà fait entrer au stade des fumigènes et des armes blanches. L’étude a également montré que c’est un jeune qui a déjà accédé au stade sans acheter son ticket, en escaladant le mur ou en soudoyant le service de sécurité. C’est un jeune généralement marginalisé dont les moyens financiers sont inférieurs au niveau moyen. C’est quelqu’un qui va au stade généralement pour chercher une vengeance parce qu’il a été victime d’agressions.

Est-ce qu’il existe une corrélation entre la pauvreté et le risque de devenir un fauteur de trouble ?
Plus les moyens financiers font défaut, plus la probabilité de devenir fauteur de trouble est élevée.

Les fauteurs de trouble ont-ils des codes, comme c’était le cas chez des hooligans à la fin des années 80 et dans les années 90 ?
Les échanges entre les différents Ultras via Internet prouvent que ces gens vont aux stades pour semer la zizanie. Le message initial est : on va d’abord au stade sans être coupables et une fois sur place on se laisse emporter par le mouvement de foule. On n’est pas loin du langage des hooligans. 

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