La région de Marrakech-Safi retrousse ses manches pour s'offrir un programme de développement pour la période 2017-2021. Le Conseil de la région sélectionnera le 26 mai prochain un consultant afin de lui confier le marché de réalisation de ce projet de stratégie de développement. La région a programmé un investissement de 12 millions de dirhams pour l’élaboration de l’étude devant servir de base à ce plan de développement. Selon le Conseil, l’étude en projet permettra à la région de disposer d’informations «complètes» et «actualisées» sur les différentes composantes territoriales de la région et d’un état des lieux des secteurs majeurs.

Elle examinera et analysera les retombées des programmes de développent en cours et proposera éventuellement des actions complémentaires. Le tout devra aboutir à la définition d’une vision «réaliste» avec des axes de développement prioritaires de la région ainsi que leurs implications stratégiques. Cette vision sera déclinée en une stratégie intégrée par territoire (secteur et domaines d’actions pour les prochaines années) à travers l’élaboration d’un calendrier détaillé à mettre en œuvre et le budget à allouer aux projets. «Il s’agit aussi d’identifier les chantiers économiques prioritaires et définir les sous-stratégies de mise en valeur du potentiel régional et mettre en cohérence les différentes stratégies et politiques publiques, en assurant une bonne articulation territoriale et une appropriation du plan stratégique par les acteurs régionaux et locaux», explique la Région dans le cahier des prescriptions spéciales (CPS) accompagnant l’appel d’offres.

La région vaut son pesant d’or dans l’échiquier économique national. Elle recèle un potentiel de développement socio-économique indéniable : 10% du PIB national. Marrakech-Safi compte également parmi les régions les plus dynamiques du pays, avec un taux de chômage (7,2%) en dessous de la moyenne nationale. Toutefois, nuance le Conseil régional, la région continue d’enregistrer du retard sur certains indicateurs socio-économiques et de développement humain. Concrètement, le PIB par habitant est très inférieur à la moyenne (20.000 dirhams contre 27.030 dirhams au niveau national) et le niveau de pauvreté est structurellement élevé : 11,9% contre 9% au niveau national. «Aussi, les enjeux socio-économiques son très différenciés selon les zones géographiques. En effet, Marrakech-Safi est marquée par de très fortes inégalités territoriales avec la présence aux côtés de grandes surfaces de terres arables, d’un important hub minier et d’une ouverture sur l’Atlantique (nouveau périmètre incluant Safi et Youssoufia), des zones arides et montagneuses», relève le Conseil régional.

La région se caractérise également par une grande diversité de secteurs productifs (tourisme, agriculture et artisanat) et de fortes disparités sociales (Marrakech contre les autres provinces). «De tels contrastes devront être pris en compte pour l’élaboration du programme de développement de la région», souligne le Conseil. La région dispose de plusieurs atouts économiques avec de multiples contraintes. L’agriculture, par exemple, a eu historiquement un poids économique significatif et se caractérise par une dimension sociale critique (100.000 à 150.000 ménages subsistant par l’agriculture). Le secteur, fragile, est toujours fortement dépendant des conditions climatiques. «Le développement de l’agriculture commerciale productiviste est entravé par la forte contrainte hydrique sur le territoire. La nécessaire intégration et maitrise d’une telle contrainte permettra l’attraction de nouveaux acteurs sur les filières clés qui pourraient porter le développement de la région», explique le Conseil régional. Côté tourisme et artisanat, Marrakech est un haut lieu touristique avec plus de deux millions de touristes chaque année et un positionnement croissant sur le tourisme de luxe. «L’économie de la région repose fortement sur le tourisme, le commerce et l’artisanat. L’infrastructure hôtelière a connu ces dernières années une croissance rapide. Il y a lieu de consolider ce positionnement, le diversifier sur l’ensemble des composantes de la région et l’élargir dans une perspective ambitieuse et durable incluant l’ensemble des composantes nécessaires (ressources humaines, animation, transports, etc.)», recommande le Conseil.