Éco-Conseil : Quel est l’impact des thérapies brèves sur le bien-être au travail ?
Farah Lahlou : La thérapie brève (TB) est une forme de thérapie qui ne dure pas longtemps, au maximum 10 à 12 séances, étalées sur une durée d’un an maximum. Les séances sont espacées de 1 à 3 semaines. Le but étant de bénéficier de l'accompagnement pour trouver des solutions en répondant à la question : «Comment se sortir de cette situation ?» Cette approche est différente de la psychanalyse où c’est le «pourquoi de la situation» qui est recherché. Parmi les caractéristiques d’une TB, c’est qu’elle est axée sur le présent et le futur et qu’elle cherche les moyens immédiats pour sortir de la problématique en fixant éventuellement des objectifs précis. Les TB les plus courantes sont : le coaching, la programmation neurolinguistique (PNL), les thérapies comportementales et cognitives, l’hypnose ericksonienne, ainsi que certaines thérapies corporelles, notamment la relaxation, la sophrologie et le yoga. En entreprise, il arrive un moment où le manager réalise qu’il a besoin d’aide extérieure et qu’il doit faire appel à un spécialiste. Cela est valable lorsque les flux d’énergie deviennent trop complexes et que les enjeux sont trop importants. L’accompagnement peut se faire soit à titre individuel, en se centrant sur le développement de l’identité professionnelle de l’individu ou en groupe en focalisant son aide sur les interactions entre les collaborateurs.

Y a-t-il d’autres bénéfices à tirer de la mise en place d’une thérapie brève en entreprise ?
Pour le manager, cela l’aidera, entre autres, à fixer des objectifs concrets, à clarifier une situation vis-à-vis des collaborateurs, à mieux gérer les conflits en interne et à améliorer ainsi la communication, l’estime et l’affirmation de soi. D’autres axes peuvent être améliorés par le manager : la gestion de son stress et de son anxiété en se débarrassant d’un comportement, d’une habitude ou d’une croyance jugée limitante. Cela permettra aussi d’instaurer un équilibre entre ses ambitions professionnelles et sa vie privée pour une meilleure performance. Côté entreprise, l’utilisation d’une TB permettra d’accompagner l’émergence d’une intelligence collective, de régler les problèmes d’agressivité dans tous les sens, que ce soit vis-à-vis de la hiérarchie, des collègues ou des collaborateurs. Cela permettra donc de favoriser le travail en équipe pour l’atteinte d’un objectif, de renforcer la culture et les valeurs de l’entreprise. Il est donc clair qu’il est désormais nécessaire de penser aux TB. Néanmoins, il faut d’abord s’assurer du profil et de l’expertise de l’accompagnateur professionnel.

Justement, quels sont les critères à retenir pour le choix de l’accompagnateur professionnel ?
L’accompagnateur, notamment le consultant, le coach ou l’hypnothérapeute, apportera un regard externe, avec un recul émotionnel. Néanmoins, il doit être certifié par un organisme reconnu et doit suivre régulièrement des supervisions et des réunions de groupe de pairs. Outre ces axes liés à la formation de l’intervenant, celui-ci doit également avoir certains caractères vérifiables. Il s’agit de l’écoute active, la disponibilité, la congruence, l’authenticité, l’empathie, la confidentialité et l’humilité. Il doit surtout avoir les postures fondamentales pour réussir dans sa mission, notamment la puissance, la protection, le plaisir et la permission. Notons que l’accompagnateur doit s’interdire d’exercer tout abus d’influence et de pouvoir, il doit rester vigilant entre les postures de conseil, de thérapeute et de cordialité.